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Education

Rythmes scolaires : entre remise en cause et stabilité

Publié le 24/05/2017 • Par Michèle Foin • dans : A la une, France

Cours de sport à l'école
Fotolia
A en croire les opposants à la réforme des rythmes scolaires, les maires trépigneraient d’impatience à l’idée de revenir à la semaine de quatre jours d’école. C’est pourtant plutôt le souhait d’évaluer correctement la réforme que les partisans font entendre. Les maires jouent-ils la prudence en attendant les décrets ? La réponse dans l’été.

C’est l’une des promesses phares d’Emmanuel Macron en matière d’éducation : laisser aux collectivités territoriales le choix d’appliquer ou non la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée prochaine, une fois les décrets publiés.

Interrogé sur France Inter le 19 mai 2017, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, a précisé qu’il ne s’agissait pas de donner « carte blanche aux maires », mais d’en faire un « sujet d’équipe ». Selon lui, la réforme des rythmes « ne se décrète pas rue de Grenelle », mais doit faire l’objet de « discussions locales » avec les maires pour décider de « ce qu’il y a de mieux pour les enfants ».

Il n’y aura donc pas de grande concertation nationale, mais des concertations tripartite au niveau local entre les communes, les enseignants et les rectorats. In fine, ce sera l’inspecteur d’académie qui tranchera.

En attendant des précisions ministérielles – seules quelques communes pourraient expérimenter un changement de rythme à la rentrée 2017 selon les dernières informations – les partisans de la réforme des rythmes s’inquiètent et demandent le temps de l’évaluation.

Les effets négatifs de la semaine de 4 jours

François Testu, président de l’Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes (Ortej), créé en 2014 pour aider les communes dans la mise en place de la réforme des rythmes scolaires et évaluer l’impact des aménagements du temps scolaires, fait part de son mécontentement à Emmanuel Macron.

Dans une lettre ouverte envoyée à tous les candidats en avril, il s’offusque de la précipitation dans laquelle on viendrait effacer « 40 ans de concertations et un siècle de recherches chronobiologiques et chronopsychologiques ». « Je suis inquiet de voir que l’on reviendrait vers la semaine de quatre jours, solution qui n’a pas fait ses preuves. C’est en effet ce que l’on peut faire de pire en matière d’aménagement du temps pour les enfants. Tous les travaux que je mène depuis de longues années montrent que cette organisation a des effets négatifs sur les rythmes et les comportements de l’enfant, surtout s’il se trouve en difficultés scolaires ou sociales », a confié le chercheur à la Gazette.

Paris ne veut rien changer, Marseille et Lyon attendent

Rozenn Merien, présidente de l’Association nationale des directeurs d’éducation des villes (Andev) veut, elle aussi,  prendre le temps de la réflexion et de l’évaluation. « Il nous semble prématuré de remettre en cause cette réforme mise en place il y a seulement 4 ans, alors que les politiques éducatives nécessitent un temps long. En Finlande, les évaluations des réformes éducatives portaient sur 10 ans ! Pourquoi infléchir déjà une politique qu’on n’a pas pris le temps d’évaluer du point de vue de l’intérêt et de la réussite des enfants les plus en fragilité ? » interroge-t-elle.

A l’heure actuelle, peu de villes ont déjà fait connaître une position tranchée en faveur d’un retour à la semaine de quatre jours. Paris a confirmé ne rien vouloir remettre en cause. Marseille attend la publication des textes pour se prononcer, de même que la ville de Lyon.

« Près de mille maires » décidés à revenir à la semaine de 4 jours

Mais quelques farouches opposants de la première heure ont pris leurs dispositions et fait savoir qu’ils n’attendaient que le décret promis pour revenir à la semaine de quatre jours dès la rentrée 2017. Jean-Michel Fourgous (LR) fait partie de ceux-là. Le maire d’Elancourt (Yvelines 25 958 hab.) avait d’ailleurs pris la tête d’un collectif contre la réforme des rythmes scolaires en 2013.

« Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, j’ai fait sauté mon standard ! Les maires m’appellent pour savoir comment sortir le plus vite possible de cette réforme ! » raconte l’édile. Le collectif rassemblerait « près de mille maires » même s’il n’est pas encore tout à fait réactivé. Au chapitre des villes les plus importantes, Jean-Michel Fourgous ne peut citer que Nice, la seule ville ayant officiellement tout organisé pour revenir dès que possible à la semaine de quatre jours.

Un collectif encourage les parents à faire pression sur leurs maires pour faire marcher arrière

Des maires ont déjà tranché. A Ermont (28 925 hab), dans le Val d’Oise, les administrés ont reçu le 15 mai un courrier de Hugues Portelli, maire (LR) annonçant sa décision de revenir à quatre jours d’école dès les textes parus. Aux Pennes-Mirabeau (20 492 hab.), Michel Amiel (La Force du 13) a quant à lui préféré lancer un sondage auprès de ses administrés pour agir vite une fois le décret publié. A Janvry (637 hab.), dans l’Essonne, le conseil municipal a pris une délibération le 15 mai 2017 pour un retour à la semaine de quatre jours pour les 64 élèves de son école, dès la publication des décrets.

