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Primaires de gauche

Jean-Luc Bennahmias : « l’accueil des migrants permettrait de repeupler les villages français »

Publié le 04/01/2017 • Par Marie-Pierre Bourgeois • dans : Dossiers d'actualité, France

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D.R.
La Gazette inaugure ses premiers grands entretiens des candidats à la primaire de gauche avec Jean-Luc Bennahmias. Longtemps députée européen, le conseiller communautaire de Marseille se veut "le candidat de la ruralité" des primaires organisées par le parti socialiste. Ancien proche de François Bayrou, le président du Front démocrate souhaite rester loyal à la réforme territoriale de François Hollande tout en faisant entendre sa différence.

Faut-il revenir sur la carte des régions ?

Il faut cesser de remettre en cause toutes les décisions politiques à chaque alternance. La continuité est nécessaire dans la gestion du pays. Mais je ne suis pas convaincu que les régions aient été découpées de la meilleure des manières. La Région PACA en est un bon exemple puisqu’il aurait été judicieux de suivre les confluents du Rhône pour en délimiter le tracé plutôt que de maintenir le statu quo.

Etes-vous favorable à la disparition du département sur le territoire des métropoles ?

Les départements très ruraux doivent garder leur statut actuel. Mais ce n’est pas le cas pour d’autres départements très urbains dans lequels la métropole recouvre la très grande majorité du territoire. On peut se demander à quoi sert encore le département de la Drôme quand la communauté d’agglomération Valence-Romans recouvre plus des deux tiers du territoire.

Faut-il élire les intercommunalités au suffrage universel sans fléchage ?

L’intercommunalité a mis du temps à être acceptée. Si des historiettes ancestrales ont longtemps occupé les débats, les élus locaux ont finalement compris l’intérêt évident des habitants. Pour donner du sens à cette notion qui reste trop souvent méconnue, élire les exécutifs intercommunaux à l’occasion des élections municipales est une bonne option.

Quelles compétences de l’Etat doivent être décentralisées ?

L’Etat est aujourd’hui déjà fortement décentralisateur. Mais pour simplifier la vie administrative française qui reste éminemment compliquée, il faut cesser de complexifier la transcription des directives européennes dans le droit français. Bien souvent, les collectivités sont perdues à cause de la complexité grandissante de nos textes législatifs.

Poursuivrez-vous la baisse des dotations engagées par le gouvernement ?

Si l’économie se relance, il n’y a pas de raison de continuer à mettre sous pression les dotations aux collectivités. Si elle peine à repartir, il faudra évidemment les moduler en terme de critères comptables. En tant qu’élu local, j’aimerais toutefois rappeler qu’il est très compliqué de faire évoluer les budgets. A l’échelle d’une municipalité par exemple, il est difficile de faire bouger le curseur et atteindre une baisse de 1 % est déjà un effort considérable. Quand j’étais conseiller régional Ile-de-France, on m’a souvent demandé pourquoi nous ne baissions pas le budget de l’orchestre d’Ile-de-France (NDLR : la Région lui a versé une subvention de 8,350 millions en 2016). Je demandais à chaque fois qui la Région devait licencier, plutôt le premier violon ou le contrebassiste ? Il faut donc garder en tête que les budgets sont très restreints et qu’on ne peut pas les faire évoluer chaque année.

Faut-il revoir la fiscalité locale ?

La taxe foncière et la taxe d’habitation sont profondément injustes. Des quartiers bourgeois sont parfois devenus très populaires ces dernières décennies sans que la grille sur laquelle a été indexée le calcul n’évolue. A Marseille, je vois régulièrement des barrières de filtrage pour faire patienter les citoyens à l’entrée des trésors publics. Les gens n’en peuvent plus de payer une taxe d’habitation exorbitante qui ne correspond plus à leur lieu de vie.

Quelle est votre priorité en matière de service public rural ?

