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[Opinion] Ressources humaines

Absentéisme des fonctionnaires : ne nous voilons pas la face !

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France, Opinions

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absenteisme_dossier © Phovoir

Alors qu'en cette période pré-électorale le débat sur les fonctionnaires bat son plein, la question de l'absentéisme et du jour de carence revient sur le devant de la scène. Pour Bernard Perrin, il est temps de rappeler chacun à ses responsabilités et de revenir à une gestion plus rigoureuse des ressources humaines.

Bernard Perrin © B.Perrin

Bernard Perrin, Administrateur territorial honoraire

 

A mesure que l’absentéisme progresse, de manière inexorable, les commentaires abondent pour en désigner les causes, les plus fréquemment avancées étant le vieillissement des effectifs, en général, et la pénibilité du travail, pour certains métiers. A croire que les collectivités territoriales et leurs établissements publics ont inversé leur pyramide des âges, et que la pénibilité est une contrainte inhérente à l’exercice d’un emploi public ! Un peu court…

Il suffira de pousser l’analyse un peu plus loin pour constater que les plus âgés des agents ne sont pas nécessairement les plus souffrants, encore moins lorsqu’il s’agit de maladie ordinaire, et que la pénibilité n’est pas, ici plus qu’ailleurs, féconde en arrêts de travail.

Se départir de tout angélisme

Une enquête visant les employeurs locaux pourrait également permettre de distinguer entre ceux qui ne vérifient pas le bien fondé des absences pour maladie ordinaire et se refusent à tout contrôle, et ceux qui ont mis en place, parfois depuis des lustres, un régime indemnitaire dont certains éléments tiennent compte, en tout ou partie, des absences. La démarche des seconds se trouve confortée, a contrario, par la suppression du jour de carence, une décision qui a poussé l’absentéisme vers de nouveaux sommets, notamment en matière de congés de maladie ordinaire. Ne nous voilons pas la face. Les fonctionnaires sont des hommes et des femmes comme les autres, avec leurs qualités et leurs faiblesses. Sensibles à l’incitation, ils ne sont pas insensibles à la sanction.
Alors que faire ? D’abord se départir de cet angélisme qui voit l’innocence partout et le péché nulle part. Ensuite, revenir, dans ce domaine précis, à une notion à la fois plus rigoureuse et plus généreuse de la gestion des ressources humaines. Dans les collectivités les plus importantes, on fera en sorte que l’absence ne soit plus « invisible », voire compensée, pour ne pas dire masquée par des effectifs suffisants ; ce qui, soit dit en passant, n’est pas possible dans une petite commune.

L’agent absent doit être conscient que ses fonctions ou tâches seront réparties entre ceux qui sont à leur poste et contraints d’accepter ce surcroît de travail pour garantir la continuité du service public. Au nom de l’égalité de traitement entre les agents, les expertises médicales doivent être activées, le cas échéant réactivées, dans le cadre d’une procédure parfaitement encadrée par les textes. Enfin, les sanctions appropriées seront fermement appliquées et connues.

 

Revaloriser le travail des agents

Ceci étant, une analyse des absences en fonction des catégories de fonctionnaires désignera les agents de la catégorie C. C’est évident ; pas seulement parce qu’ils sont les plus nombreux, mais parce qu’ils se partagent les tâches les moins gratifiantes et les métiers les plus pénibles. Aussi aucun progrès ne sera-t-il accompli si ces agents ne sont pas revalorisés dans leur emploi ou dans leur métier.

D’où la nécessité d’enrichir le contenu des tâches des uns et d’alléger le travail des autres ; ici, avec le renfort de la numérisation des travaux les plus répétitifs, là par la mécanisation de certaines interventions. Il s’agit de faire en sorte que chaque agent se sente utile et considéré.
Les organisations syndicales, qui portent leur part de responsabilité dans une justification assez systématique et complaisante de l’absentéisme, seront, bien entendu, associées à cet aspect de la gestion des ressources humaines, sur la base de ce principe élémentaire : un agent qui s’identifie à son travail et qui est bien dans son bureau ou sur son chantier est un peu moins absent.
Enfin, pour revenir aux causes de cet absentéisme, on regrettera que certains employeurs locaux aient appris à « vivre avec », comme on s’accommode d’une maladie incurable, ignorant parfois que le remède existe et qu’il figure en toutes lettres dans le statut.

