Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Présidentielle

Les régions de droite, un laboratoire pour François Fillon ?

Publié le 10/04/2017 • Par Nicolas Barriquand • dans : A la une, France

FRANCOIS FILLON
CEDRIC LECOCQ/LA GAZETTE DES COMMUNES
Les présidents des conseils régionaux de droite appliquent-ils en avant-première le programme de leur candidat à la présidentielle ? Au-delà de décisions emblématiques et médiatiques, le parallèle a ses limites.

Le 31 janvier dernier, l’Atelier, centre de ressources de l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France fermait ses portes. Ainsi en a décidé Valérie Pécresse. La présidente de région s’est désengagée du financement de cette structure qui a compté jusqu’à 14 salariés, quand son homologue de Provence-Alpes-Côte-d’azur (Paca), Christian Estrosi, rabote lui d’un quart les crédits consacrés à l’économie sociale et solidaire (ESS).

Des signaux lancés à l’électorat de droite

« Droite dure » pour les uns, «droite qui s’assume » pour les autres : depuis leur élection en 2015, les patrons des sept régions gouvernées par la droite multiplient les mesures politiques… comme un écho à la campagne présidentielle de François Fillon. Ces collectivités annoncent-elles pour autant la politique promise par le candidat LR ? Ce n’est pas si simple…

Les « marqueurs », certes, ne manquent pas. Comme François Fillon, Xavier Bertrand, à la tête des Hauts-de-France, mise sur une relance du nucléaire. Il candidate à l’accueil d’un EPR tout en refusant de soutenir tout nouveau projet d’éoliennes. Son collègue Laurent Wauquiez a, lui aussi, braqué les défenseurs de l’écologie. Après avoir enterré deux projets de parcs naturels régionaux, le président d’Auvergne-Rhône-Alpes équipe en canons à neige les stations de ski de sa région ou bien apporte son soutien (140 millions d’euros) à la contestée A45, future autoroute entre Saint-Etienne et Lyon. Priorité aussi à la voiture dans les Pays-de-la-Loire de Bruno Retailleau avec un plan routier de 115,5 millions d’euros ou encore en Paca, où Christian Estrosi a obtenu le retour de la Formule 1.

La sélection idéologique des subventions

Les orientations des nouveaux exécutifs se traduisent dans la distribution des subventions. Quand les fédérations de chasse sont choyées (3 millions d’euros en Auvergne-Rhône-Alpes, 2,5 millions d’euros en Paca), les associations environnementales (réseau des Amap, de France Nature Environnement, Terre de Liens, etc.) ont vu leurs aides régionales fondre comme neige, sans canon, au soleil. Les Pays-de-la-Loire ont diminué de 60% la subvention accordée à la Confédération paysanne.

« Nous adaptons notre soutien au poids de ce syndicat. C’est l’élection, celle de la chambre d’agriculture, qui fait la subvention », assume François Pinte, premier vice-président LR de la région. « La défense de l’environnement ou l’ESS ne sont ni droite ni de gauche. On pensait avoir dépassé ce stade-là ! », déplore Florian Martinez, porte-parole d’ASSO-Solidaires qui estime en centaines le nombre d’emplois détruits dans le secteur associatif francilien par les coupes régionales. Entre 500 et 1 000 calculent, en Auvergne-Rhône-Alpes, les opposants de Laurent Wauquiez. Pour l’heure, aucun décompte précis n’existe ni au niveau régional ni nationalement.

Le poids de Sens commun dans les exécutifs régionaux

Faut-il établir un parallèle avec les positions de François Fillon, qui déclarait en juin 2016 que « philosophiquement et compte tenu de [s]a foi personnelle, [il ne pouvait] pas approuver l’avortement » ? Valérie Pécresse a supprimé dans les lycées « le Pass’ Contraception ». Laurent Wauquiez a, lui, diminué de 30% la subvention allouée au Planning familial qui gère ce même dispositif.

