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Jeunesse

« La jeunesse a besoin d’une réelle politique transversale et universelle »

Publié le 22/05/2017 • Par Michèle Foin • dans : France

Antoine Dulin
Antoine Dulin Capture d'écran France 2
Antoine Dulin, vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), est co-auteur d’un récent rapport qui préconise « un choc de simplification en faveur de la jeunesse ». Il s’interroge sur l’absence d’un ministère dédié à la jeunesse, et veut y voir l’espoir qu’enfin les politiques jeunesse soient abordées de manière transversale pour une meilleure efficacité.
Dans nos colonnes, Antoine Dulin, co-auteur d’un rapport remarqué sur l’insertion sociale et professionnelle des jeunes dresse les grands travaux auxquels doit s’atteler la présidence Macron et revient sur le bilan contrasté de François Hollande.

Il n’y a pas de ministère dédié à la jeunesse dans le gouvernement d’Edouard Philippe. Est-ce que cela vous inquiète ?

Edouard Philippe, dans sa ville du Havre, a misé sur la politique jeunesse. Il est conscient de son importance. Je ne suis donc pas particulièrement inquiet. Je m’interroge en revanche sur la façon dont sera envisagée la politique jeunesse de ce quinquennat. Est-ce un oubli ? Attend-on le résultat des élections législatives pour structurer une politique jeunesse transversale et universelle ?

Je veux voir dans le fait que la jeunesse ne soit pas rattachée aux sports et à la vie associative, le signe d’une volonté de la considérer de manière transversale et interministérielle, et non plus seulement à travers le prisme du temps libre et de l’accès aux loisirs. L’enseignement, la formation, l’emploi, les affaires sociales, le logement… tout cela concerne aussi les jeunes ! N’oublions pas qu’un jeune sur cinq est en situation de précarité.

Je veux voir dans le fait que la jeunesse ne soit pas rattachée aux sports et à la vie associative, le signe d’une volonté de la considérer de manière transversale et interministérielle.

La jeunesse vit-elle mieux après le quinquennat de François Hollande ?

François Hollande a certes placé dès le départ une priorité sur la jeunesse. La vraie question est de savoir comment il est passé du discours aux actes. Des choses ont évoluée depuis cinq ans. Il y a eu plusieurs comités interministériels à la jeunesse, un délégué interministériel à la jeunesse a été nommé, et on a vu émerger un très bon dispositif : la garantie jeunes expérimentée pendant 3 ans à partir de 2013 et qui est devenu un droit généralisé à l’ensemble des jeunes ni en emploi ni en formation. Il y a aussi eu une revalorisation des bourses…

Mais il a manqué un véritable récit, une stratégie, un cap sur la jeunesse. Il a fallu cinq ans pour que naisse le Conseil d’orientation des politiques jeunesse. François Hollande avait dit : « les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 », mais cela ne fait pas pour moi une politique. Ce que l’on peut attendre du nouveau quinquennat, c’est une vraie politique qui prenne en compte la jeunesse comme un nouvel âge de la vie, que nous soyons capable de revoir notre modèle de protection sociale, notre système de solidarité intergénérationnelle et notre façon d’appréhender la jeunesse dans les politiques publiques.

François Hollande avait dit : « les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 », mais cela ne fait pas pour moi une politique.

Le premier ministre Manuel Valls vous a confié en mai 2016 une mission sur les simplifications des politiques de jeunesse. Quelles préconisations faites-vous dans votre rapport publié en mars 2017 ?

Nous avons dénombré 438 critères d’âge entre 16 et 30 ans dans la réglementation nationale avec des choses totalement farfelues ! Il faut ainsi avoir 23 ans pour être candidat au diplôme professionnel de « meilleur ouvrier de France », 24 ans pour devenir sénateur ! La majorité civile est à 18 ans. Le contrat jeune majeur cesse à 21 ans pour les jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance . Ils n’accèdent à leur premier emploi stable qu’à 27 ans. La jeunesse, c’est un parcours d’acquisition progressif vers l’autonomie et l’insertion sociale et professionnelle. Les politiques publiques n’y sont pas adaptées. Il faut parvenir à moduler cet accompagnement en fonction des besoins des jeunes — affectif, social, éducatif…— et non selon des critères d’âge et de statuts.

Que proposez-vous concrètement dans votre rapport ?

Ce que nous proposons dans notre rapport est de garantir aux jeunes un revenu minimum à partir de leur majorité,  ouvert sous conditions de ressources. La garantie jeune pourrait constituer le socle de ce revenu garanti, équivalent au montant du revenu de solidarité active (RSA), avec à la clé un suivi intensif et collectif et un contrat qui engage le jeune et ceux qui le suivent. Cette allocation n’est pas de l’argent de poche, mais permet au jeune d’être indépendant, dans une logique d’accompagnement global, à la fois social et professionnel.

