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[Interview] Valérie Igounet et Vincent Jarousseau

« Les maires FN ont compris le besoin de proximité »

Publié le 03/04/2017 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

Vincent Jarousseau et ValŽrie Igounet, auteurs de "L'illusion nationale", Žditions les Arnes. 2016.
© Pierre Hybre / M.Y.O.P
« L’Illusion nationale », tel est le titre de l’enquête qu’ont menée pendant deux ans Valérie Igounet, historienne, et Vincent Jarousseau, photographe, dans trois municipalités FN. Un reportage à la rencontre des élus et de la population.

Trois villes : Beaucaire (15 900 hab., Gard), Hayange (15 800 hab., Moselle) et Hénin-Beaumont (26 500 hab., Pas-de-Calais). Toutes dirigées par un maire FN. Et une population en mal d’écoute et de reconnaissance. En cette veille de présidentielle, cette plongée dans les territoires en souffrance en dit long sur les raisons de la montée du Front national.

Pourquoi avez-vous souhaité vous plonger, pendant deux ans, dans la vie de ces trois mairies FN ?

Vincent Jarousseau : Nous avions envie de parler de la relation que les élus FN entretiennent avec leur population dans des territoires à forte dimension symbolique. Pour montrer cette conquête de nouveaux territoires, nous sommes allés à la rencontre de villes très différentes, avec des maires à la personnalité affirmée.

Valérie Igounet : « L’Illusion nationale » parle de ces territoires conquis par le FN, qui cumulent les handicaps en étant fortement endettés, marqués par un très haut taux de chômage et intégrés dans de grandes intercos qui ont réduit le pouvoir des municipalités.

Vous décrivez des maires réactifs, profondément dans l’empathie. Comment l’expliquez-vous ?

V. I. : En interrogeant les habitants, nous avons été surpris de constater que ce qui revenait en boucle dans leurs propos était la propreté retrouvée dans leurs communes et le fait que les espaces publics étaient à nouveau fleuris. Si les thématiques du maire sont clairement politiques, ce que les électeurs attendent, c’est surtout un élu qui les reconnaît. A l’instar des villes communistes qui offraient une certaine prise en charge et dans lesquelles les habitants attendaient des avancées concrètes, les maires FN donnent un statut social, une fierté aux habitants qu’ils connaissent très bien et appellent souvent par leur prénom.

V. J. : Il y a une adéquation très forte entre l’électorat et les élus FN. Les électeurs se reconnaissent dans les maires qu’ils élisent. Ils font partie du même monde. Steeve Briois a labouré Hénin-Beaumont pendant vingt ans. Il a longtemps eu la même vie que tous les autres Héninois. La personnalité du maire dans les villes FN cristallise les attentes des habitants qui souhaitent un élu qui les comprenne, avec un vocabulaire proche du leur.

Il y a une adéquation très forte entre l’électorat et les élus FN. Les électeurs se reconnaissent dans les maires qu’ils élisent. Ils font partie du même monde.

Comment jugez-vous concrètement l’action des maires sur le terrain ?

V. J. : Certains terrains, délaissés depuis des années par les maires précédents, permettent au FN d’agir vierge de tout clientélisme. Il y a cependant des secteurs dans lesquels le FN agit peu, comme le sport, alors que c’est l’une des compétences municipales clés.

V. I. : Les maires FN sont aussi très présents sur le terrain politique. A Beaucaire, par exemple, Julien Sanchez a pris un arrêté antimendicité, adopté une charte « antimigrants » et débaptisé la rue du 19-Mars-1962, date du cessez-le-feu entre l’Algérie et la France. Le rapport aux médias locaux est également assez particulier. Les maires FN sont souvent dans une logique de court-circuitage, comme c’est le cas pour « La Voix du Nord », à Hénin-Beaumont.

Vous expliquez également que les conseils communautaires sont souvent remis en cause par les maires FN. Pourquoi, à votre avis ?

V. J. : Quand les maires FN peinent à résoudre un problème local, ils soutiennent régulièrement que c’est la faute de l’agglomération. C’est un discours qui s’inscrit plus globalement dans celui sur la perte de souveraineté au niveau communal, comme à l’échelon régional ou au niveau européen.

V. I. : Les maires FN expliquent souvent que le conseil communautaire coûte trop cher et qu’il n’est pas représentatif des citoyens. Fabien Engelmann, le maire d’Hayange, Julien Sanchez et Steeve Briois, par exemple, ont très bien compris ce besoin de proximité des habitants. L’une des personnes que nous avons suivie nous a ainsi livré : « Mon maire me serre la main, plus personne ne le faisait depuis des années. » C’est à une forme de reconnaissance des habitants qu’aboutit cette forte implication des maires FN.

Qu’est-ce que les électeurs FN disent aujourd’hui du rapport des Français à la démocratie et à la société contemporaine ?

V. J. : Ce qui est essentiel à mes yeux, c’est que le maire a aujourd’hui peu de pouvoir, il est une déclinaison locale de ce qui se passe nationalement. Les élus municipaux ne parviennent plus à combler ce vide démocratique. Plus largement, nous avons rencontré des populations en très grande souffrance. Les électeurs FN ne supportent plus leur vie. Les mairies FN leur redonnent de petits messages d’espoir en rendant les communes plus fleuries et en rénovant les cages d’escalier. De manière plus générale, nous avons l’impression que la classe politique traditionnelle n’a absolument pas compris. Il ne s’agit pas de faire barrage au FN. Election après élection, les mêmes discours sont tenus. Mais si rien n’est fait entre les deux, le barrage va finir par céder.

De manière plus générale, nous avons l’impression que la classe politique traditionnelle n’a absolument pas compris.

V. I. : Nous n’imaginions pas rencontrer une telle souffrance, des personnes à qui l’on donne plus de deux fois leur âge. Notre travail a été l’occasion de donner un visage à ceux que Marine Le Pen appelle les « invisibles ». En associant la parole à l’image, nous avons voulu montrer une partie des fractures françaises.

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