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Présidentielle 2017

Primaire à gauche : ce que l’on sait des programmes des candidats

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© Photomontage P.Distel/La Gazette

Campagne-éclair oblige en vue des scrutins des 22 et 29 janvier, la plupart des candidats à l’investiture à gauche n’ont pas vraiment affiné leurs propositions concernant la fonction publique et les collectivités territoriales. La rédaction de la Gazette est allée fouiller dans les programmes, avant le premier débat télévisé du 12 janvier.

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Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales

 

Chiffres-clés

  • 18% des fonctionnaires territoriaux envisagent de voter pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle, selon l’enquête électorale du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po) de décembre.
  • 24,9 % des intentions de vote parmi les fonctionnaires de la catégorie C iraient aux candidats écologistes et de l’extrême gauche (NPA, LO et FDG), selon cette même enquête. Manuel Valls est à la peine, avec 14,3%.

 

Etrange séquence. Alors que la fonction publique est attaquée de toutes parts par François Fillon, qui souhaite réduire le nombre de fonctionnaires de 500 000 et porter la durée du temps de travail à 39 heures, sans précision sur les compensations salariales, la gauche peine à se faire entendre.

A l’exception de la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, qui s’est fendue d’un billet sur Facebook pour rappeler quelques évidences comptables, les candidats à la primaire à gauche des 22 et 29 janvier développent peu, dans leurs programmes ou leurs interventions, la défense des fonctionnaires de façon argumentée.

Deux exceptions parmi les candidats à la primaire de la Belle Alliance populaire : Manuel Valls et Benoît Hamon. Le premier attaque frontalement François Fillon, en l’accusant de « dogmatisme » et en se demandant à haute voix si le modèle de privatisation de la santé à l’américaine tente les Français.

Le second défend la stabilité du temps de travail dans la fonction publique, rappelant que « celles et ceux qui travaillent la nuit et les week-ends sont d’abord les fonctionnaires qui assurent la continuité du service public ».

Des fonctionnaires refroidis

Autant de phrases douces aux oreilles des agents qui se traduisent cependant peu en propositions concrètes. L’ancien Premier ministre parle de « réallocation des moyens humains et d’innovation constante au service de la Nation », tandis que Benoît Hamon propose de recruter « dans l’éducation, la santé, la petite enfance, la prise en charge de la dépendance », chacun s’abstenant d’un chiffrage précis.

Objectif visé ? Séduire une frange importante d’électeurs : les agents, qui représentent presque 20 % de la population active en 2014. Pas question de se priver d’un tel réservoir de voix. Ce calcul électoral rejoint une obligation presque matérielle de soutenir le secteur public quand le secteur marchand en crise tarde encore à produire des emplois durables.

La partie n’est pourtant pas gagnée pour les candidats à cette primaire. Si les fonctionnaires territoriaux sont plutôt satisfaits de l’accord « Parcours professionnels, carrières et rémunérations » (PPCR), porté par la gauche, qui permet le transfert des primes en points, la refonte des grilles indiciaires et une mobilité facilitée, ils ont du mal à oublier le dégel tardif du point d’indice.
Un constat qui s’ajoute aux tensions grandissantes avec les syndicats – alors même que François Hollande s’était fait le chantre du dialogue social durant sa campagne de 2012 -, la fronde des policiers municipaux et nationaux et la grogne des communes, toujours remontées contre la réforme des rythmes scolaires trois ans après son instauration. La reconquête des fonctionnaires par la gauche risque donc d’être douloureuse.

La réforme territoriale à l’arrière-plan

Le débat sur l’organisation des pouvoirs locaux s’annonce, a contrario, beaucoup plus dépassionné. Comme souvent, dans les campagnes présidentielles, les candidats à la primaire de la Belle Alliance ne font pas de cette question une thématique-phare.

C’est, singulièrement le cas de ceux qui sont dépourvus d’une véritable expérience d’élu local, comme Benoît Hamon et Vincent Peillon. S’il n’a jamais présidé l’exécutif d’une collectivité, le postulant écolo François de Rugy fait, en revanche, de cette question l’un de ses marqueurs.