« Bien évidemment cela passera aussi par le conseil d’école et un dialogue avec les enseignants », affirme le maire Christian Schoettl, sur son blog. Le collectif des gilets jaunes, qui rassemble un peu plus de 61 000 parents, enseignants et élus hostiles à la réforme encourage les parents à faire pression sur leurs élus pour qu’ils se positionnent.

Pour les maires,pas question de faire des économies

A Elancourt, Jean-Michel Fourgous est déjà sûr de son fait. Une réunion est prévue le 20 juin avec la communauté éducative, pour entériner sa décision. Les conseils d’école n’auront pas à se prononcer. « Je connais déjà le ton de la réunion, affirme-t-il. Le côté consultatif, nous l’avons en permanence, avec douze comités de suivi des rythmes scolaires sur la ville, qui sont unanimes : il s’agit d’une réforme de la garderie, pas des rythmes. C’est totalement inefficace », tranche-t-il.

La ville ne garderait que les animateurs à mi-temps et compte redéployer les budgets dégagés pour renforcer son projet éducatif, déjà exemplaire en matière de numérique éducatif. « Nous ne ferons pas d’économies », affirme le maire.

La nécessité de la stabilité

Damien Berthilier, adjoint au maire de Villeurbanne (Rhône – 148 543 hab.) en charge de l’éducation et de l’université et président du Réseau français des villes éducatrices (RFVE) redoute l’ouverture d’un faux débat sur la réforme des rythmes.

« Dans le réseau [NDLR : de 128 villes], aucun acteur ne souhaite revenir à quatre jours d’école. Ils veulent au contraire de la stabilité. A Villeurbanne, nous avons déjà réaménagé les temps scolaires en 2015. Nous n’allons pas remettre cela en cause tous les trois ans ! », s’insurge-t-il, même s’il admet que des aménagements sont souhaitables pour la maternelle et pour les 12-18 ans.

La crainte d’abîmer les concertations existantes

D’un point de vue pratique, il semble en tout cas bien compliqué de revenir sur les temps scolaire dès la rentrée 2017. « La plupart des villes ont su dans une certaine précipitation mettre en œuvre des dynamiques de concertation qui ont d’ailleurs porté leurs fruits sur les territoires. Cela voudrait dire qu’il faudrait repartir sur la même précipitation pour déconstruire quelque chose qu’on a établi il y a moins de 3 ans » juge Rozenne Merien.

Et de rappeler qu’il sera «difficile de revenir sur la réforme en dehors de tout cadre de concertation, car la plupart des villes ont quand même créé des structures adhoc pour travailler sur cette question » analyse Rozenne Merien.

Vers une remise en cause des projets éducatifs de territoire ?

Cette adaptation « à la carte », comme le propose le président Macron ne sera pas non plus sans conséquence sur les équilibres locaux. La majorité des acteurs soulignent les effets bénéfiques de la réforme sur les dynamiques territoriales, grâce à la mise en place des projets éducatifs de territoire (PEDT).

« Le périscolaire : c’est la première pierre du PEDT. Si on enlève cette pierre, on va faire tomber tout le reste. Tout le monde trouve que le PEDT est un bon outil de pilotage territorial, aux cotés de l’Education nationale et apporte un vrai progrès ! », insiste Damien Berthilier, qui redoute une concurrence entre villes. « Les enseignants auront le choix, ajoute Rozenn Merien, ce qui peut conduire à une surenchère des nominations d’enseignants favorables  à telle ou telle organisation de la semaine ».

Pour l’Andev, « la réforme a revalorisé les activités périscolaires, avec une évolution des métiers d’animation. On a vu des fonctions d’encadrement se créer, ainsi que d’importants recrutements d’animateurs. Le métier d’Atsem est lui aussi en évolution. Sur les territoires, nous sentons les résultats positifs en termes d’évolution des pratiques professionnelles, de coopération et de reconnaissance de complémentarité du rôle de chacun, avec par exemple des formations partagées, avec les acteurs locaux de l’Education nationale », continue-t-elle.

Les syndicats appellent d’ailleurs à un maintien de la réforme, que ce soit l’UNSA Education, ou le SGEN CFDT.

La très délicate question du financement

Reste la question du financement. Jean-Michel Blanquer se veut rassurant quand il annonce son intention de soutenir les collectivités. Pour Jean-Michel Fourgous, l’équation est claire : « si le président propose une réforme à la carte, c’est que l’Etat n’a plus les moyens de payer ! » Le président Macron n’a-t-il d’ailleurs pas dit que le soutien financier serait réservé aux communes les plus pauvres ?

Le risque est donc grand de laisser à terme les communes plus aisées financer seules la réforme des rythmes si elles souhaitent la poursuivre. Quant aux financements de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), son budget est défini jusqu’au 1er janvier 2018, et il n’y a pour l’instant aucune ligne budgétaire prévue en 2018 pour la réforme des rythmes scolaires.

