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[INTERVIEW] Décentralisation

« Tout le monde croit savoir ce qu’est la décentralisation » – Laurent Davezies

Publié le 20/02/2017 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : France

laurent davezies
Patricia Marais/La Gazette
Co-auteur de la note « Pour une grammaire de la décentralisation », publiée par le think tank Terra nova, Laurent Davezies est un économiste, spécialiste des politiques territoriales. Professeur au Centre national des arts et métiers et à l’université Paris est - Créteil, il a développé dans ses précédents ouvrages la montée d’un « nationalisme régional ». Il se penche désormais sur la réalité et la pertinence de la décentralisation comme modèle territorial. L’occasion de rappeler que la décentralisation recouvre des phénomènes très hétérogènes et qu’elle éloigne les citoyens des politiques plus qu’elle ne les rapproche.

Volonté d’autonomisation des territoires, opposition Paris-province, revendications régionalistes… Alors qu’on parle tant de décentralisation, comment expliquez-vous que ce terme recoupe un si grand nombre de réalités différentes ?

Tout le monde croit savoir ce qu’est la décentralisation. Pourtant, ce mot-valise ne repose sur aucune définition. La décentralisation a beau se mettre en place partout en Europe, certains pays vont l’instaurer sous sa forme législative, exécutive, fiscale, éducative… ou tout cela à la fois ! Personne n’a jamais vraiment pensé ce qu’était la décentralisation, contrairement à la démocratie. La Banque mondiale a d’ailleurs eu cette phrase, restée célèbre parmi les spécialistes : « Pourquoi la décentralisation s’impose-t-elle à l’échelle mondiale ? Tout simplement parce qu’elle s’observe partout ! » Une analyse bien modeste qui amène une vraie difficulté à évaluer son efficacité. Comment savoir si quelque chose qu’on n’a jamais défini fonctionne ? C’est impossible !

Alors que la décentralisation « à la française » devait rapprocher les élus des citoyens, les élections départementales et régionales révèlent les plus hauts taux d’abstention. Comment l’expliquez-vous ?

Si l’enjeu des élections municipales est clair, personne n’est capable de vous dire à quoi servent concrètement la région ou le département. A la campagne, le département avait une symbolique forte, mais aujourd’hui, dans un monde de plus en plus urbain, plus personne ne sait ce qu’il représente. Au-delà de sa sphère d’action, le millefeuille territorial n’est pas incarné. Cela peut faire mal à entendre, mais personne ne connaît le nom du président de son département. La décentralisation correspond surtout à un grand méli-mélo inextricable. On peut aussi se demander à quoi servent vraiment les élections à l’échelon local. Le microcosme territorial aboutit souvent à un étrange phénomène : le parti minoritaire au niveau national devient majoritaire au niveau local, qu’il s’agisse de la gauche ou de la droite.

Vous dites que « la démocratie est un outil trop précieux pour être galvaudé au niveau local ». Qu’est-ce que cela signifie ?

J’observe une tension très forte entre la nécessité de libérer les énergies locales pour répondre à la crise économique et les calculs des élus locaux qui ne coïncident pas toujours avec la volonté majoritaire du pays. Par exemple, les députés ou les sénateurs ont bloqué tous les projets défiant l’autorité du pouvoir des maires. En cause, la défense de leurs intérêts locaux, notamment le cumul des mandats, alors même qu’ils sont des élus de la Nation. Par ailleurs, la France souffre d’un double déficit démocratique local très profond. La possibilité de se faire entendre entre deux scrutins est quasi nulle. Les « faux nez » de la démocratie participative ne servent que quelques apparatchiks locaux. Surtout, nous vivons dans l’un des rares pays où les maires disposent de la quasi-totalité des pouvoirs, au détriment de leurs conseils municipaux.

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