Orateur des principaux textes de la mandature sur la réforme territoriale, au nom de son ancien parti EELV, le vice-président de l’Assemblée nationale porte le régionalisme en étendard. Il prône, dans cette veine, le rattachement de son département de Loire-Atlantique à la Bretagne et le retour d’une région Alsace autonome.

Son camarade ex-Verts et ex-Modem, Jean-Luc Bennhamias, s’éloigne, lui, de ces fondamentaux, jugeant qu’il faut « cesser de remettre en cause toutes les décisions à chaque alternance ». Une ligne que devrait aussi adopter Sylvia Pinel, proche du ministre de l’Aménagement du Territoire, de la ruralité et des collectivités, et son prédécesseur à la tête du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet.

Fait notable, Manuel Valls consacre, quant à lui, une page de son programme à « la République des territoires » et affiche la nouvelle carte des régions et la refonte des intercommunalités comme autant de preuves de son ardeur réformatrice. Il fait même de la décentralisation l’un de ses totems.

En bon disciple de Michel Rocard, père des contrats de plan Etat-régions, Manuel Valls plaide aussi pour une « relation adulte » entre le pouvoir central et les autorités locales. « L’Etat doit désormais s’engager systématiquement à passer des accords avec les collectivités concernées par la mise en œuvre de politiques publiques partagées, appuie l’ancien maire d’Evry (Essonne). Ces accords devront, à l’avenir, être discutés avant toute disposition législative ou réglementaire qui s’imposerait aux collectivités. » Une vertu, pointent ses détracteurs, dont il n’a pas toujours fait preuve lors de son passage à Matignon.

Les communes sur le pont

Organisation du scrutin. Le PS a arrêté les compteurs à 7 530 bureaux de vote pour la primaire de gauche, contre 10 228 pour celle de la droite et du centre. Les villes UDI et LR joueront-elles le jeu les 22 et 29 janvier en prêtant leurs locaux municipaux ? Tout porte à le croire, tant l’organisation des deux élections à seulement deux mois d’intervalle incite chacun à en respecter les règles. Les deux tours du scrutin automnal pour sélectionner le candidat des Républicains à la magistrature suprême se sont d’ailleurs déroulés sans véritable anicroche. Les mairies de gauche ont, dans la grande majorité des cas, confié leurs bâtiments à titre gratuit. Selon toute vraisemblance, la réciproque sera de mise de la part des communes dirigées par la droite.

Territoires contre métropoles ?

L’ancien président du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, déplace le débat sur un autre front. Dans un registre que ne renierait pas le géographe Christophe Guilluy, l’apôtre du « made in France» se pose en « candidat des territoires, non des métropoles », cause à laquelle il a consacré un discours le 7 janvier dans son fief. « J’ai vu une France coupée en deux, avec des métropoles qui se construisent, et des provinces qui baissent, perdent de la substance, perdent des commerces. On sait ce qu’est un désert médical, culturel, économique », a pointé l’ancien ministre du redressement productif.

Vincent Peillon, de son côté, profite de la campagne pour vanter sa réforme des rythmes scolaires. « J’ai voulu faire en sorte que parents d’élèves, professeurs et collectivités locales décident dans chaque endroit. Je ne pouvais pas imposer d’en haut. C’est une réforme qui demande de la bonne volonté à tout le monde », a-t-il argumenté le 2 janvier sur RMC. L’ex-ministre de l’Education l’a toutefois reconnu : « c’est vrai qu’il y a des endroits où il y a des choses qui ne vont pas du tout… » Quant à Benoît Hamon, il fait du revenu universel son mantra. Cette mesure, qui concerne au premier chef les départements, chargés de distribuer les allocations de la solidarité, pourrait bien être l’une des clés de cette présidentielle.