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  1. 1. Aniki 11/01/2017, 09h34

    Aucun mot sur le management... étrange... pourtant il doit être responsable d'une partie significative des absences... mais en tant qu'attaché, je comprends qu'il ne tire pas sur ses potes ou ses maitres...
    Ceci dit, il est clair qu'une frange des fonctionnaires se complait dans l'AT... il serait effectivement judicieux de sanctionner les abus... mais pas comme le souhaite cet attaché, lui veut pénaliser tout le monde... J'ai bossé dans un grand groupe de distribution et ils fonctionnaient intelligement je trouve... vous aviez droit à 3 jours de maladie pris en charge par an par l'employeur (pris en une fois ou plusieurs fois), au delà voous n'êtes pas payé, normal... cela permettait de ne pas pénaliser le salarié qui tombe malade (oui ça arrive d'être malade) et incite à ne pas abuser... Cela me paraissait juste et équitable...

    Et Totoro.. c'est vrai qu'avec le vôtre de commentaire, le débat est nettement moins pauvre... -_-

  2. 2. Guillaume D. 10/01/2017, 10h54

    Je trouve cela dommage que l'absentéisme soit de nouveau abordé de manière caricaturale, en focalisant sur la minorité des abus et donc contraint de proposer des méthodes de résolution de ces faux problèmes (contrôles médicaux, jours de carence...) qui se sont avérées coûteuses et peu efficace dans le passé. Il est nécessaire de traiter le problème de l'absentéisme grâce à des actions de prévention (primaire) et non des actions curatives qui ne font qu'occulter les causes racines de ce phénomène.

    D'une part, l'aspect technique et organisationnel avec des diminutions importantes du budget des établissement provoquant notamment le non remplacement des départs en retraite, un vieillissement des outils et des locaux et une intensification du travail. Mr Perrin voit la numérisation et la mécanisation comme une source d'amélioration des conditions de travail. Cela peut-être parfois le cas, même si ce n'est pas là une solution "miracle" car ces substitution de l'homme par la machine conduisent généralement à des suppressions de postes et donc du chômage (les références sont nombreuses à ce sujet!!).

    D'autre part, la reconnaissance du travail réalisé par les fonctionnaires, appelé service public, est très rarement valorisé dans les discours de nombreux de nos "hauts" fonctionnaires ou politiciens qui préfèrent parler d'absentéisme "coupable" plutôt que de questionner les difficultés conjoncturelles de notre société et des choix politiques s'avérant peu performants sur le long terme.

    Les améliorations dans la fonction publique sont nécessaires et possibles. Les fonctionnaires les souhaitent également. Cependant, les contrôles médicaux, les sanctions, les jours de carences et autres "menaces" ne permettent ni d'améliorer les conditions de travail des agents ni de valoriser le service public qu'ils rendent chaque jour aux usagers.

    Aller dans le mur plusieurs fois ne permettra pas de la traverser.

  3. 3. mac 10/01/2017, 08h55

    Sans oublier une cause insoluble d'absentéisme : le clientélisme. Les agents de catégorie C recrutés pour que leur vote et celui de leur famille aille "dans le bon sens" s'estiment souvent dédouanés de tout autre devoir envers leur employeur que celui d'aller aux urnes en temps et en heure... inutile de nier, j'en ai vu!

  4. 4. Totoro 10/01/2017, 16h43

    Quand on compare votre commentaire, mesquin et hargneux, avec celui de Guillaume D, argumenté et réfléchi, on comprend mieux la pauvreté des débats dans notre société.

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