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[Opinion] Fonction publique

Fonctionnaires : les raisons d’un «désamour»

Publié le • Par • dans : France, Opinions, Toute l'actu RH

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Silhouettes sombres © Getty

Sans aller dans le détail des propositions des sept candidats à la primaire de la droite et du centre on peut considérer que quatre millions d’électeurs (tous de droite ?) sont convaincus qu’il est possible, voire souhaitable, de supprimer jusqu’à 500 000 agents publics (pas tous fonctionnaires) si l’on retient la version la plus radicale de ce vaste projet.

Bernard Perrin © B.Perrin

Bernard Perrin, Administrateur territorial honoraire

 

Sans aller dans le détail des propositions des sept candidats à la primaire de la droite et du centre on peut considérer que quatre millions d’électeurs (tous de droite ?) sont convaincus qu’il est possible, voire souhaitable, de supprimer jusqu’à 500 000 agents publics (pas tous fonctionnaires) si l’on retient la version la plus radicale de ce vaste projet.

Un véritable camouflet pour l’ensemble de la fonction publique, et plus particulièrement pour la fonction publique territoriale qui participe à hauteur de deux millions d’agents à cette « surpopulation », réelle ou supposée, et dont les missions s’exercent au plus profond des territoires.

Aussi, ne serait-il pas le moment, pour les exécutifs des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, de prendre acte de cette sentence, de regarder les choses en face et de faire un bilan de ce qui aurait dû être fait et ne l’a pas été pour éviter que leurs agents fassent l’objet d’un tel discrédit ?

S’agissant, par exemple, des recrutements, les avertissements répétés de la Cour des comptes n’ont jamais été suivis d’effet. Ainsi le développement de l’intercommunalité a généré, contre toute attente, une duplication systématique des postes, les maires reconstituant dans leur commune l’emploi transféré avec sa compétence à l’établissement public de coopération intercommunale.

Même réticence à l’égard de la mutualisation des missions et des tâches, chaque maire s’efforçant de retenir un policier municipal qu’il rechigne à partager dans le cadre de l’intercommunalité. Les autres niveaux d’administration locale ont eu le même comportement lors des transferts de compétences.

Insouciance des gestionnaires

A vrai dire, et dans tous les domaines, les exécutifs territoriaux ont fait une lecture très personnelle du statut et des textes : durée hebdomadaire du travail à géométrie variable – trop souvent en-deçà de 35 heures -, régimes indemnitaires à la fois trop égalitaires, pour ce qui est des attributions, et trop généreux, pour ce qui est des montants, recrutements déconnectés des besoins réels faute d’une évaluation rigoureuse des objectifs, des effectifs et des moyens, contrôle aléatoire, voire inexistant, des congés maladie, incapacité à prendre des sanctions même en cas de faute grave…

On doit à cette insouciance ce qui aurait été un désastre financier pour un grand nombre de collectivités si l’Etat n’était intervenu pour alléger la charge des emprunts toxiques, pourtant contractés par des élus aguerris et des fonctionnaires compétents.

En matière de gestion, on attendait beaucoup des jeunes managers issus de l’Institut national des études territoriales. On ne les pas encore réellement vus à l’œuvre, lorsqu’il s’agit d’instaurer de nouvelles pratiques, plus efficaces et moins dispendieuses. Feront-ils mieux que leurs prédécesseurs ? Ce n’est pas sûr si l’on veut bien se souvenir que les exécutifs territoriaux choisissent leurs plus proches collaborateurs pour leur loyauté, donc leur obéissance, pour ne pas dire leur adhésion à des choix qu’ils ne peuvent dès lors infléchir, quand bien même le risque serait évident.

Investis d’une mission de service public, assurés de conserver un emploi, les agents des trois fonctions publiques ont jusqu’alors évolué sur un « petit nuage», bien adossés à leurs droits statutaires.
Un angélisme dont Mme Lebranchu, à l’époque ministre de la fonction publique, a donné un échantillon en affirmant : « je fais confiance aux fonctionnaires », après avoir supprimé le jour de carence. Les bénéficiaires de cette tolérance lui ont immédiatement répondu par une envolée des congés pour maladie ordinaire.

Abus du principe de libre administration

Tenant compte de ces dérives organisées ou consenties, faut-il s’étonner que la fonction publique soit à ce point discréditée dans l’esprit d’un grand nombre de Français ?

