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Primaires de gauche

François de Rugy : « la décentralisation est le rendez-vous manqué de François Hollande »

Publié le 09/01/2017 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : Dossiers d'actualité, France

Photo François de Rugy
François de Rugy
La Gazette poursuit sa série de rencontres avec les candidats de la primaire de gauche. Focus sur François de Rugy, député écologiste de Loire-Atlantique.

Le vice-président de l’Assemblée nationale se présente à la fois comme le « seul vrai candidat décentralisateur » et le « plus réformateur » pour faire évoluer les collectivités territoriales. Pour ce faire, il propose la régionalisation de Pôle Emploi, le versement du RSA par les intercommunalités et un statut de professionnel de santé pour mettre fin aux déserts médicaux. Autre originalité de son programme : il est le seul candidat de la primaire à farouchement s’opposer au revenu minimum universel.

Faut-il revenir sur la carte des régions ?

La décentralisation est l’un des grands rendez-vous manqués de François Hollande. Si beaucoup ont retenu le discours du Bourget, les élus locaux ont plutôt gardé en tête celui de Dijon dans lequel le futur Président de la République parlait d’acte III de la décentralisation en mettait ses pas dans ceux de François Mitterrand et Gaston Defferre.

Si beaucoup ont retenu le discours du Bourget, les élus locaux ont plutôt gardé en tête celui de Dijon dans lequel le futur Président de la République parlait d’acte III de la décentralisation et mettait ses pas dans ceux de François Mitterrand et Gaston Defferre.

Commençons d’abord par dire que parler de réforme territoriale est une étrange expression. Ce sont les collectivités et non les territoires qu’on décide de faire évoluer. Si on rentre plus précisément dans le détail, il faut saluer la réforme de la carte intercommunale qui a été mise en place, là où François Fillon avait abandonné en rase campagne. Il y a plus de compétences dans les intercommunalités et c’est une excellente chose.

A l’opposé, j’ai voté contre l’établissement des super-régions qui ne correspondent ni à un sentiment d’appartenance, ni à une logique de projet et encore moins à une logique d’efficacité. Là où il y a des demandes d’ajustement, il faut les appliquer. Je pense notamment à l’Alsace qui devrait être une collectivité pleine et entière, le Grand Est qui est bien trop vaste ou encore en Bretagne, le seul endroit où il y avait une forte attente de redécoupage qui n’a pas eu lieu. Quant aux Hauts-de-France, la difficulté à nommer cette nouvelle région montre bien qu’elle ne tourne pas rond.

Etes-vous favorable à la disparition du département sur le territoire des métropoles ?

Dans les Bouches-du-Rhône, il est difficilement compréhensible que Marseille-Aix-Métropole qui représente plus de 80% du territoire n’ait pas remplacé le département. Le problème est que chaque élu souhaite garder son échelon et une certaine capacité d’action pour renforcer sa légitimité. A Nantes, trois collectivités s’occupent de l’emploi. Les citoyens ne comprennent plus qu’on souhaite réformer l’action publique sans jamais toucher à ce qui concerne directement les élus.

La classe politique l’a oublié mais Jean-Marc Ayrault, en tant que Premier ministre, avait promis aux départements d’avoir un vrai pouvoir réglementaire. La mission a été rendue impossible par les élus des autres échelons qui refusent que d’autres collectivités aient plus de pouvoir.

La classe politique l’a oublié mais Jean-Marc Ayrault, en tant que Premier ministre, avait promis aux départements d’avoir un vrai pouvoir réglementaire. La mission a été rendue impossible par les élus des autres échelons qui refusent que d’autres collectivités aient plus de pouvoir.

Faut-il élire les métropoles au suffrage universel direct sans fléchage ?

J’y suis favorable. En gardant le système actuel avec des intercommunalités de plus en plus grandes, les citoyens peineront à y trouver du sens s’ils ne peuvent pas directement choisir leurs élus. Il faut toutefois que le conseil municipal leur reste directement associé.

 Quelles compétences de l’Etat doivent être décentralisées ?

Nous avons désormais des intercommunalités et des régions plus fortes. Partant de ce constat, nous devons régionaliser la compétence de l’emploi. Très concrètement, Pôle emploi et son action doivent être gérés par les régions. Les politiques culturelles devraient également passées sous le giron régional. La politique de l’enseignement supérieur devrait être, au même titre que les lycées aujourd’hui, prise en charge par les régions. Nous ne parlons évidemment pas des personnels mais seulement de la gestion des bâtiments.

Très concrètement, Pôle emploi et son action doivent être gérés par les régions. Les politiques culturelles devraient également passées sous le giron régional. La politique de l’enseignement supérieur devrait être, au même titre que les lycées aujourd’hui, prise en charge par les régions.

