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Métropoles

Les métropoles, lot de consolation pour villes mécontentes de la réforme territoriale

Publié le 26/01/2017 • Par Frédéric Brillet • dans : France

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Fotolia
Les voeux de France urbaine le mardi 24 janvier ont été l'occasion de faire un point sur la métropolisation française. Pour de nombreux élus, en passant de 15 à 22 métropoles, la France a fait le choix du maillage au détriment de la cohérence.

 

Fallait-il passer de 15 à 22 métropoles? C’est en filigrane la question posée par la cérémonie des voeux de France Urbaine. A l’exception des représentants des villes candidates, nombre de grands élus locaux doutent en leur for intérieur de la légitimité de la démarche des nouveaux prétendants.

« Je comprends que le statut de métropole soit attractif mais il ne faudrait pas l’attribuer à tout le monde » lâche un élu métropolitain, s’inquiètant des prétentions de Mulhouse et Besançon à intégrer le club. Mais les maires critiques d’une carte métropolitaine de plus en plus laxiste n’osent pas l’admettre ouvertement, de crainte d’alimenter la polémique et de manquer de solidarité avec leurs collègues.

Métropolisation, sujet hautement inflammable

Les associations d’élus considèrent également le sujet trop sensible pour vouloir s’en mêler. « A France Urbaine, nous n’avons pas voulu prendre parti dans ce débat qui aurait pu diviser nos membres. Nous avons donc laissé les collectivités concernées discuter avec le gouvernement » reconnaît Jean-Luc Moudenc, Président de France urbaine, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole qui présentait ses voeux le 25 janvier dernier.

Le club des élus des métropoles, des agglomérations et des grandes villes préfère se concentrer sur un volet plus constructif du dossier métropoles. C’est en effet avec les présidents des 15 métropoles françaises, réunis au sein de l’association France urbaine que l’Etat a signé en juillet le pacte « Etat-métropoles ». Il vise à renforcer ces dernières en soutenant leur stratégie d’innovation et en accompagnant leur développement.

Un compromis pour faire accepter la loi Notre

A y regarder de plus près, la banalisation du statut ne date pas de la nouvelle vague de prétendants. Afin de stimuler l’attractivité des grandes villes, la loi Maptam de 2014 consacrait déjà Brest, alors même que son agglomération dotée d’une population de 213 000 habitants ne remplissait pas tous les critères définis à l’époque.

« Le lobby breton s’était montré, comme souvent, très efficace pour l’emporter » se souvient un élu d’une autre région. Et d’ajouter: « si l’on s’en était tenu à des critères rigoureux, la France en serait restée à 17 métropoles. »

Mais il a fallu faire des compromis à la suite de la nouvelle carte des régions. « D’une part, il fallait mailler le territoire et faire en sorte que chaque région dispose au moins d’une métropole. Et d’autre part, attribuer un lot de consolation aux perdantes du nouveau découpage pour éviter de réveiller des querelles historiques », rappelle Charles-Eric Lemaignen, Président de la Communauté d’Agglomération Orléans Val de Loire en passe de devenir, elle aussi, une métropole.

Sept agglomérations (Dijon, Orléans, Saint-Étienne, Toulon, Clermont-Ferrand, Metz et Tours) vont donc accéder au statut envié de métropole en espérant pour la plupart (mais sans trop le dire) que la porte se referme définitivement derrière elles pour préserver ce qui reste de crédibilité au label.

« 22 métropoles correspond à une aspiration des territoires qu’il faut respecter » conclut diplomatiquement Estelle Grelier, secrétaire d’Etat chargée des collectivités territoriales.

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