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Territoires

« Les élus locaux refusent que les politiques nationaux se mêlent des territoires »

Publié le 23/05/2017 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

ANTOINE DREYFUS-JEAN MARIE GODARD
PHILIPPE MATSAS/FLAMMARION
Auteurs de La France qui gronde, les journalistes Antoine Dreyfus et Jean-Marie Godard ont fait un tour de l’Hexagone pendant plus de six mois pour brosser le portrait du pays. Zones urbaines, villes, villages, ils sont partis à la recherche de cette France qu’on entend peu, souvent en souffrance. Mais également de ces territoires portés par une multitude d’initiatives régulièrement initiées par des élus locaux.

Envoyé à tous les grands candidats à l’élection présidentielle, La France qui gronde se veut un plaidoyer pour que ce pays en colère, avec ses difficultés mais aussi ses myriades de solidarités locales, soit entendue pendant le quinquennat qui s’ouvre.

Comment analysez-vous la colère d’une partie des Français qui ont plébiscité des candidats à l’élection présidentielle qui appelaient tous à fracturer les deux grands partis de la vie politique française depuis les années 1960 ?

Jean-Marie Godard : Dans les territoires très impactés par la désindustrialisation, sur la diagonale qui va du Havre jusqu’à Perpignan, les citoyens comme les élus locaux ont le sentiment que la politique nationale les a délibérément abandonné. L’Etat a souvent laissé entendre qu’ils appartenaient à la France d’avant, qui ne trouverait jamais sa place dans un monde qui va de plus en plus vite.

Antoine Dreyfus : Nous avons visité des territoires dans lesquels 80 actifs sur 100 sont au chômage. Dans certaines communes du Grand Est et des Hauts-de-France, les personnes qui travaillent sont devenues de véritables exceptions. Cette dégradation des conditions de vie a été longue, douce, insidieuse. C’est ce sentiment d’abandon qui débouche sur le storytelling très simple du Front national et qui parle d’une France mythifiée qui n’a pourtant jamais existé.

 Vous décrivez également d’autres territoires, comme la façade atlantique, où la paupérisation des habitants n’empêche pourtant pas de vraies dynamiques locales…

AD : Dans le Grand Ouest, nous avons rencontré des habitants très impliqués dans des associations, souvent avides de dialogue avec les élus locaux. Ce sont des microsociétés qui se créent et qui montrent une forte méfiance du pouvoir central et plus largement de la vie à Paris.

JMG : Dans ces territoires qui fonctionnement relativement bien, les habitants et les élus locaux refusent catégoriquement que les politiques nationaux se mêlent de leur vie quotidienne. Ils estiment justement que c’est parce que leurs initiatives sont au plus près des territoires qu’elles fonctionnent.  Beaucoup d’habitants nous disent : « laissez-nous faire, nous voulons bien contribuer à la solidarité nationale mais cessez de nous embêter avec des normes qui viennent d’en haut. »

Des microsociétés  se créent dans les territoires et montrent une forte méfiance du pouvoir central et plus largement de la vie à Paris. Antoine Dreyfus

Que ressentent les élus locaux dans une France de plus en plus en souffrance, qui peine à trouver sa place dans la mondialisation ?

JMG : Les élus locaux, tout particulièrement les maires se voient comme le dernier rempart dans cette France des territoires qui ne supportent plus les hommes et les femmes politiques nationaux. Leur sentiment est qu’on leur impose de grandes intercommunalités, d’immenses régions dont ils peinent, tout comme les citoyens, à voir la pertinence et les finalités. Plus largement, il y a ce sentiment profondément enraciné d’un éloignement de la démocratie locale avec la création des métropoles. La vraie proximité avec les citoyens et les lieux de décision faisait qu’un maire pouvait s’occuper directement de l’urbanisme et de la voirie. Les élus locaux se sentent désormais impuissants à résoudre les problématiques quotidiennes de leurs citoyens qui minent pourtant leurs conditions d’existence.

Il y a ce sentiment profondément enraciné d’un éloignement de la démocratie locale avec la création des métropoles. Jean-Marie Godard

AG : Il y a une profonde frustration de la part des élus locaux qui cumulent des responsabilités très importantes, avec des attentes fortes de leurs administrés tout en recevant de faibles indemnités. Face à cette situation, ils peinent à comprendre le quotidien des élus nationaux qui leur semblent déconnectés de la vie quotidienne. Les métropoles ont renforcé cette distance entre grosses agglomérations dont les dirigeants ont souvent des destins nationaux et le reste des communes qui peinent à conserver de vrais pouvoirs.

En quoi ce sentiment de perte de pouvoir des élus locaux est si dangereux ?

JMG : De nombreux élus regrettent que les chambres régionales des comptes jugent les communes comme des entreprises. A Saint-Etienne-du-Rouvray, le maire a besoin de ses 700 agents communaux. Si on supprime une grande partie des fonctionnaires de mairie qui sont présents au quotidien sur le terrain, on perd le seul lien social de quartiers entiers qui se sentent déjà profondément délaissés. Il faut laisser faire les élus locaux qui connaissent bien les problématiques de terrain. Si Emmanuel Macron défend vraiment les dynamiques locales, il le fera sûrement à la manière d’un chef d’entreprise alors qu’il faut mettre de l’humain dans les approches territoriales et redonner de vrais pouvoirs aux hommes et aux femmes de proximité. Sinon, le pays risque des explosions de colère locales et catégorielles à la façon du mouvement des Bonnets rouges en Bretagne.

Le pays risque des explosions de colère locales et catégorielles à la façon du mouvement des Bonnets rouges en Bretagne. Jean-Marie Godard

AD : Cette perte d’influence est inquiétante et s’inscrit dans la logique de l’élection d’Emmanuel Macron qui juge que la France serait une sorte de start-up. C’est pourtant un vieux pays, un peu conservateur dans lequel les équilibres et les situations locales doivent être respectés. Les chiffres affichés par les grands organismes d’études internationaux qui estiment que la France est la sixième puissance mondiale ne reflète pas cette peur du déclassement. L’une des pistes de réflexion serait de reconnaître qu’il existe des talents partout et donner à chaque territoire les moyens d’exister. Il n’est pas possible que seule l’Ile-de-France draine l’immense majorité des richesses nationales.

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