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Fusion des régions

La Région Occitanie, au milieu du gué

Publié le • Par • dans : A la Une RH, Régions • Club : Club RH

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Les 7 et 8 décembre , le comité technique devrait valider la seconde vague de nominations à la tête des 30 nouvelles directions de la région Occitanie. En 2017, les discussions vont continuer avec les partenaires sociaux pour harmoniser les conditions d’emploi de l'ensemble des 6 633 agents.

 

 

Pour Simon Munsch, directeur général des services (DGS) de la région Occitanie depuis janvier 2016, la nouvelle entité, regroupement du Languedoc-Roussillon et de la Midi-Pyrénées, ne doit pas être le résultat « d’une addition, d’une moyenne ou d’une comparaison ». « On m’a donné pour mission de construire avec les agents une nouvelle région, de donner du sens, de réfléchir et de réinterroger ce sens. Chacun des agents voulait défendre son propre système sans chercher à le réinterroger. Or, mon objectif est de leur donner l’occasion de proposer des solutions pour conduire les politiques publiques », rappelle-t-il.

L’accompagnement au changement

L’idée est de passer d’une organisation pyramidale dans les deux ex-régions à un nouveau mode de management, plus horizontal et transversal, facilitant les initiatives et les échanges.

Avec ce parti pris et celui de ne pas imposer la mobilité géographique, il a développé une méthode pour réorganiser les services et mettre les  6 633 agents en position de répondre aux nouveaux défis que la région Occitanie doit relever : un territoire grand comme l’Irlande, des compétences accrues dans le domaine des transports et en matière de développement économique, et un rôle renforcé dans l’aménagement du territoire et la gestion des fonds européens.

Son passé de directeur général des services chargé de la conduite du changement au Conseil régional des Pays de la Loire a déterminé Simon Munsch à conduire en interne toute la démarche. Il s’appuie sur la directrice générale déléguée en charge de l’accompagnement au changement qu’il a nommée dès sa prise de fonction. Ancienne directrice générale adjointe du conseil départemental de la Haute-Garonne, Ghislaine Lala-Alquier est par ailleurs responsable de l’innovation managériale et de la mise au point de nouvelles politiques publiques.

350 cadres encadrants

Le DGS a procédé par étapes : il a d’abord invité les 350 encadrants de la nouvelle collectivité à revisiter leurs pratiques au sein d’ateliers et de séminaires animés par lui-même avec l’aide du cabinet nantais Fleur de sel conseil. Les discussions ont abouti à la présentation, le 15 juin 2016, en comité technique d’une nouvelle organisation, reposant sur 30 directions, contre 44 auparavant. Parmi les nouveautés, on peut citer la création d’une inspection générale des services. Les organigrammes de la moitié des directions ont été validés au comité technique de septembre. Ceux de l’autre moitié seront soumis au comité technique des 7 et 8 décembre.

Chaque direction est tenue par un binôme directeur-directeur délégué, l’un basé à Toulouse, l’autre à Montpellier. Le directeur est « le patron », mais le délégué a une réelle autonomie. Car l’objectif est bien d’instaurer une « intelligence collective » et de questionner ensemble les stratégies.

Mobilité fonctionnelle

Au niveau de la direction générale, Simon Munsch est entouré de huit directeurs généraux délégués. Dans la logique de culture de projets et de transversalité, ces anciens DGA issus des deux ex-régions confirmés en juillet 2016, ne sont pas des supérieurs hiérarchiques. « Coachs des 30 binômes « directeurs-directeurs déléguéss, ils font partie d’une direction générale collective. Je peux leur demander de faire plus que leur champ de compétences. Par exemple, le directeur général délégué à l’aménagement s’est occupé des états généraux du rail », commente le DGS.

Au sein de chaque direction, la réorganisation des services est en cours. Pour accompagner la forte mobilité fonctionnelle, un poste de conseiller en évolution professionnelle a été créé dans chacune des deux directions des ressources humaines, maintenues à Toulouse et Montpellier. En 2017, la collectivité prévoit un plan de formation et un séminaire avec le nouvel encadrement pour écrire le projet administratif.