Mais selon Jean-Louis Deroussen, président du CA de la Cnaf, il est peu probable que le gouvernement mette les collectivités dans de telles difficultés. Il table sur des précisions ministérielles cet été qui permettent aux collectivités de finir sereinement l’année scolaire 2017/2018.

Si pour l’heure rien ne laisse préjuger d’un retour en masse à la semaine de quatre jours une fois les décrets publiés, tout dépendra du maintien ou non du fonds de soutien et du montant des aides de la Cnaf pour la prochaine convention d’objectif et de gestion. Le verdict cet été…

Un consensus sur la nocivité de la semaine de 4 jours de classe

« Vous n’avez pas une étude qui rapporte que la semaine de 4,5 jours, c’est forcément mieux que la semaine de 4 jours ou l’inverse. Rien n’est prouvé », a affirmé Jean-Michel Blanquer le 22 mai sur RMC-BFM TV.

Si, en effet le ministère n’a pas (encore ?) prouvé le bien-fondé de la réforme des rythmes, la communauté scientifique semble au contraire unanime pour dénoncer les effets délétères de la semaine de quatre jours.

En 2001, un rapport de l’INSERM, « Rythmes de l’enfant » préconisait « d’éviter la semaine de 4 jours, en particulier dans les zones sensibles ». En 2010, le Rapport sur l’Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant, de l’académie de Médecine insistait sur « le rôle néfaste […] de la semaine dite de quatre jours sur la vigilance et les performances des enfants ».

En janvier 2011, le rapport de synthèse de la conférence nationale sur les rythmes scolaires, lancée par Luc Chatel, alors ministre de l’éducation, apportait les mêmes conclusions : « la semaine de quatre jours à l’école primaire est inadaptée et fait l’unanimité dans la description de ses inconvénients : fatigue des élèves et resserrement des enseignements. »

Le constat du ministre est donc pour le moins dommage alors même qu’il se dit friand des évaluations scientifiques…

Cet article fait partie du Dossier

Rythmes scolaires : comment mettre en place la réforme, à quels coûts ?

Sommaire du dossier

  1. Rythmes scolaires : les dessous d’une négociation tendue
  2. Rythmes scolaires : entre remise en cause et stabilité
  3. Assouplie, la réforme des rythmes scolaires reste obligatoire
  4. Rythmes scolaires : une réforme génératrice d’inégalités ?
  5. Rythmes scolaires : clichés et contre-vérités passés au crible
  6. Les animateurs, grands oubliés de la réforme des rythmes scolaires ?
  7. Financement des rythmes scolaires : les mauvaises manières du gouvernement
  8. Rythmes scolaires : élus et techniciens mécontents de voir le fonds de soutien lié au PEDT
  9. Rythmes scolaires : le virage à 180 degrés du ministère de l’Education nationale
  10. Rythmes scolaires : sur le terrain, ce que vivent les équipes municipales, à quelques jours des vacances
  11. Bal tragique des rythmes scolaires : un enterrement
  12. Réforme des rythmes scolaires : un maire peut-il refuser de l’appliquer ?
  13. [Exclusif] Rythmes scolaires : « Je mesure la difficulté de la mise en œuvre de cette réforme pour de nombreux élus » – Vincent Peillon, ministre de l’Education
  14. Un assouplissement de la réforme des rythmes scolaires : oui, mais lequel ?
  15. Rythmes scolaires : selon leur taille, les collectivités n’ont pas les mêmes urgences
  16. Réforme des rythmes scolaires : le CNFPT enrichit son offre de formation
  17. Réforme des rythmes : les enseignements du colloque de la Gazette du 14 novembre
  18. Rythmes scolaires : combien va coûter la réforme aux collectivités locales?
  19. Réforme des rythmes : les ressources documentaires du colloque de la Gazette du 14 novembre
  20. Surcoût de 10 à 30% pour les communes qui ont appliqué la réforme des rythmes scolaires
  21. Transports scolaires, « le maillon oublié » de la réforme des rythmes scolaires
  22. Rythmes scolaires : les désillusions des animateurs périscolaires
  23. Réforme des rythmes : entre enseignants et animateurs, le fossé se creuse – interview croisée
  24. [Exclusif] Rythmes scolaires : le projet de décret détaille les critères d’attribution du fonds d’amorçage
  25. Projet de loi sur la refondation de l’école : l’Andev sur la réserve, le RFVE moins
  26. Rythmes scolaires : les premières annonces appellent des précisions sur les moyens
  27. Ressources documentaires
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Commentaires

Rythmes scolaires : entre remise en cause et stabilité

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Rocknbike

25/05/2017 12h39

2 syndicats sont pour, tous les autres sont contre ! Dans ma circonscription, rurale, tous les enseignants et la majorité des parents d’élèves sont aussi pour le retour aux 4 jours…

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