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Economie collaborative

Débat Pascal Terrasse – Akim Oural : L’Etat, prescripteur ou observateur de l’économie collaborative ?

Publié le 22/12/2016 • Par Emilie Denètre • dans : Dossiers d'actualité, France

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denis_pc - Fotolia
Confrontés à la « révolution » que représente l'économie collaborative - à la française - pour le développement économique, Pascal Terrasse, député (PS) de l'Ardèche, et Akim Oural, adjoint à la maire à Lille, s'interrogent sur les territoires collaboratifs de demain.

Cet article fait partie du dossier

Le pari de l'économie collaborative

Certaines grandes villes, à l’image de Paris, demandent à l’Etat de les « laisser faire » dès qu’il s’agit d’économie collaborative. Qu’en pensez-vous ?

Pascal Terrasse : C’est vrai qu’il y a quelques agglomérations qui peuvent faire seules. En revanche, un grand nombre de territoires sont dans l’incapacité de le faire. Je suis pourtant « girondin » et décentralisateur, mais je ne peux pas imaginer que l’Etat ne joue pas son rôle de régulation et d’appui dans ce cas. Le risque, c’est que nous ayons d’une côté des grandes villes ultra-connectées et branchées et, de l’autre, des territoires démunis. Et ceux-ci sont, pour la plupart, des zones qui ont été désindustrialisées récemment. Il faudrait éviter qu’elles subissent une double peine… Il ne faut pas que cette chance de l’économie collaborative ne soit captée que par de grandes agglomérations « branchées ».

Akim Oural : Même si j’approuve l’idée d’un Etat-animateur de l’économie collaborative, je suis certain que le numérique nous amène petit à petit à construire une République fédéraliste. Même dans cette République, que j’aime et qui est mon cadre de pensée, je pense néanmoins que l’Etat doit « lâcher prise ». Car s’il ne le fait pas, et je suis provocateur, nous allons être dans une sorte d’incantation de l’égalitarisme qui n’est pas en rapport avec la diversité des situations en France. On risque de mettre sous perfusion – parfois avec des moyens très importants – des territoires qui, si on leur laissait développer des initiatives économiques propres, pourraient créer eux-mêmes de la valeur.

Comment les pouvoirs publics doivent-ils procéder ?

P. T. : Dans mon rapport, je préconise la création de 20 territoires collaboratifs expérimentaux. Une dotation de 30 millions d’euros a d’ailleurs été annoncée par le gouvernement. L’idée est ici de tester, de faire un retour d’expériences puis de généraliser ce qui fonctionne. Il s’agit finalement d’avoir une véritable politique publique de la transition numérique en France, comme on le fait déjà avec l’énergie. J’évoque aussi la création d’un « Observatoire de l’économie collaborative », une autorité nationale identifiée qui puisse parler au nom de tous les territoires à Uber ou à Amazon. On pourrait faire travailler ensemble des acteurs économiques, des administrations et des représentants d’élus locaux et nationaux.

A. O. : Je partage évidemment cette idée d’expérimentation, qui est selon moi la bonne porte d’entrée pour faire grandir l’économie collaborative. A une nuance près : je ne pense pas que tout sera « généralisable » ou « réplicable ». Pour moi, la résilience territoriale viendra avant tout des acteurs locaux et des relais de l’Etat dans les territoires.Il faut surtout que les mentalités changent, notamment au niveau de la commande publique qui ne permet pas aujourd’hui de déroger à la règle commune. Laisser tel ou tel territoire expérimenter des processus particuliers avec des start-up qui répondent effectivement à leurs besoins est ma vision d’une République solidaire.

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