Normandie, Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes… : plusieurs présidents comptent dans leur majorité au moins un représentant de Sens commun, mouvement conservateur engagé derrière… François Fillon. C’est singulièrement le cas dans les équipes de Valérie Pécresse et de Bruno Retailleau, avec respectivement trois élus. Fervent catholique, le président des Pays-de-la-Loire a supprimé l’aide financière de la région au festival de cinéma LGBT Cinépride à Nantes et celle accordée à l’association Homogène qui organise au Mans « une marche des fiertés ». D’autres marqueurs politiques ? L’ex-UDI Hervé Morin a signé un chèque de 45 millions d’euros à l’enseignement catholique haut-normand pour solder un vieux différend avec la région. Tandis que Laurent Wauquiez a installé une crèche géante dans son hôtel de région pour Noël.

Des finances publiques sous haute tension

Voilà pour les symboles. Car au-delà, les similitudes entre gestion régionale et programme présidentiel s’estompent plus ou moins. « On retrouve certains principes comme celui de considérer que l’argent public est devenu rare », souligne François Pinte. A l’instar de François Fillon qui promet 110 milliards d’euros d’économies sur les finances publiques, nombre de présidents de région se sont engagés sur des plans de réduction des dépenses sur la durée de leur mandat : -100 millions d’euros pour les Pays-de-la-Loire, -300 millions pour Auvergne-Rhône-Alpes, -230 millions pour les Hauts-de-France… En pratique ? Prenons le cas Wauquiez. A côté des opérations de communication – vente d’une partie du parc automobile, portables des élus supprimés –, Auvergne-Rhône-Alpes se serre la ceinture (-500 000 euros par exemple en frais d’impression) mais elle bénéficie surtout de l’effet fusion : 5 millions d’euros économisés grâce l’achat groupé de matériel et licences informatiques ou encore 2 millions d’euros grâce au rapprochement d’opérateurs comme les comités régionaux du tourisme. Par ailleurs, de telles mesures ne sont pas l’apanage des présidents LR. La Nouvelle Aquitaine du socialiste Alain Rousset revendique ainsi 99 millions d’économies pour le seul budget 2016.

Des régions qui ne baissent pas forcément le nombre de fonctionnaires…

La vision de « collectivités laboratoires » ne s’impose pas non plus au sujet de la promesse phare de François Fillon : la suppression de 500 000 fonctionnaires. A son élection, Bruno Retailleau avait annoncé vouloir « dégraisser le mammouth régional » ? Les charges de personnel ont augmenté de 3,7%. « Imputable à 80% à des décisions nationales », défend François Pinte. L’élu LR confirme vouloir réduire « à périmètre constant » le nombre des agents (actuellement 3200) d’ici à la fin du mandat. Mais il refuse de s’engager sur un chiffre. Même prudence en Auvergne-Rhône-Alpes. « Je ne suis même pas certain que Laurent Wauquiez ait l’intention politique de réduire les effectifs », confie un membre de son cabinet.

En Paca, les non-renouvellements ne s’élèvent qu’à 36. « C’est très marginal, convient Gilles Fournel, représentant local de la CGT. La région dispose de peu de marge de manœuvre. » Confirmation en Ile-de-France où seuls 25 départs à la retraite n’ont pas été remplacés et 25 emplois vacants supprimés.

…Mais qui ciblent le renouvellement des contractuels

« Partout, en revanche, les contractuels ont souffert. L’Ile-de-France et la Nouvelle Aquitaine se sont distinguées en la matière, preuve que la doxa selon laquelle on aurait toujours besoin de moins de personnel n’est pas qu’une question de couleur politique », observe Claire Le Calonnec, secrétaire générale d’Interco-CFDT. Les disparitions de contractuels s’élèveraient à plusieurs centaines par région d’après les syndicats. Mais dans le domaine des ressources humaines également, faute de recul suffisant, aucun décompte n’a été effectué. Et le dernier mouvement social au sein d’une région concerne la Bourgogne-Franche-Comté dirigée par une socialiste. La baisse de la DGF – 451 millions d’euros en moins en 2017, soit -9,3% – ne distingue pas les régions de droite de celles de gauche…

