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Lutte contre le sida

Les territoires en lutte contre le sida

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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elus-contre-sida-une © ELCS

A quelques heures de la journée mondiale de la lutte contre le VIH, l’Assemblée nationale a accueilli le 29 novembre les états généraux des élus locaux contre le sida. Les chiffres de la maladie en France sont autant de défis lancés aux collectivités.

 

Chiffres-clés

Les chiffres du sida en France:

  • 6 000 nouveaux cas déclarés chaque année
  • 152 000 séropositifs
  • 50% des séropositifs  vivent sous le seuil de pauvreté
  • 20% des malades ne savent pas qu'ils sont atteints du sida

Parce que « le sida se soigne aussi par la politique »,  l’association des élus locaux contre le sida, fondée en 1995 par Jean-Luc Romero-Michel (PS), sonne à nouveau le tocsin de la mobilisation des collectivités. Alors qu’aujourd’hui en France, le sida ne tue plus, il reste deux grands chantiers sur l’écheveau : la prévention, alors que certaines populations comme les migrants, les travailleurs du sexe ou les habitants d’Outre-Mer, restent les plus vulnérables et la lutte contre les discriminations, qui isolent les séropositifs, comme les populations LGBT.

« Et si les collectivités décidaient d’en faire plus pour lutter contre le sida ? », se demande donc à la tribune des états généraux de l’association, Annick Girardin, la ministre de la Fonction publique. Qui insiste en expliquant que « c’est un combat dans lequel tous les élus, locaux comme nationaux doivent prendre leur part », tout en rappelant que la fonction publique forme désormais ses agents à la lutte contre la discrimination.

Les grandes villes françaises, en pointe sur la lutte contre le sida

« Parce que les villes ont la responsabilité qu’aucun citoyen ne soit à l’écart et que nos territoires doivent être le plus inclusif possible », la capitale française est à la manœuvre, comme l’explique Didier Jomier, adjoint à la maire de Paris chargé de la santé.
En décembre 2014, Anne Hidalgo accueillait ainsi 32 maires étrangers pour signer la déclaration de Paris qui vise à donner un coup d’accélérateur pour réaliser les objectifs « 90-90-90 » de l’ONUSIDA.
Une initiative qui a fait des émules puisque l’objectif de la présidente de Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, est désormais de permettre aux enfants qui naîtront sur son territoire en 2020 d’appartenir à « la génération qui ne connaîtra pas le sida ».

L’objectif « 90 90 90″ à horizon 2020, formulé par l’ONUSIDA, se décline sur trois volets :

  • 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique,
  • 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable
  • 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée.

La ville de Grenoble (Isère) s’est elle aussi emparée du sujet après l’élection d’Eric Piolle (EELV) en 2014. Présence des acteurs de la lutte contre le sida au marché de Noël, fresque de street-art en plein centre pour sensibiliser à la prévention, happening autour des trams de la ville…
« Nous écoutons les associations qui nous disent qu’elles ont besoin de visibilité pour continuer à lutter efficacement contre le VIH », confirme Emmanuel Carroz, l’adjoint au maire de Grenoble délégué à l’égalité des droits et à la vie associative.

Les petites communes aussi agissent

Ce volontarisme n’est pas réservé aux territoires urbains. La preuve avec le témoignage d’Olivier Dussopt, député-maire (PS) d’Annonay (Ardèche) et président de l’Association des petites villes de France (APVF).

« On a longtemps cru que le sida était une maladie des grandes villes. Et quand quelqu’un, dans une commune rurale, était malade, il allait se faire soigner dans un grand hôpital. Ce n’est plus vrai ». Et l’ancien plus jeune député de France de citer les initiatives de petites communes comme Guéret (Creuse), Avallon et Joigny (Yonne) qui ont chacune décidé d’ouvrir un centre de dépistage.

Dans sa ville d’Annonay, la première commune du département, Olivier Dussopt explique « qu’aucune initiative particulière » n’avait été prise sur le terrain du sida avant 2008 et ce, alors même que le nombre de médecins généralistes est inférieur à 60% de la moyenne nationale.

Depuis son arrivée à la mairie, les avancées se sont multipliées. « Nous organisons chaque année un forum de prévention avec les lycéens. C’est un public adolescent qui n’a pas d’autre lieu pour discuter de la prévention des infections sexuellement transmissibles comme le sida. Grâce aux contrats de ville, nous avons également pu lancer un lieu d’écoute anonyme qui permet un dépistage et une éventuelle orientation médicale », développe Olivier Dussopt.
« Enfin, nous avons souhaité former nos agents municipaux, notamment ceux en contact avec la jeunesse. Nous leur avons distribué des kits de prévention qui contiennent des préservatifs », continue-t-il.

Une prévention dans les territoires qui passe par la mutualisation et la coopération

Malgré la volonté des petites communes, le député-maire ne cherche pas à cacher les difficultés. « A Annonay, nous pouvons mener une vraie politique de prévention parce que les contrats de ville contiennent un volet directement liés à ces questions. Pour les petites villes qui n’en bénéficient pas, c’est autrement plus compliqué. »

Autre axe qui pose problème, la question de la mutualisation. « Nous n’avons pas besoin d’un chargé de mission à plein temps sur cette question. Mais si nous pouvions partager sa présence sur plusieurs territoires voisins, cela permettrait de formidables avancées. Nous devons également développer nos coopérations avec les centres hospitaliers qui disposent d’une expertise que nous n’avons pas dans les centres de dépistage. C’est à ces conditions que nous tiendrons notre objectif des 90-90-90 », conclut l’édile.

La « scandaleuse » censure de la campagne de prévention

Un objectif atteignable pour Jean-Luc Romero, « si certains élus cessent de censurer de façon scandaleuse les campagnes de prévention ».  A Aulnay (Seine-Saint-Denis), par exemple, le maire Bruno Beschizza (LR) a pris un arrêté municipal au motif que ces affiches « portent atteinte à la dignité, au risque de heurter la sensibilité de l’enfance et de la jeunesse ».

Le conseiller Ile-de-France n’est pas le seul à avoir en ligne de mire la dizaine de maires qui ont décidé d’interdire la campagne gouvernementale de prévention du sida. Marisol Touraine, la ministre de la Santé a ainsi décidé de saisir la justice administrative pour contester cette « censure ».

Pour Emmanuelle Cosse, ministre du logement, de telles décisions sont également « incompréhensibles » : « Pour faire de la prévention, il faut parler simplement. Oui aujourd’hui, ce sont les relations homosexuelles et la consommation de drogue qui sont facteurs de contamination. Nous devons tous être aux côtés des acteurs associatifs pour défendre cette campagne. »

Une mesure d’autant plus compliquée à comprendre pour Estelle Grelier, secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales, que « la libre administration des collectivités ne doit pas empêcher la liberté des campagnes d’affichage ». Un argument de taille pour Jean-Luc Romero qui rappelle qu’« être élu dans les territoires, c’est s’occuper de tous les citoyens sans dogmatisme. La morale n’a rien à voir avec les enjeux de santé publique qui sont les nôtres ».

 

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