Réorganisation anxiogènes

Selon les syndicats, cette réorganisation est très anxiogène. « Les agents sont en souffrance, car ils ne savent pas ce qu’ils vont devenir. Qu’en sera-t-il de leur poste, de leur métier ? Leur service, qui était à Montpellier, sera-t-il transféré à Toulouse ? », rapporte Thierry Vernière, de l’Unsa-territoriaux. Très opposée à cette réorganisation, la CGT estime, elle, que « les missions des nouvelles directions ne sont pas clarifiées » et réclame une étude d’impact de la fusion sur les risques psycho-sociaux.

Dans ce contexte, la collectivité doit conduire le vaste chantier d’harmonisation des conditions d’emploi avec un début des négociations en 2017. Selon les syndicats, les différences sont en effet très importantes entre les deux anciennes administrations régionales : temps de travail, action sociale, conditions d’attribution de la prime hors régime indemnitaire, etc. A ce jour, seuls les régimes indemnitaires des catégories B et C ont été unifiés. Cette première mise à niveau, réalisée en octobre, aura coûté 1,6 millions d’euros.

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Schéma de territorialisation

L’autre chantier est la mise en place d’un schéma de territorialisation de l’action de la région à travers la création de « maisons de la région » dans chacun des 13 départements. Elles vont accueillir une partie des équipes issues des agences de développement économique ou comités d’expansion départementaux que la région récupère au 1er janvier au titre du transfert de compétences. Ces 13 antennes, construites sur le modèle des maisons de l’emploi-formation en vigueur en Languedoc-Roussillon, hébergeront une quarantaine de ces nouveaux agents, ainsi que 200 autres issus des services de transport départementaux et les équipes en charge de l’emploi et la formation.

Enfin, le pilotage de la région Occitanie a nécessité la mise en place de nouveaux outils. Ainsi, une navette d’une capacité d’accueil de huit personnes circule matin et soir, du lundi au vendredi, entre Toulouse et Montpellier distantes de 240 km. Par ailleurs, 40 salles ont été aménagées pour la visio-conférence.

 

L’organigramme de la Région

112 services répartis dans 30 directions, dont trois non multi-sites : la Direction des Assemblées et les 2 directions des ressources humaines.

12 directions de projets

114 services dirigés par un responsable de service et un responsable de service délégué. Cinq nouveaux postes ont été créés pour la Direction de la Mer, l’Inspection Générale des Services, les Directions des Ressources Humaines (deux postes de conseillers-ères en évolution professionnelle).

6 633 agents (1 741 Agents des Services Généraux, 4 761 Agents Régionaux des Lycées, 131 agents des ports) :

Nombre total d’agents à Toulouse : 3 389 agents (906 Agents des Services Généraux, 2 483 Agents Régionaux des Lycées)

Nombre total d’agents à Montpellier : 3 244 agents (2 278 Agents Régionaux des Lycées, 131 ports, 835 Agents des Services Généraux).

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Thèmes abordés Réforme territoriale

Régions Occitanie

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  1. 1. ssrw38 09/12/2016, 10h44

    "On nous avait bien dit que la réforme occasionnerait des économies de fonctionnement....." mais ça c'était avant ! ! !
    Avant que cette réforme si peu réfléchie par de si nombreux hauts fonctionnaires parisiens n'entre en vigueur.
    Et nous n'avons pas encore les retours des citoyens, des usagers des services publics impactés par cette réforme, ni des autres collectivités locales tout aussi fortement impactées.
    Et quid du nombre de vice président(e)s machin chose... de leurs pléthoriques cabinets et chargés de mission ?

  2. 2. François 08/12/2016, 18h07

    Comme on le voit la diminution du nombre des régions se traduit par des économies : 60 directeurs au lieu de 44 (eh oui 30 + 30), une augmentation du RI de 1,6 milion d'euros, des navettes quotidiennes entre les deux villes, 40 postes nouveaux pour les agents des maisons de la région (dans quels locaux ?) 5 postes nouveaux dans les directions...
    Des formations avec un cabinet privé.
    On nous avait bien dit que la réforme occasionnerait des économies de fonctionnement.....

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