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Politiques culturelles

«Les politiques culturelles sont à un tournant» – Olivier Bianchi

Publié le 04/04/2017 • Par Hélène Girard • dans : France

BIANCHI-Olivier Ville de Clermont-Ferrand-UNE
Ville de Clermont-Ferrand
Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand et président de Clermont-Métropole, co-préside la commission "culture et attractivité du territoire" de France Urbaine. Très impliqué dans les débats sur les politiques culturelles territoriales, il livre à Lagazette.fr sa vision de l'avenir des politiques culturelles.

Qu’attendez-vous du prochain président de la République ?

Avant l’élection du prochain président de la République, j’aimerais déjà que la culture soit au cœur de la campagne électorale. Or, pour l’instant, elle en est absente. Tous les partis manquent aujourd’hui de penseurs sur les politiques culturelles. Où sont les personnalités de la dimension d’un Jack Ralite ?(1)

On dit souvent que les élus locaux n’ont pas la culture de la décentralisation culturelle. S’agit-il d’un problème de génération ?

Cela peut en partie expliquer le problème. Il y a aussi le fait que nous arrivons à un tournant des politiques culturelles :  les élus se demandent comment les réinventer. Or, nous sommes dans une période de crise et un entre-deux, entre les anciennes politiques, qui perdurent, et les nouvelles, à venir. Dans ce contexte, se projeter vers une nouvelle étape paraît difficile.

 Ecole supérieure d'art de Clermont Métropole, ©Fabien1309  CC BY SA 2.0

Ecole supérieure d’art de Clermont Métropole, ©Fabien1309 CC BY SA 2.0

Que préconisez-vous  ?

Mon intuition est que la prochaine étape des politiques culturelles reposera sur trois axes : la réinvention des financements liés aux mutations numériques ; un grand dessein européen d’une culture qui viendrait en complément des politiques nationales et de la décentralisation culturelle dans les territoires ; la médiation entre les créateurs et le public. Je crois qu’il y a quelque chose à creuser autour de ces axes, que je voudrais soumettre au débat collectif.

Reprenons ces trois axes en détail.

D’abord, les mutations de l’économie numérique : elles vont nous obliger à repenser tous les modes de production et de financement de la culture dans la décennie qui vient. On n’y échappera pas. Ensuite, deuxième axe : l’Europe. Au moment où celle-ci est en panne et se cherche un dessein, il faudrait porter à l’échelle européenne la décentralisation cultuelle des années 1970-1980. Une telle démarche aurait un intérêt non seulement pour les politiques culturelles, mais aussi pour le redémarrage de l’Europe. Au fond, il s’agirait de dépasser les débats sur la politique économique, la circulation des biens et des personnes, pour parler du contenu de l’Europe.

Médiation au Lieu d'art contemporain de Sigean (Aude), ©Laylamoget-CC BY 3.0

Médiation au Lieu d’art contemporain de Sigean (Aude), ©Laylamoget-CC BY 3.0

 

Enfin, le troisième axe : la médiation entre les créateurs et le public, usager ou spectateur. Il s’agit en fait de la démocratisation culturelle, question centrale qui doit continuer d’être posée. Non pas pour dire qu’elle est en échec, comme certains le prétendent un peu facilement. Il faut comprendre la démocratisation culturelle comme un mouvement permanent.

Mais, jusqu’à présent, l’Europe a surtout donné une vision économique de la culture…

Oui. A la fois économique et un peu corporatiste, car la professionnalisation du champ culturel fait qu’aujourd’hui nous regardons souvent les choses en termes de défense d’acquis : on défend la place des orchestres, du cinéma, des théâtres, des lieux labellisés, etc. Alors qu’il nous faut développer une vision transversale des politiques culturelles.

C’est la raison pour laquelle j’appelle à des Etats généraux de la culture. Démarche que nous avons conduite à Clermont-Ferrand (2), en réunissant les acteurs de la culture – professionnels, élus locaux et citoyens – pour essayer de fabriquer un nouveau projet culturel. Je l’ai fait au niveau territorial, puisque c’est là que je dispose des leviers, et parce que le faire à l’échelle plus petite d’un territoire permet, en quelque sorte, de disposer d’un laboratoire. Il y a déjà les prémices de ces nouveaux lieux de débat où les choses commencent à s’élaborer.

Où en est le dialogue entre l’Etat et les collectivités ?

Durant les cinq ans qui viennent de s’écouler, le CCTDC [Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel, instance de dialogue entre l’Etat et les élus locaux, ndlr] a été un véritable lieu de travail, avec des commissions qui ont fonctionné. Les ministres de la culture successifs ont toujours donné la parole aux représentants des collectivités.

Je considère que le dialogue entre les associations d’élus et l’Etat a même été porté au plus haut niveau, preuve en sont les pactes culturels [engagements réciproques cosignés entre l’Etat et des collectivités volontaires à ne pas baisser leurs contributions financières respectives durant trois ans, ndlr].

A travers ces pactes, un certain nombre d’élus ont pu réaffirmer leur engagement en faveur de la culture. Ce, dans un contexte paradoxal, où, d’un côté, l’Etat se reprenait sur le plan budgétaire, et, d’un autre côté, certaines collectivités locales, soumises à des contraintes budgétaires, et, faute d’un consensus fort autour de la culture, remettaient en question leurs politiques dans ce domaine.