Il faut avant tout être pragmatique pour assurer l’accès aux services publics sur tout le territoire. A Saoû dans la Drôme, la Poste est fermée le samedi alors même que c’est le jour du marché. Par ailleurs, les municipalités doivent soutenir les petits commerces parce qu’ils sont bien souvent le point d’appui des services publics, notamment dans les cafés-relais. Il faut enfin mettre l’accent sur la présence de l’école dans les communes rurales. Une école primaire qui ferme représente la mort symbolique d’un village.

L’accueil de 10 000 migrants en famille permettraient de rouvrir des classes et de repeupler des centaines de villages en France, avec l’accord du conseil municipal.

Faut-il contraindre les médecins à s’installer dans des déserts ruraux ?

Je suis opposé à la contrainte. Je penche plutôt en faveur des maisons de santé qui sont une bonne façon d’attirer des praticiens qui ne veulent plus travailler seuls. Les collectivités doivent continuer à favoriser leur installation.

Souhaitez-vous une recentralisation du RSA ?

Je souhaite mettre fin au RSA.

Etes-vous partisan d’un revenu minimum universel ?

J’y suis extrêmement favorable. Il doit se situer entre 700 et 800 euros afin d’abonder les revenus des personnes. Il doit permettre à toute activité salariale et entrepreneuriale d’être viable, même quand elle rapporte très peu, comme c’est souvent le cas dans les exploitations agricoles. C’est une réforme qui doit s’étaler sur deux mandats pour en permettre la mise en place progressive. Quant à la question de son financement, il ne faut pas oublier que les citoyens dépenseront cet argent et ne l’épargneront pas. La somme investie par l’Etat reviendra donc dans l’économie réelle. C’est une approche keynésianiste basique qui a déjà fait ses preuves et qui permettra la mise en place d’un cercle vertueux profitable à toute la société.

