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Politiques publiques

Les villes font-elles toutes la même chose ?

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, Dossiers d'actualité, France

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Les villes font-elles toutes la même chose ? Les villes font-elles toutes la même chose ? © P.Distel/La Gazette

Tramway, piétonnisation des centres-villes et densification : les métropoles partagent peu ou prou les mêmes priorités. A l'origine imaginées par des maires militants PS, ces politiques ont été reprises partout, dopant la rente immobilière. Synonyme de technicisation, la décentralisation a rapproché les points de vue. L’intercommunalité et la gouvernance multi échelons ont fait le reste. En matière d’attractivité économique et culturelle s’est imposée une forme de pensée unique locale.

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Les villes font-elles toutes la même chose ?

 

«Changer la ville » : tel était le mot d’ordre des maires militants socialistes élus en 1977. Pour eux, il fallait refuser de déléguer les services publics au privé, casser les grands ensembles inhumains en pratiquant, si besoin, des expropriations massives ailleurs. En face, les cadets de la droite de 1983 ne mettaient pas non plus leur drapeau dans la poche. Ils jetaient les bases des premières polices municipales, multipliaient les subventions aux écoles privées en limitant le champ du logement social. Marqués et revendiqués, ces clivages se sont estompés.

01 – Des élus techniciens

La décentralisation, synonyme à bien des égards de technicisation, a fait son œuvre. Les maires de choc, comme « le Saint-Just breton », Edmond Hervé (PS), à Rennes, se sont peu à peu notabilisés. Leur ont succédé des élus moins politisés, plus techniciens. Des édiles parfois diplômés de masters spécialisés dans les questions territoriales et formés dans les cabinets ou les services des collectivités, à l’instar de Johanna Rolland (PS), à Nantes.

Au moment de désigner les têtes de gondole des partis, la compétence l’emporte de plus en plus sur les brevets militants. C’est particulièrement flagrant au sein de la région-capitale. A Montrouge (Hauts-de-Seine), l’ancien délégué général de l’Assemblée des communautés de France, Etienne Lengereau (UDI), vient de prendre les commandes de la mairie. Du côté de Vincennes (Val-de-Marne), c’est l’ex-consultant en finances locales, Laurent Lafon (UDI), qui détient les clés de l’hôtel de ville. Son adjointe aux finances locales et à la performance de l’action publique, Charlotte Libert-Albanel, est directrice de projets au secrétariat général pour la modernisation de l’action publique. A Saint-Maurice, dans le même département, son homologue, Igor Semo, manage les relations institutionnelles chez Suez Eau France. Il fut auparavant cadre à la direction générale des collectivités locales du ministère de l’Intérieur.

02 – Une gouvernance pluraliste

L’intercommunalité a appris à des élus municipaux de couleurs différentes à travailler ensemble. Quitte à gommer leurs préférences partisanes ? « Une fois que les équilibres électoraux ont joué dans la répartition des postes, les clivages deviennent très feutrés, presque indicibles », observe Jean-Luc Bœuf, directeur général des services de la ville et de la communauté d’agglomération de Quimper (Finistère).

Les élus communautaires le répètent à l’envi : « Un tramway ou un système d’assainissement ne sont ni de gauche, ni de droite. »

Très contestées à l’origine, les lois imposant 20 % de logements sociaux ou des aires de gens du voyage, ont, par la force des choses, rapproché les politiques communautaires. Les financements croisés et les contrats de plan Etat-région ont servi de ciment à une gouvernance pluraliste que viennent consacrer les nouvelles conférences territoriales de l’action publique. Un consensus cependant fragile.

La raréfaction de l’argent public et la fin de la clause de compétence générale des départements et des régions pourraient bien marquer, selon Jean-Luc Bœuf, un retour au bon vieil adage « chacun chez soi et les vaches seront bien gardées ».

03 – Des priorités partagées

Les grandes controverses se font de plus en plus rares. « L’amélioration du cadre de vie, fondé sur des programmes de logement à visage humain, est devenue une aspiration partagée. En parallèle, le phénomène sécuritaire s’est imposé à tous », résume Jean-Charles Manrique, président de l’Association des directeurs généraux de grandes collectivités.

Est-ce à dire que les collectivités mènent des politiques indifférenciées ? « Il existe des différences d’approche dans l’équilibre à trouver entre les usagers et les contribuables dans le financement des services publics. Choisir douze barèmes, plutôt que six, pour la tarification des activités périscolaires, ce n’est pas neutre », juge Jean-Charles Manrique.

S’il fait entendre sa différence sur le logement ou la démocratie participative (lire ci-dessus), le maire (PCF) de Montreuil, Patrice Bessac, affiche un relatif pragmatisme en matière économique. « Pour des villes harmonieuses, les élus doivent accorder la priorité à un certain type de développement économique. Ma commune privilégie l’innovation et les start-up » : son propos ne jurerait pas dans la bouche de l’un des collègues UDI ou LR de la métropole du Grand Paris.

Au « changer la ville » succède la « ville attractive ». Les grands événements culturels occupent, dans ce mouvement, une place de choix. Lille a longtemps surfé sur le succès de la capitale européenne de la culture. Lyon mise sur sa Biennale de la danse. Le nec plus ultra reste Nantes.

Comme le relève le politologue Gilles Pinson, « l’artiste Jean Blaise, avec sa culture destroy et décapante, est devenu le vecteur d’image d’une ville décalée. Il a construit la métropole Nantes – Saint-Nazaire avec du land art. L’entrepreneur aux marges a obtenu le monopole de la culture ». Comme il paraît loin le temps du mandat de Michel Chauty (RPR). Le premier magistrat de Nantes, surnommé le « sécateur maire », coupait dans les subventions à Jean Blaise et à ses amis, dont il jugeait les œuvres « pornographiques ». A gauche, comme à droite, la culture, jadis alternative, est devenue une puissante dynamo de promotion des villes.

« Le logement public reste un marqueur de gauche »

Patrice Bessac, maire (PCF) de Montreuil

Il y a une technocratisation, une manière de gérer dans un bureau les problèmes que rencontre la population. Il y a aussi une langue de bois qui met le mot territoire à toutes les sauces. On parle sans cesse d’optimisation. Si j’estime qu’un euro dépensé doit être utile socialement, je ne considère pas que les élus ont pour charge de se substituer à l’administration. Je suis aussi de ceux qui pensent que la gauche et le Parti Communiste doivent se réinventer. L’urbanisme des années 70 a coûté très cher à la collectivité publique. La mixité sociale passe par le logement public. C’est là, pour moi, un marqueur, au même titre que la démocratie participative qui prend son essor dans des villes de gauche : Paris, Grenoble et Montreuil.

 

« La droite décomplexée, cela existe aussi en matière locale »

Alexandre Vincendet, maire (LR) de Rillieux- la-Pape

Depuis 2014, Rillieux-la-Pape a connu une alternance franche et forte. J’ai supprimé les six jours du maire et deux autres jours de congés illégaux. Je ne suis déjà pas pour les 35 heures, alors moins, ce n’était pas possible. J’ai aussi doublé les effectifs de police municipale. Ce qu’a fait Jean-François Copé à Meaux sur la sécurité, mais aussi sur la rénovation urbaine, est pour moi une source d’inspiration. Mais si la droite décomplexée existe en matière locale, je ne fais pas pour autant du Copé-collé. Je suis avant tout pragmatique. Je ne confonds pas lutte contre le communautarisme et combat particulier contre les musulmans. Moi, la double portion de frites dans les cantines scolaires, je ne l’avale pas…

 

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