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Polémique autour des voies sur berge

Piétonnisation des berges : un comité régional dont l’expertise pose question

Publié le 30/01/2017 • Par Gabriel Siméon • dans : France

Pietons traversant la route
Fotolia
Quel impact a vraiment la piétonnisation des berges de Seine à Paris sur la circulation, la pollution et le bruit ? Quatre mois après la fermeture de la voie de 3,3 km reliant le jardin des Tuileries au port de l'Arsenal, il reste difficile de s'y retrouver. La faute à la guerre que se livrent la Mairie de Paris et la Région Ile-de-France, sur fond de possible manque d'indépendance des experts.

Dernière manifestation de cette cacophonie : la semaine dernière, la Mairie de Paris insistait sur une « nouvelle baisse de trafic sur les axes de report », tandis que le conseil régional d’Île-de-France critiquait à la fois l’augmentation des bouchons, la dégradation de la qualité de l’air et l’aggravation de la pollution sonore.

Un comité d’évaluation qui aurait été trop vite dans ses résultats

La présidente (LR) de la Région, Valérie Pécresse, hostile au projet, fonde sa critique sur les travaux du « comité d’experts indépendants » qu’elle a mis sur pied pour évaluer l’impact de cette piétonnisation rive droite. C’est lui qui, depuis septembre, alimente la polémique au fil de la publication de ses rapports d’étape, dont le troisième a été présenté le 19 janvier. Présidé par Pierre Carli, médecin-chef du samu de Paris, le comité régional réunit le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif), l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU), Airparif, Bruitparif et France Nature Environnement (FNE).

Or, ce comité aurait tendance à aller un peu vite en besogne. La Mairie de Paris lui reprochait en novembre d’utiliser « des données dont l’origine n’est pas précisée ». Airparif, l’association francilienne chargée de la surveillance de la qualité de l’air, s’interroge aujourd’hui la méthode de l’IAU, en charge de la rédaction des rapports à partir des contributions des différents organismes : « Ils reprennent nos données et cherchent à mettre en évidence des impacts. Mais le temps de l’expertise n’est pas forcément celui de la communication. »

Une qualité de l’air à Paris difficile à mesurer entre l’avant et l’après fermeture des berges

Cette pratique des « experts » de l’IAU, on la retrouve dans le dernier rapport d’étape au chapitre sur la qualité de l’air. Les auteurs attirent l’attention sur une augmentation de 53% des émissions d’oxyde d’azote sur les quais hauts (Concorde-Arsenal) pour septembre, octobre et novembre 2016 par rapport aux même mois de 2015 – d’après leurs propres calculs – et de + 49% pour les particules. Ces chiffres ont été repris par la Région dans son communiqué.

Pourtant, le même rapport précise « l’importance des paramètres météorologiques, plus ou moins favorables à la dispersion des polluants, dans les variations interannuelles. » En effet, d’après Airparif, le lien entre émissions et qualité de l’air respiré dépend grandement des conditions météo. D’autre part, « les conclusions issues de comparaisons entre plusieurs mois ou années n’ont pas de sens sans information sur l’état initial et sans un dispositif de mesure dédié », insiste-t-on au sein de l’association.

Ce dispositif a été déployé à l’automne dernier. Les enseignements issues de la première campagnes de mesure ne seront dévoilées qu’en mars. Dans tous les cas, ils n’autoriseront pas une comparaison de l’état de l’air parisien avant et après la fermeture de la voie – car les données « avant » manquent. Ce que la région n’a pas pris la peine de préciser la semaine dernière.

Désaccord sur le bruit et l’allongement de la durée du temps de trajet

La Mairie et la Région sont aussi en désaccord sur les nouvelles conditions de circulation autour de la voie fermée. Pour étayer son propos, chacune a recours aux données du trafic parisien délivrées par la Préfecture de police. Problème, les deux ne considèrent pas les mêmes périodes.

La Région s’appuie sur une comparaison des données de novembre 2015 et 2016 pour démontrer que le temps de parcours s’est allongé sur les quais hauts de trois minutes le matin et de onze le soir en un an, une durée qu’on pourrait qualifier de raisonnable.

La Ville, elle, a préféré comparer le mois de décembre aux trois précédents de la même année pour faire apparaître une baisse du trafic (en nombre de véhicules) sur ces mêmes quais. Or, cette analyse est biaisée par la mise en place de la circulation alternée durant cinq jours en décembre qui, comme le reconnaît la mairie, « a entraîné sur cette période une baisse moyenne du volume de circulation intramuros de 12 %. » Forcément.

La Région insiste enfin sur le bruit, qui a « plus que doublé la nuit sur les quais hauts » depuis la piétonnisation de la voie Pompidou. Bruitparif parle en effet d’une augmentation « significative » (de plus de 2 décibels) pour les immeubles d’habitation situés entre le Louvre et Châtelet, entre le Pont Louis-Philippe et le Pont Marie, et entre les boulevards Henri IV et Bourdon. Mais l’association observe aussi « une diminution de l’ordre de 2 à 4 décibels en façade des premiers bâtiments situés de l’autre côté de la Seine au niveau des îles Saint-Louis et de la Cité. » Sur la question du bruit, ils y a donc des perdants et des gagnants.

 L’indépendance toute relative du comité d’évaluation

Le comité régional d’évaluation a profité de ce troisième rapport pour présenter trois scénarios alternatifs à la piétonnisation des voies sur berge. Tous prescrivent d’y ramener les voitures. Une sacré aubaine pour Valérie Pécresse, prompte à défendre les automobilistes.

On peut dès lors légitimement se questionner sur l’indépendance des « experts » de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme, chargés du rapport et des scénarios, vis-à-vis de la majorité Les Républicains à la tête du Conseil régional. Cette fondation d’utilité publique bénéficie du financement de la Région Île-de-France, et la présidente de son conseil d’administration n’est autre que Valérie Pécresse.

Mais davantage que la mécanique institutionnelle, c’est le profil du directeur général par intérim de l’IAU, Fouad Awada, qui interroge. De 1993 à 1998, l’homme fut directeur de cabinet du président de la Région Île-de-France, Michel Giraud, étiqueté RPR – l’ancêtre du principal parti de droite actuel. En 2014, on retrouve Fouad Awada parmi les colistiers de Florence Berthout, la future maire du Ve arrondissement de Paris (lui ne fut pas élu). La même Berthout élue un an plus tard à la Région sur la liste de… Valérie Pécresse. Question : est-il possible que le DG soit resté fidèle à sa famille politique au détriment de l’indépendance de son institut ?

Il faudra du temps pour délivrer un verdict sérieux

Une chose reste en tout cas certaine : quatre mois ne suffisent pas pour évaluer les véritables conséquences du bouclage de la voie Pompidou. « Nous rejoignons la position d’Airparif et de Bruitparif : attendre fin mars, avec le recul d’un hiver entier, pour tirer des conclusions bien étayées », confie Dominique Duval, présidente de France nature environnement Île-de-France.

Et encore, fin mars, n’est-ce pas trop tôt ? La Chambre régionale des comptes d’Île-de-France, qui s’est intéressée à l’aménagement des berges rive gauche (de 2013 à 2015), soulignait en décembre que « les conséquences à long terme de cette première phase du projet d’aménagement rest[aient] à évaluer, notamment en ce qui concerne les reports de circulation automobile mais aussi les conséquences en termes de pollution sonore et atmosphérique, au-delà du seul périmètre de cette opération. » Patience, donc.

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