Pourtant, moins d’une centaine de pactes ont été signés…

Mais rappelez-vous le contexte ! A l’époque [2015, ndlr], la « cartocrise » (3) nous montrait les festivals supprimés, les équipements fermés.

Dans le sillage des élections municipales de 2014, il y a eu un mouvement très fort de régression culturelle dans un certain nombre de territoires : soit parce qu’il n’y avait pas d’appétence culturelle, soit parce qu’il y avait une réalité financière très difficile. Ces pactes ne sont pas qu’un engagement de principe, mais aussi un engagement financier. Les élus qui les ont signés ont donc au moins un point commun : ils mènent des politiques culturelles par conviction, en raison de leur conception de la société, des relations humaines, du rapport entre les créateurs et les citoyens. Il ne s’agit alors pas seulement d’une vision utilitariste de la culture, considérée comme un vecteur de rayonnement, d’attractivité, et de développement économique des territoires.

Quel regard portez-vous finalement sur le quinquennat «Hollande» ?

Force est de reconnaître qu’il y a eu deux temps dans ce quinquennat : une première période marquée par des choix budgétaires difficiles et des mouvements ministériels récurrents (4), qui ont empêché une inscription de l’action politique dans la durée ; puis une seconde période, où le Premier ministre Manuel Valls a repris en main un certain nombre de dossiers, comme l’enseignement artistique et les intermittents, et où le budget de la culture a été rétabli à un niveau plus conforme à ce qu’on peut attendre d’un gouvernement de gauche.

Que retenez-vous de la loi « LCAP » (5)?

Pour moi, l’élément majeur de ce texte, ce sont les premiers articles, ceux qui posent les principes des politiques culturelles. La France, qui s’enorgueillit d’avoir une grande politique culturelle, exportée dans le monde entier – par exemple avec les Journées européennes du patrimoine, la Fête de la musique etc. – n’avait paradoxalement aucune grande loi sur le sujet. A mon avis, ce texte fait partie du corpus des grandes lois que sont celle sur la liberté de la presse (6) ou celle sur les associations (7).

Vous semblez réservé sur les droits culturels (8). Pourquoi ?

Les droits culturels ne me semblent pas relever de la tradition française, qui porte une culture transcendante, universelle et collective. Ils s’inscrivent plutôt dans une logique anglo-saxonne, avec une vision segmentée de la culture.

Avec les droits culturels, le risque est de tendre vers des politiques qui seraient des additions de réponses à des demandes de groupes d’intérêt et d’individus, qui ne font pas toujours l’intérêt général. Ils peuvent conduire à se dire, qu’au fond, telle langue régionale, telle culture identitaire, telle pratique culturelle de tel ou tel groupe prend autant de valeurs qu’une culture qui rassemble. Et on voit bien que cette notion touche aussi à des points de tension de la société française, comme la laïcité ou  le vivre-ensemble. Au bout du compte, on peut craindre que les droits culturels créent des normes, et que les élus locaux se retrouvent dans une sorte de surenchère, avec l’obligation de répondre à toutes les attentes. Toutefois, il ne s’agit pas de rejeter tous les aspects des droits culturels ni de refuser de réfléchir à ce qu’ils signifient en termes d’attention aux particularités de chacun.

Sent Pançard et ses "palhassos" au Carnaval Biarnés de Pau en  2016 ©Unuaiga CC BY SA 40 via Wikimedia

Sent Pançard et ses « palhassos » au Carnaval Biarnés de Pau en 2016 ©Unuaiga CC BY SA 40 via Wikimedia

Les droits culturels ont désormais une existence légale. Est-ce un risque potentiel pour les élus ?

L’opposabilité des droits culturels est effectivement un sujet d’inquiétude. Les élus en ont longuement débattu au sein du CCDTC. On peut imaginer qu’un jour tel ou tel groupe reproche à une collectivité de ne pas prendre en compte ses particularités, sa culture, et qu’il s’appuie sur la loi pour introduire un recours devant le tribunal administratif. Donc aujourd’hui, nous sommes face à un champ complètement ouvert à la jurisprudence.

Notes

Note 01 Ex-député et ex-sénateur (PC) et ex-maire d'Aubervilliers, spécialiste reconnu des politiques culturelles. Retour au texte

Note 02 en 2015 Retour au texte

Note 03 « Culture française, tu meurs », carte des événements annulés et des structures fermées, établie de janvier à juillet 2015 par Emmeline Gersol, médiatrice culturelle au Boulon, Centre national des arts de la rue, au Vieux Condé (Nord. Retour au texte

Note 04 Le quinquennat aura compté 3 ministres de la Culture : Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin, Audrey Azoulay. Retour au texte

Note 05 Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine Retour au texte

Note 06 Loi du 29 juillet 1881  sur la liberté de la presse Retour au texte

Note 07 Loi de 1901 relative au contrat d'association Retour au texte

Note 08 Les droits culturels ont été inscrits dans la loi NOTRe et dans la loi « LCAP » ((Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine Retour au texte

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