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Crise agricole

Agriculture : l’approvisionnement local des cantines ne suffit pas

Publié le 27/02/2017 • Par Isabelle Verbaere • dans : France

tracteur
Flickr CC by Matthias Ripp
Les candidats à l’élection présidentielle vont se succéder au salon de l’agriculture afin de présenter aux producteurs, leurs solutions pour les sortir du marasme. Certaines font l’unanimité : le déploiement des circuits courts, l’approvisionnement local des cantines. Mais selon Yuna Chiffoleau, chercheuse en sociologie économique à l’Inra de Montpellier, elles ne suffiront pas à sauver les nombreuses exploitations très endettées et menacées de faillite. Pour cette chercheuse, la solution est ailleurs et les collectivités locales ont un rôle clef à jouer.

1443 exploitations ont fait faillite en 2016. Soit une progression de 6,5 % en un an. La crise agricole n’est donc pas dernière nous ?

Non, c’est même un pan entier de notre agriculture qui est menacé de disparaître. Cette crise frappe de plein fouet les fermes de taille moyenne (lire encadré ci-dessous). Elles ont été contraintes, pour rester compétitives, de moderniser leurs outils de production et de s’agrandir en rachetant la ferme d’à côté. Aujourd’hui, ces exploitations encore familiales pour la plupart, sont prises en ciseau entre leurs dettes et la volatilité des cours. C’est le cas par exemple, des éleveurs laitiers qui depuis la fin des quotas ont vu le prix du lait s’effondrer. Par ailleurs, elles subissent de plein fouet la concurrence des pays étrangers. Une productrice de lait de 47 ans a mis fin à ses jours en Bretagne, il y a quelques jours. Elle était submergée par les dettes. Ce drame est très représentatif de cette agriculture moyenne en difficulté (1).

Si cette crise se poursuit, quel impact pourrait-elle avoir?

Ces exploitations moyennes et les filières qu’elles font vivre représentent des centaines de milliers d’emplois dans les territoires ruraux qu’elles dynamisent. Leur disparition aura aussi des conséquences catastrophiques sur les paysages car les agriculteurs les entretiennent en évitant en particulier qu’ils s’enfrichent.

Pourquoi ces agriculteurs ne bénéficient-ils pas de la dynamique autour des circuits courts ?

Pour plusieurs raisons. D’abord leur production n’est pas suffisamment diversifiée pour être vendue en direct. Ensuite, ils méconnaissent les circuits courts. Ils les réduisent à des systèmes militants et bobos en pensant aux AMP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, NDLR). Alors que celles-ci évoluent et qu’il y a aujourd’hui une très grande diversité de circuits courts. Enfin la plupart n’ont ni le temps, ni les compétences pour transformer et vendre leurs produits. Certes il existe des réseaux d’accompagnement comme les Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (CIVAM) mais ils interviennent surtout auprès des petits paysans qui ont adopté des pratiques agricoles alternatives comme le bio. Quant aux chambres d’agriculture, elles n’ont pas assez de moyens pour soutenir chaque exploitant.

L’approvisionnement local des cantines n’est-il pas un bon levier pour aider ces agriculteurs ?

C’est la piste la plus médiatisée, mais elle ne suffit pas. Les agriculteurs ont besoin d’infrastructures de proximité : d’abattoirs, de légumeries, de laiteries de taille humaine, sur lesquelles s’appuyer pour apporter de la valeur ajoutée à leur production. Nous en avons un bel exemple à Montpellier. La métropole a monté un atelier de transformation au sein du Marché d’intérêt national (MIN). Cette installation va faciliter la transformation de la production agricole régionale qui passe par le MIN et permettre ainsi aux agriculteurs d’accéder à davantage de débouchés : restaurateurs, traiteurs, cantines, etc… Mais trop peu de collectivités font ce choix stratégique.

Quel choix font-elles ?

Par exemple, beaucoup de collectivités ont créé des marques territoriales. Mais la plupart n’imposent aucune condition sur l’origine de la matière première des produits. C’est dommage car les entreprises qui les fabriquent pourraient constituer un débouché intéressant pour les exploitations de taille moyenne de leurs territoires.

Qu’est-ce qu’une ferme de taille moyenne ?

  • Elles étaient 130 000 en 2013 (source : agreste). Leur nombre a baissé de 12 % entre 2010 et 2013 alors que celui des grosses exploitations a progressé de 9 %.
  • Leur surface agricole est de 51 hectares en moyenne.
  • 22 % ont un endettement compris entre 50 000 et 400 000 euros. Il est particulièrement élevé pour les éleveurs porcins pour qui il dépasse 400 000 euros en moyenne.
  • 80 % sont des exploitations individuelles. Alors que près de 8 grosses exploitations sur dix sont sous formes sociétaires.

Cet article est en relation avec les dossiers

Notes

Note 01 L’association solidarité paysan a publié une étude en mars 2016 sur le thème « Des agriculteurs sous pression, une profession en souffrance ». Avec le constat suivant : les exploitants décrivent un épuisement majeur et des signes d’alerte identifiables : irritabilité, troubles du sommeil, alors que le recours aux soins apparaît comme largement défaillant. Ce malaise a conduit un agriculteur à se suicider tous les deux jours en France, entre 2007 et 2009 (Etude de l’Institut de veille sanitaire). Ce taux est supérieur de 50 % à celui des autres salariés. Retour au texte

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Commentaires

Agriculture : l’approvisionnement local des cantines ne suffit pas

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SAM

01/03/2017 08h49

Les chambres d’agriculture, présentes dans chaque département (contrairement aux Civam) oeuvrent énormément pour accompagner les agriculteurs sur les circuits courts, merci de ne pas les oublier!

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