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Toujours plus chère sécurité pour les communes

Publié le • Par • dans : A la Une finances, Actualité Club finances, France • Club : Club finances

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© © Bertrand Holsnyder

La menace terroriste a entrainé le renforcement des mesures de sécurité dans les villes. Les coûts s’envolent en conséquence. Mais là aussi, résident quelques pistes d’optimisation financière pour au moins préserver le niveau de service à moindre coût. Début de réponse.

 

Dans le cadre de la vigilance attentats liée à l’état d’urgence depuis novembre 2015, les élus locaux, maires en tête, doivent prendre des mesures pour protéger les citoyens. Assurer la protection des espaces et bâtiments publics, des évènements, etc. a aussi un coût pour les collectivités qui doivent déployer du personnel et du matériel supplémentaires. A Marseille (855 393 hab., Bouches-du-Rhône) par exemple, « 26 millions d’euros ont déjà servi entre 2008 et 2014 à renforcer la sécurité », précise Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe au maire en charge de la sécurité publique.

Effectifs de policiers municipaux renforcés

Côté personnel, les collectivités renforcent surtout leurs effectifs de police municipale. A Marseille, ils sont passés de 200 à 420 entre 2008 et 2016, dans le cadre d’une politique plus large que la seule prévention d’une attaque terroriste. A Poissy (37 461 hab., Yvelines), « suite aux préconisations du préfet, deux à trois agents sont désormais présents en permanence lors des évènements (marchés de Noël, brocantes, spectacles, etc.) pour assurer l’ouverture des sacs et le contrôle des accès, alors qu’avant nous n’assurions que des passages, explique Franck Marone, chef de la police municipale. Cela représente 50 heures supplémentaires par mois, soit 15 000 euros par an », évalue-t-il.

Au Mans (144 244 hab., Sarthe), le coût en policiers municipaux et médiateurs pour assurer la sécurité des principales animations (braderie, foire aux oignons et marché de Noël 2015) a été de 10 000 euros en 2016, auxquels il faut rajouter 15 000 euros en vigiles privés (gardiennage, filtrage, fouilles visuelles). A Sanary-sur-Mer (16 047 hab., Var), cet été, la commune a recruté trois vigiles supplémentaires (10 000 euros), car elle n’avait pas à disposition suffisamment de policiers municipaux (11 agents). « Les vigiles ont été affectés à la surveillance des spectacles, au débarquement des croisiéristes : on ne veut pas perdre nos bateaux de croisière », assure le maire Ferdinand Bernhard.

Collaboration avec l’Etat

Un peu partout, l’affectation des moyens se fait de plus en plus en collaboration étroite avec les préfectures et les forces de sécurité intérieure (police ou gendarmerie). A Marseille par exemple, « nous travaillons avec le préfet de police et le Directeur de la sécurité publique : nous leur demandons si tel évènement peut être organisé, quitte à l’annuler si la sécurité ne peut être assurée. Il nous faut en effet évaluer les moyens nécessaires en policiers municipaux en fonction des préconisations des autorités de l’Etat et des moyens prévus par ce dernier en policiers nationaux. On est passé d’une vigilance à des préconisations sonnantes et trébuchantes », explique Caroline Pozmentier.

A ce jour, seul le survol du littoral marseillais par la patrouille de France a été annulé le 13 août dernier, peu après le drame de Nice. La ville travaille actuellement dans cet esprit de coordination sécuritaire au ‘Dimanche de la Canebière’ de janvier 2017 et aux évènements liés à ‘Marseille capitale du sport’ en 2017.

Les coûts induits en agents administratifs et techniques liés à la prise d’arrêtés interdisant le stationnement, prévoyant un plan de circulation ou même la fermeture de rue… en fonction des évènements organisés, engendrent aussi nécessairement des heures supplémentaires. Ainsi au Mans, les prestations techniques des agents (matériel et temps passé – heures supplémentaires en partie – pour barriérage, plots, palissades…) ont coûté 54 700 euros en 2016 pour les différentes manifestations organisées par la ville.

Mutualiser avec la sécurité privée et la police nationale

Les moyens matériels sont aussi renforcés. A Marseille, tous les policiers municipaux, seront dotés d’un révolver de service à partir de mars 2017, après un stage de formation aux armes à feu. Depuis 2008, ils ont progressivement été équipés de gilets pare-balles et 1 000 caméras de vidéosurveillance ont été installées.

Les dispositifs anti-intrusifs sont également appelés à être développés. C’est le cas à Sanary-sur-Mer qui, pour contrôler la fréquentation sur le port, s’est doté de barrières renforcées et de herses anti-intrusion. A Poissy, des plots plastiques ont remplacé les barrières devant les écoles et autres crèches : « C’est 5 000 euros de dépenses, mais aussi une heure par jour économisée, le personnel n’ayant plus à mettre et enlever chaque jour les barrières », note Franck Marone. Les établissements scolaires sont en effet aussi concernés. Pour ses collèges, le Conseil départemental de la Sarthe a prévu 500 000 euros d’alarmes anti-intrusion : « Nous attendons un référentiel de la préfecture pour guider l’état des lieux et le plan d’action », indique-t-on au Conseil départemental.

Optimisation possible ?

Malgré les menaces, le poste sécurité menacé d’une perpétuelle et coûteuse surrenchère, doit être réinterrogé pour optimiser la dépense. On limitera par exemple les besoins en personnel, en « organisant les manifestations dans des lieux offrant une sécurité maximale, faciles à clôturer avec seulement un ou deux check-point », conseille Franck Marone. Les nouvelles technologies aussi peuvent réduire les besoins (vidéosurveillance), augmenter la réactivité.

« Il faut aussi mutualiser les moyens avec la sécurité privée, travailler à un centre de veille unique entre notre centre de supervision urbain et le centre de commandement de la police nationale », anticipe Caroline Pozmentier. A Marseille, on travaille aussi à un Big data de la tranquillité publique : « En croisant les données des pompiers, de nos services Urbanisme, Emplacements, Circulation ou Police municipale…, poursuit l’élue, on saura combien de camions, barrières ou policiers municipaux mettre à tel endroit ». Face aux coûts, la vigilance s’impose donc aussi.

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