Poursuivrez-vous la baisse des dotations engagées par le gouvernement ?

Ces efforts importants étaient, à mon sens, inévitables. Il n’est pas possible de faire comme si les collectivités étaient exonérées des efforts de l’Etat. Il faut donc poursuivre cette baisse.

Faut-il revoir la fiscalité locale ?

La taxe d’habitation et la taxe foncière doivent être calculées suivant la ville et les revenus des ménages. Par ailleurs, les élus locaux doivent assumer la hausse des impôts locaux et arrêter de dire que c’est forcément la faute de l’Etat. Une hausse des impôts locaux est un choix de la part du maire qui doit reconnaître qu’il a besoin de plus de fonds pour financer certains projets ou dire qu’il faut réduire la voilure.

Les élus locaux doivent assumer la hausse des impôts locaux et arrêter de dire que c’est forcément la faute de l’Etat.

Quelle est votre priorité en matière de service public rural ?

Malheureusement, il n’y a pas que dans la ruralité que les services publics font parfois défaut. Dans certaines zones urbaines, on peine aussi à recruter des professeurs ou des médecins. Il faut dépasser la logique de défense des intérêts de certaines zones de banlieue et des campagnes. Il faut d’abord redonner des services de proximité en acceptant qu’ils soient différents de ceux que nous avons pu connaître dans le passé, les points Poste en étant un bon exemple. Il faut également que les objectifs de mutualisation soient bien clairs.

Je connais des personnes qui avaient besoin de se rendre à la préfecture et à qui leur mairie, dans la Sarthe, a dû payer des billets pour aller à Nantes. Voici le résultat des grandes régions sur la vie quotidienne des citoyens. C’est la même logique qui est en train de se dérouler entre Amiens et Lille, dans la Région Hauts-de-France qui perd ses institutions de proximité. L’Etat doit dire clairement que son but est la moins forte présence des préfectures en région pour pouvoir faire des économies au plus haut niveau.

L’Etat doit dire clairement que son but est la moins forte présence des préfectures en région pour pouvoir faire des économies au plus haut niveau.

Faut-il contraindre les médecins à s’installer dans les déserts médicaux ?

Nicolas Sarkozy comme François Hollande ont eu des velléités sur le sujet sans qu’aucune action engageante n’ait véritablement lieu. Rappelons tout de même que toute nouvelle pharmacie doit s’ouvrir avec l’autorisation de l’Agence régionale de la santé et que cela ne pose aucun problème.

Comme il y a des endroits dans lesquels les médecins n’ont pas envie de s’installer, je propose plutôt la création d’un statut de professionnel de santé. Il serait ouvert aux personnes qui ont une expérience de dix ans et qui exercent des professions paramédicales comme les kinésithérapeutes, les infirmiers, les pharmaciens. L’Etat paierait deux années d’études dans le cadre d’un master médical puis, en contrepartie, ces praticiens iraient s’installer dans les endroits qui en ont le plus besoin. Ils seraient évidemment en lien avec un généraliste pour tout cas médical particulier.

L’objectif de ce statut de professionnel de santé est double : remettre de la fluidité dans un corps médical totalement hiérarchisé et résoudre le problème de la démographie médicale qui fait qu’un étudiant qui valide sa première année sera effectivement en exercice dans huit ans. Ce système existe en Allemagne et a fait ses preuves.

L’objectif de ce statut de professionnel de santé est double : remettre de la fluidité dans un corps médical totalement hiérarchisé et résoudre le problème de la démographie médicale qui fait qu’un étudiant qui valide sa première année sera effectivement en exercice dans huit ans. Ce système existe en Allemagne et a fait ses preuves.

Souhaitez-vous une recentralisation du RSA ?

Le RSA devrait être une compétence intercommunale. Les grandes intercommunalités pourraient en effet le faire aussi efficacement que les départements. Il faut cependant reconnaître qu’il n’est pas sain que celui qui paie, le département en l’occurrence, ne soit pas le même que celui qui en fixe le montant, ici l’Etat. Par ailleurs, l’accompagnement personnalisé se fait bien plus efficacement à l’échelon local qu’au niveau national.

Etes-vous partisan d’un revenu minimum universel ?

J’y suis opposé et ce pour plusieurs raisons. Plusieurs candidats à gauche en fixent aujourd’hui le montant à 548 euros, ce qui représente 300 milliards d’euros, l’équivalent de 50% de la protection sociale en France. Si on utilise ces fonds pour financer le revenu minimum universel, cela équivaut concrètement à la fin des retraites. Si on décide de le mettre en place sans puiser dans la protection sociale, il faut trouver de nouvelles recettes et donc augmenter les mpôts.

