[Opinion] Energies renouvelables

Energies renouvelables : faites de l’éolien un atout politique !

Par et , Manager en conseil en concertation, cabinet Alter & Go • Club : Club Techni.Cités

Le développement des énergies renouvelables est un enjeu national et international. Tout plan repoussé, abandonné, éloigne la France de son engagement de 23 % d'énergies renouvelables dans sa consommation globale en 2020. Mais les impacts sonores, la protection des espèces animales, le respect du paysage font que les projets s'attirent les foudres d'une armada d'opposants. Alors, nombre d'élus préfèrent désormais rester en retrait.

C’était il n’y a pas si longtemps : tout élu insensible au développement durable était vu comme irresponsable, peu soucieux des générations futures et de la planète. Pas un programme électoral n’omettait les énergies vertes. Las, l’état de grâce a laissé la place à la méfiance.

Comment en est-on arrivé là ? Comment est-on passé de 90 % de Français favorables à l’éolien en 2007 à ce constat amer, dix ans plus tard ? Et comment a-t-on pu laisser faire la stratégie du recours systématique de la part d’une opposition plus structurée au plan national qu’intéressée aux enjeux locaux ?

L’expérience de terrain nous le montre : les élus ont été livrés à eux-mêmes face à des dossiers éoliens lourds, complexes, porteurs de tensions et donc de possible défaite électorale. Pour que les éoliennes retrouvent leur popularité, il est urgent de montrer qu’avec méthode et anticipation, elles peuvent encore être un atout économique et politique. Pour soutenir les élus, il faut d’abord les sensibiliser et les informer sur les méthodes de concertation volontaire, au-delà du seul cadre réglementaire.

Créer l’envie d’éoliennes sur le terrain

En 2015, 46 % des habitants de territoires accueillant des éoliennes regrettaient le manque d’informations sur le sujet. C’est là l’enjeu d’une démarche de coconstruction avec les citoyens, qui doit se faire en amont, bien avant le dépôt du dossier et l’enquête publique. Le dialogue, l’écoute et l’adaptation des projets sont essentiels : le schéma classique – réunion publique, permanence, diffusion d’une lettre – a peu de chances d’intéresser et de susciter l’adhésion.

Il est également indispensable que les régions et les établissements publics de coopération intercommunale aident les élus à créer l’envie d’éoliennes sur le territoire, par le partage d’expérience, de bonnes pratiques concernant la mise en place d’une concertation au long cours. Les projets éoliens doivent être portés de manière positive et non plus considérés comme une somme de problèmes à régler. Enfin, il n’y aura pas d’entreprise acceptée sans une meilleure communication valorisant ses retombées positives : gains de consommation d’énergie, revenus générés, création d’emplois directs et indirects…

Deux tiers des habitants des territoires concernés ne savent pas se prononcer sur les avantages de l’éolien. Comment imaginer que ce type de démarche puisse être soutenu ?Les grands programmes d’infrastructures doivent, pour aboutir, intégrer que les attentes et les exigences des citoyens ont changé. Les méthodes classiques qui se limitaient le plus souvent à de l’information ne suffisent plus. Cela ne signifie pas que tout plan doit être considéré comme mort-né. Si les élus locaux acceptent cette nouvelle façon d’associer les habitants à ces projets, alors ils auront de nouveau une chance de se faire ; et tout le monde en sortira gagnant.

cet article est en relation avec
Commentaires

5  |  réagir

09/03/2017 04h54 - pat42

En réponse à Sirius: c’est surtout le règne de l’obscurantisme du côté des détracteurs qui souvent s’appuient sur des études fantaisistes, réalisées par des « cabinets d’étude » orientés et dont le seul argument est souvent « les éoliennes, c’est bien mais pas devant chez moi! ». Sinon, on a aussi les vaches qui produisent moins de lait, la pollution des nappes phréatiques, le démantèlement pas financé, etc etc etc…juste de quoi nourrir la peur des habitants! Ces associations vont même jusqu’à relayer de fausses rumeurs (cf l’article paru dans le Canard Enchainé pour lequel le palmipède s’est axcusé la semaine suivante)! Il existe aussi des associations qui se mobilisent POUR les éoliennes et qui ne sont pas moins crédibles que celles des opposants: il est d’ailleurs toujours plus facile de s’opposer que de proposer…

Signaler un abus
09/03/2017 03h34 - Vigilance Environnement

« Enfin, … retombées positives : gains de consommation d’énergie, revenus générés, création d’emplois directs et indirects… »
Tout est dit !
Gains de consommation .. les éoliennes n’y sont pour rien ! ce sont les utilisateurs qui limitent leur consommation.
Revenus générés : parlons-en quand ceux qui profitent de la rémunération insolente de leur terrain ne se préoccupent surtout pas des nuisances pour les voisins des machines. Quant aux communes c’est vous et moi qui payons pour leur fournir de quoi faire des dépenses somptuaires !
Création d’emplois : inutile de commenter, il n’y a rien à voir, peut-être un quart de temps pour surveiller le site et encore.

Signaler un abus
08/03/2017 11h31 - Raphaëlle

Bonjour,

Merci pour cet article fort intéressant, pourriez-vous nous donner vos sources concernant les sondages?

Raphaëlle

Signaler un abus
07/03/2017 09h38 - hé ho lien bashing

à mon humble avis taquin, l’énergie éolienne vend du vent ; c’est tout ; elle a l’inconvénient de produire de l’électricité quand il vente à moins de 90 km/heure ; c’est une énergie non pilotable ; quand il n’y a pas de vent, quid de l’énergie surtout par grand froid ? he bien on l’associe à une autre énergie comme une centrale au gaz au pétrole ou au charbon qui émettent du gaz à effet de serre ; or, nous pouvons nous passer de cette chère énergie dont les équipements ne durent que vingt ans et sont fabriqués en chine producteur de charbon ; alors qu’une centrale nucléaire française type phénix peut durer soixante ans sans émettre de CO2 ; l’éolien représente très peu de chose dans le mix énergétique…etc ; décarbonons l’économie ; oui mais sans pylônes ou arbres à vent…

Signaler un abus
07/03/2017 07h34 - Sirius

Une fois de plus on voit affirmer que l’acceptation des éoliennes ne relève que de l’information des populations . C’est ignorer ,ou jouer l’ignorance ,que le refus des machines se fonde sur des analyses solides :paysagères ,économiques ou techniques .Les associations mobilisent des compétences réelles .Que le secteur éolien n’en soit pas satisfait ,on le conçoit aisément .

Signaler un abus

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

services

Thèmes abordés

Retrouvez tous nos produits sur La plateforme de mise en relation entre professionnels de la commande publique et fournisseurs

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X