Dans l’état de nos finances publiques, en a-t-on les moyens ?

Pour les jeunes ni en emploi ni en formation, il s’agit d’un investissement de la collectivité publique. Plus un jeune est accompagné tôt, plus vite il regagne son estime de soi, nécessaire pour trouver un emploi. Une étude menée dans l’ancienne région Rhône-Alpes a montré qu’il fallait près de 28 mois à un jeune sorti du système scolaire pour parvenir jusqu’à une mission locale ! Entre-temps, il est laissé sans réponse.

C’est aussi une question de survie pour notre solidarité intergénérationnelle. Pourquoi les jeunes payeraient-ils volontiers des impôts et cotiseraient-ils pour les retraités s’ils n’ont pas été soutenus au moment charnière de leur parcours vers l’indépendance ? Investir dans la jeunesse, c’est une façon de dire aux jeunes les moins qualifiés et qui se sentent exclus : « nous avons confiance en vous et nous misons sur vous pour l’avenir de notre pays » !

Pourquoi les jeunes payeraient-ils volontiers des impôts et cotiseraient-ils pour les retraités s’ils n’ont pas été soutenus au moment charnière de leur parcours vers l’indépendance ?

Pourquoi les jeunes payeraient-ils volontiers des impôts et cotiseraient-ils pour les retraités s’ils n’ont pas été soutenus au moment charnière de leur parcours vers l’indépendance ?

En cinq ans, on ne peut pas dire que le mille-feuille des politiques jeunesse se soit beaucoup réduit. Que proposez-vous en matière de gouvernance ?

Effectivement, la garantie jeune rajoute un droit et un dispositif mais n’a pas permis de mieux coordonner les multiples acteurs. Tout d’abord, il faut un changement culturel sur l’animation interministérielle. Nous plaidons pour un secrétaire d’Etat placé auprès du premier ministre ou pour un haut commissaire. Au niveau des territoires, si l’occasion n’a pas été saisie au moment de la loi Notre de confier à la région la coordination des politiques jeunesse, c’est maintenant chose faite avec la loi Egalité et citoyenneté du 27 janvier 2017 qui pose la région comme chef de file de l’animation des collectivités territoriales en matière de jeunesse.

Elles sont déjà en charge du développement économique, de l’orientation, de la formation professionnelle, de l’apprentissage, du bâti des lycées. Structurellement, ce sont bien elles qui peuvent imaginer un schéma stratégique concerté en matière de jeunesse. C’est à elle de donner une ambition régionale pour les jeunes.

Ne pensez-vous pas qu’un échelon plus proche des jeunes pourrait mieux parvenir à impulser ces logiques ?

Il faudrait ensuite en effet une troisième couche, au plus près des territoires : un bassin de vie, un bassin d’emploi, voire un département, pour coordonner cette politique jeunesse. Les missions locales pourraient se charger de la coordination des acteurs. A l’image des « carrefour jeunesse emploi » du Québec, nous pourrions expérimenter des pôles jeunesse qui rassemblent les réseaux info jeunesse, les missions locales, les Centre d’information et d’orientation (CIO), et tous les autres réseaux à destination de la jeunesse… tout en gardant un objectif d’insertion sociale et professionnelle pour les plus éloignés de l’emploi.Et pour faciliter l’accès aux droits, nous proposons de mettre en place un « rendez-vous des droits », sur le modèle de celui qui est proposé aux allocataires du RSA, qui permettra à tout jeune de faire le point sur ses droits sociaux (aides au logement, allocations familiales, aides attribuées par les collectivités territoriales…) au moment de sa majorité.

Les caisses d’allocations familiales et la mutualité sociale agricole pourraient ainsi jouer un rôle déterminant dans le repérage des jeunes les plus fragiles, notamment ceux qui décrochent scolairement et les sortants de l’Aide sociale à l’enfance.

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Commentaires

« La jeunesse a besoin d’une réelle politique transversale et universelle »

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Manouk35

23/05/2017 10h10

Trois remarques :
-ne pas citer volontairement l’Information Jeunesse montre le manque de hauteur et un certain sectarisme. L’UNML a bien fait le job !!!
-demander aux missions locales de coordonner localement les politiques de jeunesse c’est désavouer les mouvements de jeunesse, dont certaines fédé ne demanderaient que ça !! Pas très malin !
-vouloir des lieux transversaux abordant tous les sujets qui intéressent les jeunes ça existe déjà, ça s’appelle l’Information Jeunesse depuis 1969 ! Alors réinventer l’eau chaude c’est bien, améliorer l’existant avec le réseau IJ ce serait mieux et moins coûteux !!

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