Cet article fait partie du Dossier

Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales

Sommaire du dossier

  1. Le Pen versus Macron : des visions parcellaires des politiques culturelles
  2. La fonction publique pilotée par les Comptes publics – Le casting du premier gouvernement Macron
  3. Collectivités : les sept travaux d’Emmanuel Macron
  4. Le sacre d’Emmanuel Macron
  5. Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales
  6. L’avenir de la fonction publique territoriale après l’élection présidentielle
  7. Réforme territoriale : le clash Macron-Le Pen
  8. Hervé Le Bras : « La nouveauté de cette élection, ce sont les clivages politiques à l’intérieur des régions »
  9. Présidentielle : faut-il supprimer le Sénat ?
  10. Ce qu’attendent les acteurs locaux des candidats à la présidentielle
  11. Présidentielle : faut-il réduire la part du nucléaire et accélérer la transition énergétique ?
  12. Présidentielle, législatives : quel coût pour les communes ?
  13. Le réseau Rn2a demande aux candidats de s’engager pour des archives « citoyennes »
  14. La lutte contre la fracture territoriale, le passage obligé des candidats ?
  15. Présidentielle : faut-il instaurer un revenu universel ?
  16. Présidentielle : le logement social doit-il être réservé aux plus pauvres ?
  17. Présidentielle : doit-on abroger la réforme territoriale ?
  18. Présidentielle : faut-il faire jouer la «Clause Molière» ?
  19. Les bibliothécaires demandent un équipement accessible en 15 min
  20. Les banlieues : grandes oubliées de la présidentielle ?
  21. Les propositions institutionnelles de Jean-Luc Mélenchon : en route pour une VIè République
  22. Présidentielle : faut-il nationaliser l’accès au numérique ?
  23. Primaire à gauche : ce que l’on sait des programmes des candidats
  24. Transition énergétique : ce que prévoient les candidats sur le volet financier
  25. Vieillissement : les candidats ne proposent rien de vraiment jeune
  26. Primaire de la droite et du centre : les fonctionnaires aux enchères ?
  27. Présidentielle : doit-on aller vers une laïcité de combat ?
  28. Logement : les programmes des candidats ne « cassent pas des briques »
  29. Présidentielle : faut-il supprimer des postes de fonctionnaires ?
  30. Nicolas Dupont-Aignan : « La France est en train de crever »
  31. Déserts médicaux : ce que proposent les candidats à la présidentielle
  32. « Les fonctionnaires en faveur de François Fillon parient qu’il ne tiendra pas ses promesses »
  33. Le comparatif des programmes des candidats à la primaire de droite
  34. Présidentielle : ce que propose Benoît Hamon pour rénover la démocratie
  35. Emmanuel Macron prescrit une cure de rigueur aux collectivités territoriales
  36. Revenu universel, réforme du RSA… Que proposent les candidats en matière de minima sociaux ?
  37. Comment relancer les investissements : les candidats répondent à la FNTP
  38. Le credo jacobin de Marine Le Pen
  39. Les candidats pas assez ambitieux pour la lutte contre la pauvreté selon les associations
  40. Alain Juppé, le Girondin
  41. François Fillon : les paradoxes d’un notable jacobin
  42. Jean-François Copé : « Fusionnons les départements et les régions »
  43. Présidentielles : l’environnement, ça commence à se défaire ?
  44. François Fillon : « Il faut réduire les effectifs dans la fonction publique »
  45. Alain Juppé : « Le statut de la fonction publique a ses raisons d’être »
  46. Nicolas Sarkozy : « Les fonctionnaires devront travailler davantage »
  47. Nathalie Kosciusko-Morizet : « Le statut du fonctionnaire n’a plus lieu d’être dans de nombreux domaines »
  48. Jean-Frédéric Poisson : « Mettons fin à la logique du déracinement en renforcant les départements »
  49. Bruno Le Maire : « Le statut de la fonction publique ne doit plus être la règle, mais l’exception »
  50. Jean-Luc Bennahmias : « l’accueil des migrants permettrait de repeupler les villages français »
  51. Pourquoi les élus à la culture demandent une reconfiguration de la Rue de Valois
  52. François de Rugy : « la décentralisation est le rendez-vous manqué de François Hollande »
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Commentaires

Jean-Luc Bennahmias : « l’accueil des migrants permettrait de repeupler les villages français »

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sirius

04/01/2017 11h09

Repeupler les villages , mais quels emplois proposer aux arrivants ? L’état actuel de nos villages s’explique ,en grande partie par le faible niveau d’activité économique .
Ajouter une population inactive ne ferait qu’ aggraver la situation .

Roseba75

06/01/2017 05h17

Mais monsieur Benhamias est-ce que vous croyez qu’un français sain d’esprit a envie de voir ses petits villages de Corrèze, d’Aveyron ou de Lozère, bâtis pierre par pierre et tuile par tuile par ses ancêtres, habités par des somaliens, des afghans ou des syriens ???

Est-ce que vous croyez qu’il a envie de voir la grange à blé érigée par son aïeul en 1783, transformée en école coranique et la forge de son arrière grand-père mort à Verdun, en mosquée ???

Est-ce que cette simple idée arrive à effleurer votre brillant esprit d’homme de gauche ???

Henri Tanson

07/01/2017 01h22

AH, il est fort Bennahmias !
Il faut absolument voter pour lui.
Enfin un homme politique qui a des bonnes idées.
Non ?
Je le trouve bien résigné sur la situation actuelle de la France : pour un candidat à l’élection suprême, celle qui décidera de la politique que nous allons choisir pour les cinq années à venir, il n’a que des petites recettes…
Aucune analyse de fond, aucun recul; insignifiant.

Henri Tanson

07/01/2017 01h26

En fait, Monsieur Bennhamias est seulement candidat à la primaire de la gauche…
Il n’a aucune ambition nationale mais veut juste profiter de l’occasion pour exister un peu et passer à la télé…
Ne nous étonnons pas qu’il n’ait donc pas le profil du poste !!!

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