Mobilité

Véhicules électriques : pourquoi le marché peine encore à se développer

| Mis à jour le 12/01/2017
Par • Club : Club Techni.Cités

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Le développement des véhicules électriques intéresse à plus d'un titre les collectivités, qui sont très impliquées dans le développement des bornes de charge de ces véhicules. D'où l'intérêt de réaliser un dossier dont le premier article fait le point sur le marché des ventes aux particuliers.

cet article fait partie du dossier

Véhicules électriques : la révolution est-elle en marche ?

Le constructeur automobile Renault vient de lancer une nouvelle version de son véhicule électrique, la Zoé, qui affiche une évolution remarquable : elle n’est pas à chercher dans son apparence extérieure – qui n’a pas changé – mais dans sa nouvelle batterie dont l’autonomie a été doublée, pour atteindre désormais 300 km (1), « ce qui représente un seuil psychologique quand on veut oublier la question de la charge », explique Eric Feunteun, directeur du programme véhicules électriques de Renault.

Ce saut technologique repose tant sur la partie « intelligence » (algorithme et logiciel, qui sont élaborés par Renault) qui gère l’autonomie, que sur les cellules de cette nouvelle batterie (fournis par le coréen LG).

Si cette évolution est si importante, au-delà des intérêts propres du constructeur français, c’est parce que la question de l’autonomie constitue l’un des principaux reproches faits aux véhicules électriques (VE), ce qui les empêche encore de se substituer aux véhicules thermiques.

Avec 300 km d’autonomie, sauter dans le monde de l’électrique devient plus tentant pour les éventuels acheteurs, d’autant que cette innovation montre que les avancées technologiques arrivent relativement rapidement, et donc que la demande risque d’augmenter au même rythme.
Une évolution importante pour les collectivités, qui sont impliquées sur cette thématique en étant l’un des principaux installateurs de bornes de recharge de VE, mais aussi parce qu’elles sont concernées à bien d’autres titres par le développement des VE, comme va vous le démontrer ce dossier qui évoque, dans ce premier volet, les chiffres des ventes de ces véhicules aux particuliers.

Des ventes qui sont encore marginales

Il se vend encore peu de véhicules électriques : en Europe, au cours de l’année 2015, il s’est vendu moins de 100 000 véhicules. La Renault Zoé arrive en tête du palmarès avec près de 19% de parts de marché et 18 727 véhicules vendus, devant l’autre grande star, la Tesla S (15 515), puis la Nissan Leaf (15454), qui fait également partie du groupe Renault.

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Les parts de marché de ces trois véhicules sont impressionnantes, et la progression du marché très importante (+48% entre 2014 et 2015), mais ces ventes sont encore très faibles et bien loin des prétentions des constructeurs.

En Europe, la Norvège est le pays de référence pour les véhicules électriques. Les raisons de ce succès sont simples, comme l’explique l’association Avere-France : « Grâce à des politiques incitatives cumulant exemptions fiscales et avantages à l’usage (comme la possibilité d’emprunter les couloirs de bus, NDLR), un véhicule sur sept (soit près de 15%) immatriculé en Norvège en 2015 est électrique ».

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Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

En France, la part des VE dans les achats de véhicules neufs est de seulement 1% ! Sur l’année 2016, il s’est vendu 21 751 unités, ce qui représente une hausse de 26% par rapport à 2015. La Renault Zoé est loin devant, puisqu’elle représente 52% de part de marché (avec 11 404 immatriculations) ; la deuxième est la Nissan Leaf qui a enregistré 3887 ventes, comme le souligne l’association Avere France dans son dernier bilan.

Cette forte croissance a connu une inflexion en fin d’année du fait de l’attente de l’arrivé du nouveau modèle de la Zoé, les clients souhaitant bien évidemment profiter de l’augmentation de l’autonomie annoncée par le constructeur.

Prix et autonomie : deux freins à lever

La faiblesse du marché actuel s’explique notamment par deux points : l’autonomie et le prix des VE. Concernant l’autonomie, les VE affichent généralement une performance de 120 à 150 km. Certes, celle de la Tesla est beaucoup plus importante (de l’ordre de 500 km avec une conduite mesurée, ce qui est loin d’être le cas avec ce type de bolide, capable d’accélérations à couper le souffle… et inversement proportionnelle à l’autonomie du véhicule !), mais l’américaine reste dans la catégorie des véhicules de luxe, réservés à une élite (les prix varient de 70 000 à 140 000 euros).
A l’inverse de la Zoé, qui résulte d’un compromis entre la taille (trop grand et lourd, le véhicule consomme trop), le design, le prix et l’autonomie. Le prix d’entrée de gamme de cette dernière est d’environ 23 600 euros (jusqu’à 28 500 pour le modèle à charge rapide), ce qui est encore un peu dissuasif pour de nombreux acheteurs, surtout si l’on considère qu’avec son ancienne autonomie, ce véhicule était souvent cantonné au rôle de second véhicule d’une famille. Un rôle généralement dévolu à un véhicule d’occasion d’une valeur beaucoup plus faible, de l’ordre de 5000 euros.

Il existe néanmoins des primes pour inciter à l’achat des VE, ce qui rapproche leur prix des véhicules thermiques équivalents : un bonus écologique de 6 300 euros, qui peut monter jusqu’à 10 000 euros (superbonus) sous condition de reprise d’un véhicule particulier diesel mis en circulation avant le 01/01/2006. Ces aides, qui existaient en 2016, ont été conservées en 2017.

Côté entretien, il faut noter que le coût d’une charge (hors abonnement électrique) est relativement faible, variant entre 2 et 3 euros. Il faut par contre pointer un coût caché : le prix de location de la batterie. Pour la Zoé, Renault facture cette location de 69 euros – avec 7 500 km inclus et 0,05 € le km supplémentaire –  à 119 €/mois (kilométrage illimité). Il existe également une offre de location incluant le véhicule et sa batterie commençant à partir de 149 euros/mois (avec seulement 5 000 km/an).

Chez les particuliers, le véhicule électrique reste souvent cantonné aux trajets plutôt courts et récurrents du quotidien : « En effet, la distance moyenne parcourue par un automobiliste européen est largement inférieure à 60 km dans plus de 80 % des cas », reconnaît-on chez Renault. L’enjeu de l’augmentation de l’autonomie, c’est donc aussi de sortir le VE de cette niche et de pouvoir en faire le véhicule d’un foyer.

Signalons cependant une récente étude de l’association européenne de consommateurs Beuc citée dans un article des Echos qui signale que grâce aux évolutions technologiques et à l’augmentation progressive du marché (qui aura pour effet de faire baisser le coût de fabrication des VE), les courbes des prix entre voitures électriques et voitures à essence devraient s’inverser en 2024 !

Reste également, pour être complet dans l’explication des limites actuelles de ce marché, à évoquer le réseau des bornes de charge des véhicules électriques : ce sera l’objet du prochain article de notre dossier, à retrouver dès demain sur le Club Techni.Cités !

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