Vu de l’opposition

Jean-François Debat, chef de file PS en Auvergne-Rhône-Alpes :

« L’Auvergne-Rhône-Alpes est surtout le laboratoire de Laurent Wauquiez »

« L’Auvergne-Rhône-Alpes n’est pas le laboratoire de François Fillon, c’est celui de Laurent Wauquiez ! Le candidat de la droite ne s’inspire pas des régions. Il porte un message national qui n’est pas le fruit de remontées locales. D’ailleurs, en off, des élus Les Républicains d’Auvergne-Rhône-Alpes me disent qu’ils se demandent bien comment ils pourront appliquer ses promesses… François Fillon a décidé de supprimer 500 000 fonctionnaires ? Aux collectivités de s’y conformer. Or, pour l’instant, Laurent Wauquiez n’a pas touché aux effectifs de la région, hors contractuels. Il en a fait des tonnes sur le nombre de directeurs [passé de 65 à 25]. Mais il ne fait que bénéficier des dividendes de la fusion. S’il avait décidé de supprimer 100 postes de fonctionnaires, il l’aurait annoncé haut et fort. Pour la communication, on peut compter sur lui… » Christophe Clergeau, chef de file PS dans les Pays-de-la-Loire :

« La droite réactionnaire est déjà à l’œuvre dans la région »

« Les Pays-de-la-Loire sont un laboratoire dans le sens où ils permettent d’évaluer la crédibilité du programme de François Fillon. La suppression de 500 000 fonctionnaires par exemple : dans notre région, le nombre d’agents a augmenté. Et c’est bien normal puisqu’un nouveau lycée va ouvrir. Nous sommes une région dynamique démographiquement… comme la France dans son ensemble. La pratique de Bruno Retailleau – premier artisan de la campagne de Fillon – nous éclaire néanmoins sur ce qui se passerait en cas d’alternance : moins d’argent à la culture, à l’éducation populaire et à la formation des chômeurs alors qu’on finance une tournée de musique religieuse [Histoires sacrées, pour 175 000 euros]. La droite catholique réactionnaire incarnée par le candidat LR est déjà à l’œuvre dans les Pays-de-la-Loire. »

 

Questions à…

Patrick Le Lidec, politologue, chargé de recherche au CNRS et directeur scientifique à Sciences Po

« La variable partisane ne joue que sur des sujets emblématiques »

Les régions de droite préfigurent-elles la gestion de la France si François Fillon devient président ?

Pas du tout ! Penser qu’il y aurait des laboratoires, c’est une idée fausse. Je ne crois pas à cette hypothèse par expérience : chaque collectivité locale est confrontée à des problèmes spécifiques qui ne sont pas nécessairement ceux de la France. J’ajoute que les configurations sont très différentes d’une région à l’autre, entre un Laurent Wauquiez [en Auvergne-Rhône-Alpes] qui a les mains libres et un Xavier Bertrand [dans les Hauts-de-France] qui mène plus ou moins une cogestion avec la gauche absente du conseil régional.

On retrouve néanmoins dans plusieurs régions des décisions politiques semblables, comme des baisses de subventions ciblées…

La variable partisane ne joue que sur des budgets emblématiques qui représentent moins de 1% du budget total mais sur lesquels les exécutifs communiquent énormément. C’est vrai que la région Ile-de-France a par exemple fait le ménage parmi les organismes associés en mettant fin à des prébendes qui obéissaient à des logiques partisanes. Mais on n’observe pas de changements massifs. Les régions sont contraintes par la mise en œuvre de la loi NOTRe, la fusion pour certaines et la baisse des dotations.

Cet article est en relation avec le dossier

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Les régions de droite, un laboratoire pour François Fillon ?

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X