 

Les sept candidats en lice

Jean-Luc Bennahmias, l’ami du rural
Méconnu du grand public, passé par les Verts et le Modem, cet ancien proche de François Bayrou veut porter la défense des territoires les plus isolés. Parmi ses propositions : le développement des maisons de santé, une approche plus pragmatique des services publics en multipliant les cafés-relais, ainsi que l’accueil de 10 000 migrants et de leur famille afin de « repeupler les villages français ».
Benoît Hamon, le socialiste pur jus

L’ex-ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire veut refonder une « République bienveillante et humaniste », grâce à un soutien au pouvoir d’achat permis par l’augmentation du point d’indice et la hausse du RSA de 10 %, à l’élaboration de la loi sur le modèle « d’amendements citoyens », et à la limitation à trois mandats électifs identiques consécutifs. Autre pilier du projet du député des Yvelines « Pour une France indépendante et protectrice », une grande conférence écologie-prévention-santé avec les collectivités, six mois après la présidentielle.

 

Arnaud Montebourg, l’anti-métropoles
Contestant la primauté accordée selon lui aux métropoles, l’ancien ministre de l’Economie veut « libérer les Français de la difficulté de vivre dans leurs territoires ». Pour ce faire, il souhaite leur permettre de saisir la chambre régionale des comptes et réserver 80 % des marchés publics aux PME implantées en France, afin de relancer l’économie en région. Autre proposition forte : la création d’agences de rénovation rurale en mesure d’entretenir le foncier des villages, d’assurer le très haut-débit partout et d’offrir aux populations urbaines des logements à la campagne à bas prix.

 

Vincent Peillon, Monsieur «rythmes scolaires»
L’ancien ministre de l’Education, à l’origine de la réforme des rythmes scolaires, propose le rééquilibrage de la répartition territoriale des sénateurs, et, par ailleurs, le « soutien financier aux collectivités » de manière à ce que les pratiques artistiques et culturelles soient développées, mais sans avancer de chiffrage précis. Vincent Peillon a aussi pour idée de réformer la taxe d’habitation acquittée par « 18 millions de foyers, et leur permettre d’économiser 35 à 290 euros », mesure dont le coût est estimé à trois milliards d’euros, entièrement compensés par l’Etat.

 

Sylvia Pinel, la radicale
La présidente du Parti radical de gauche est la seule femme à se lancer dans cette primaire de gauche. Candidate pour « maintenir les effectifs de la fonction publique et préserver les droits des fonctionnaires, comme leurs obligations », elle propose
de renforcer la politique de titularisation des agents contractuels. L’ancienne ministre insiste aussi sur la nécessité d’une meilleure évaluation des politiques publiques locales, en ayant recours aux universitaires, ainsi que sur le développement des ressources propres des collectivités, sans toutefois en préciser les leviers.

 

François de Rugy, le régionaliste
Le vice-président de l’Assemblée nationale, et ex-EELV, est l’un des rares à parler de décentrali­sation et à regretter « ce grand rendez-vous manqué de François Hollande ». François de Rugy déroule trois axes forts dans l’optique d’un « véritable acte III » de la décentralisation : une régionali­sation de Pôle emploi, celle des formations professionnelles, et le rattachement de l’enseignement supérieur aux régions. « Ce que nous peinons à faire de manière centralisée, donnons l’opportunité aux régions de le faire au plus près de la réalité des territoires », insiste le député de la Loire-Atlantique.

 

Manuel Valls, le Girondin
L’ancien Premier ministre s’inscrit dans la continuité de son action à Matignon et avance de nouvelles modalités de relations entre l’Etat et les collectivités : leur contractualisation entre Paris et les territoires, la levée de la TVA par les régions elles-mêmes (dans la droite lignée de la réforme de la DGF), la mise en place d’un pouvoir réglementaire régionalisé et un effort de simplification impliquant la suppression de l’échelon départemental dans les grandes métropoles. En jeu, « la confiance totale de l’Etat en les élus locaux », soutient l’ancien maire d’Evry.

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