Les citoyens ne peuvent pas entendre que l’Etat a, d’un côté, des difficultés à boucler son budget annuel et, de l’autre, s’engager dans des dépenses très lourdes suscitées par l’instauration d’un revenu minimum universel. Même si on suppose qu’une partie de cette allocation sera réinjectée dans la consommation, son coût pèsera toujours en partie sur les finances publiques.

Je pense cependant qu’il faut remettre sur la table toutes les prestations sociales pour qu’elles soient plus claires et que leur accès en soit facilité. Il existe par exemple trente prestations différentes rien qu’au sein des CAF.

Cet article fait partie du Dossier

Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales

Sommaire du dossier

  1. Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales
  2. Les propositions institutionnelles de Jean-Luc Mélenchon : en route pour une VIè République
  3. Primaire à gauche : ce que l’on sait des programmes des candidats
  4. Primaire de la droite et du centre : les fonctionnaires aux enchères ?
  5. Déserts médicaux : ce que proposent les candidats à la présidentielle
  6. « Les fonctionnaires en faveur de François Fillon parient qu’il ne tiendra pas ses promesses »
  7. Le comparatif des programmes des candidats à la primaire de droite
  8. Présidentielle : ce que propose Benoît Hamon pour rénover la démocratie
  9. Revenu universel, réforme du RSA… Que proposent les candidats en matière de minima sociaux ?
  10. Emmanuel Macron prescrit une cure de rigueur aux collectivités territoriales
  11. Le credo jacobin de Marine Le Pen
  12. Comment relancer les investissements : les candidats répondent à la FNTP
  13. Les candidats pas assez ambitieux pour la lutte contre la pauvreté selon les associations
  14. Alain Juppé, le Girondin
  15. François Fillon : les paradoxes d’un notable jacobin
  16. Jean-François Copé : « Fusionnons les départements et les régions »
  17. François Fillon : « Il faut réduire les effectifs dans la fonction publique »
  18. Présidentielles : l’environnement, ça commence à se défaire ?
  19. Alain Juppé : « Le statut de la fonction publique a ses raisons d’être »
  20. Nicolas Sarkozy : « Les fonctionnaires devront travailler davantage »
  21. Jean-Frédéric Poisson : « Mettons fin à la logique du déracinement en renforcant les départements »
  22. Nathalie Kosciusko-Morizet : « Le statut du fonctionnaire n’a plus lieu d’être dans de nombreux domaines »
  23. Bruno Le Maire : « Le statut de la fonction publique ne doit plus être la règle, mais l’exception »
  24. Jean-Luc Bennahmias : « l’accueil des migrants permettrait de repeupler les villages français »
  25. François de Rugy : « la décentralisation est le rendez-vous manqué de François Hollande »
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Commentaires

François de Rugy : « la décentralisation est le rendez-vous manqué de François Hollande »

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Henri Tanson

09/01/2017 06h07

Il n’y aura donc pas un seul homme politique qui reconnaîtra que la loi NOTRé a été une énorme erreur.
Que toutes les restructurations ont entrainé un accroissement incontrôlé des dépenses des collectivités territoriales.
Que les fusions forcées de communes est une grossière erreur.
Que la disparition des départements est une faute majeure.
Que la création des régions (par Pétain en 42) était une très mauvaise idée; comme l’ont été les fusions récentes voulue seulement par l’idéologie européenne qui nous les a imposées.
Personne ne veut réparer les erreurs des prédécesseurs ?
Rien n’est irréversible; quand on constate les erreurs commises, il est toujours préférable de revenir en arrière plutôt que de s’acharner dans la mauvaise direction.

Henri Tanson

09/01/2017 06h14

Pas mal, l’invention d’un sous-médecin pour améliorer la couverture dans les zones rurales…
Etrangement, ça me rappelle une « idée » de la Commission européenne…
Il n’y a donc pas que Fillon qui va faire ses emplettes dans les documents de l’Union européenne…
De Rugy : européiste ?
Non merci.

pov citoyen

11/01/2017 08h08

Chers amis commentateurs,
je trouve moi ces propos revigorants et on ne peut rester dans le passé, avec des mille feuilles obsolètes seulement adaptés aux édiles qui en récoltent les bienfaits matériels; quelle gabegie ! comment ne pas vouloir mettre à bas tout cela.
Chacun comprend d’ailleurs que ce n’est pas pareil partout, que des cas d’espèce nécessitent des traitements particuliers (comme dans les métropoles).
On se heurte bien sûr aux élus inutiles qui perdent du pouvoir et freinent des 4 fers…

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