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Gouvernement

Bernard Cazeneuve : un élu local à poigne devenu premier ministre

Publié le • Par • dans : A la une, France

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Cazeneuve APVF Paimpol © APVF

L’arrivée à Matignon de Bernard Cazeneuve constitue le point d’orgue d’une carrière politique entamée il y a plus de vingt ans dans la Manche.

 

De la pointe du Cotentin à Matignon… Derrière l’image et la stature d’homme d’Etat qu’il a acquise aujourd’hui, le nouveau Premier ministre a construit son ascension politique en Normandie, plus précisément à Cherbourg. Originaire de la région parisienne, le jeune socialiste fabiusien s’installe dans la Manche en 1994, après sa victoire dans le canton d’Octeville.

Les premiers pas d’un élu de terrain

L’année suivante, il remporte la mairie de cette commune limitrophe de la grande soeur cherbourgeoise. Le début d’une montée en puissance dans les méandres de l’action publique locale.
Travailleur, obstiné, le jeune élu se taille, peu à peu, un fief. En 1997, il se fait élire député de la 5ème circonscription de la Manche. « A force de patience et d’abnégation, il a su se faire aimer des habitants », se souvient Régis Buquet, son directeur de cabinet de 2001 à 2012, aujourd’hui fidèle collaborateur de Benoit Arrivé (PS), le successeur de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Un maire qui n’aimerait pas la contradiction

Cela étant, ce soutien local ne le préserve pas de certains revers. En 1999, il échoue ainsi à réunir dans un même ensemble les six communes qui composaient, il y a encore peu, la communauté urbaine de Cherbourg. Le référendum, organisé auprès des habitants, ne donne pas les résultats escomptés.

« C’est son grand échec », tacle David Margueritte, élu municipal d’opposition de Cherbourg en Cotentin et son adversaire LR aux législatives de 2012. « Bernard Cazeneuve a du mal à supporter la contradiction, il a tendance à se crisper », pique son adversaire politique pour analyser cette défaite.

Cette dernière sera vite oubliée. Un an plus tard, en 2001, il devient maire de Cherbourg Octeville, poste qu’il occupera jusqu’à sa nomination au gouvernement en 2012. En 2004, il est également élu 1er vice-président de la Région Basse-Normandie, pilotant, entre autres, le comité régional de tourisme normand.

« En une décennie, il a imprimé sa marque à Cherbourg », considère Régis Buquet qui insiste notamment sur les grandes opérations de renouvellement urbain, ou encore sur une stratégie de promotion de la ville via l’évènementiel nautique.

Pour David Margueritte, le bilan apparaît, sans surprise, moins reluisant : « Il a agi en fonction de ses lubies, en particulier, avec la construction d’une nouvelle galerie commerciale de centre-ville qui compte, aujourd’hui, 35% de cases vides. »

Une vraie reconnaissance locale

Reste que, dans sa circonscription, la popularité de l’ancien député-maire ne semble pas s’éroder. En 2012, il est réélu dès le 1er tour avec plus de 55 % des voix.

Si l’homme peut être cassant, « brutal parfois », selon ses opposants, c’est aussi un fin stratège, un élu local qui a su se constituer des majorités solides au sein des différents organes délibérants qu’il a présidé.
Infatigable soutien de la filière nucléaire, il a travaillé de concert avec les écologistes locaux. En matière de démocratie participative, le nouveau Premier ministre s’est mué en innovateur territorial. « Il a mis en œuvre la loi sur les conseils de quartiers alors même que le texte de 2002 ne le prévoyait pas pour une commune de notre taille », rappelle son ancien directeur de cabinet.

Son arrivée à Matignon, un vrai changement pour Cherbourg ?

Depuis 2012 et son ascension nationale, Bernard Cazeneuve ne s’est jamais détourné de Cherbourg. « Il continue d’être présent, de distiller ses conseils aux uns et aux autres », croit savoir David Margueritte.

Depuis le ministère de l’Intérieur, l’élu normand a eu à gérer deux grands dossiers aux implications importantes pour le bassin cherbourgeois. « Sa présence au sommet de l’Etat nous a facilité la tâche pour la construction de la commune nouvelle », souffle Régis Buquet. L’aboutissement, enfin, de son ambition de voir l’émergence d’un grand Cherbourg.

Autre point sur lequel le locataire de la place Beauvau s’est beaucoup investi ? La fusion des régions Basse et Haute-Normandie. Sur ce dossier miné, il a manœuvré avec tact, en restant au-dessus de la mêlée. « Il a fait en sorte que les choses se passent le mieux possible », convient David Margueritte.

La nomination de Bernard Cazeneuve à Matignon annonce-t-elle de futures bonnes nouvelles pour Cherbourg ? « Cela devrait permettre de faire avancer quelques dossiers », veut croire Régis Buquet.

De son côté, son ancien adversaire de droite aux législatives avoue son scepticisme : « En toute sincérité, je n’arrive pas à voir ce que sa présence au gouvernement nous a apporté. » Reste cinq mois au nouveau Premier ministre pour le faire mentir…

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Thèmes abordés Collectivités territorialesEtat et collectivités locales

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  1. 1. Pad 08/12/2016, 09h35

    Et si ce monsieur commençait par avoir la courtoisie de répondre aux courriers qui lui sont adressés, cela lui donnerait de la crédibilité !...

  2. 2. François 07/12/2016, 15h36

    Quel respect du peuple !
    La fusion a été refusée par referendum. Qu'à cela ne tienne, comme pour toutes les communes nouvelles, on passe par-dessus la volonté populaire en faisant voter les conseils municipaux qui n'ont pas été élus sur ce programme...
    Le manège est connu : l'Europe, les grands sujets de société depuis des décennies... Comme le peuple n'est pas mature, on prend les décisions contre son avis, "pour son bien" avec l'appui de la PQR ou de la presse nationale qu'on tient par les subventions.
    C'est beau la démocratie. Merci à la Gazette d'ouvrir un espace d'expession sur les sujets traités.

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