La responsabilité de ce « désamour » revient tout d’abord aux élus locaux, lesquels, usant et abusant du principe de libre administration des collectivités territoriales, ont fait tout, et parfois n’importe quoi, laissant au contribuable local le soin d’effacer les errements, s’il y a lieu.

Les fonctionnaires territoriaux ne sont pas exonérés. Ils ont, en certaines circonstances, failli à leur mission qui consiste à bien conseiller les exécutifs et à bien appliquer leurs décisions.

Toujours promptes à demander plus sans trop se soucier des contraintes budgétaires, les organisations syndicales ont partagé bien des erreurs au niveau national, et couvert bien des illégalités au niveau local, acceptant ce fait détestable que deux fonctionnaires territoriaux appartenant au même cadre d’emplois, ayant le même grade, la même ancienneté, puissent bénéficier d’un traitement différent d’une collectivité à une autre.

C’était à prévoir. Faute d’un minimum de concertation, voire de normalisation, la décentralisation, qui devait être diversité, a versé dans le désordre. Ce désordre, l’administré, l’usager, le contribuable local ne l’acceptent plus aujourd’hui, convaincus que le nombre ne contribue pas nécessairement à la qualité.

Pour les agents publics, c’est un peu plus qu’une déconvenue que de s’entendre dire, dans ces conditions certes particulières, mais tout de même significatives, qu’ils pourraient être moins nombreux tout en faisant mieux.

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  1. 1. the observer 05/12/2016, 16h48

    message amical à danfer :

    une période de stage ( statut territorial ) à un cdi ( statut privé à, il y a quelque chose que je ne comprends pas...
    si le fonctionnaire est tellement privilégié, que les gens passent et réussissent les concours...
    On ne peut pas avoir le beurre et l' argent du beurre, du moins jusqu ' à maintenant...

  2. 2. THE OBSERVER 05/12/2016, 16h43

    Message amical à antigoneangry, une préfecture n'a rien de territoriale, c'est une représentation de l'état au niveau local; donc aucun rapport

  3. 3. Isa 02/12/2016, 10h54

    Je suis parfaitement d'accord avec tout ce qu'explique si bien Bernard Perrin. Etant moi même dans les RH de la Territoriale depuis 1984, et formatrice depuis 8 ans dans d'innombrables administrations de l'Etat et de la Territoriale, j'en vois tous les jours les illustrations. Quand on parle de supprimer des postes, il faudra mieux expliquer qu'il ne s'agira pas des infirmières, policiers ou professeurs, mais bien des milliers de hiérarchies intermédiaires qui s'empêchent les unes les autres de travailler, des postes nécessités par la frénésie d'activités pas toujours indispensables des élus, des postes dus à la mauvaise organisation des administrations, à leur tendance à ne pas appliquer le statut comme il devrait l'être afin de lutter contre les abus d'absentéisme, les fautes disciplinaires, mais aussi revenir à un management humain, juste et motivant, qui fait largement défaut. Nous aurions tout à y gagner.

  4. 4. antigoneangry 27/11/2016, 13h04

    Il faudrait surtout que les agents territoriaux soient gérés par des directions de ressources humaines dignes de ce nom, par exemple ceux de la préfecture. Est-ce que les mairies de Trifouillis- les-Oies sont vraiment compétentes dans ce domaine ?

  5. 5. statutFPT@défendre 26/11/2016, 18h40

    bonjour, étant fonctionnaire territorial au grade de rédacteur principal, je tiens à réagir aux propos ci-dessus totalement infondés sur le statut pour les raisons suivantes :
    - j'exerce mes fonctions dans une totale indépendance de mon autorité territoriale ;
    - j'ai le devoir de la dénoncer si celle-ci commet des actes illégaux mais je suis obligé de les appliquer ;
    - à tout moment, je peux me défendre contre l'arbitraire ;
    - j'ai un devoir de réserve ; j'ai des obligations qui sont prévues par la loi de déontologie de cette année ; j'ai aussi des droits prévus par la loi de 1983 sur les droits et obligations des fonctionnaires ; j'ai aussi droit à une rémunération décente ; j'invite tous ceux qui ne connaissent pas la FPT à lire la Gazette des Communes et les lois qui défendent ce statut si difficile à défendre par ces temps actuels de tempête ;
    - je n'ai pas eu beaucoup d'arrêts de travail pour maladie ordinaire(seulement deux totalisant 20 jours d'arrêt sur une carrière qui a débuté en 1985) ;
    - je n'ai pas l'impression de voler mon employeur avec un traitement de 2493 euros nets par moi alors que si j'étais dans le privé, avec mon DUT qui me donne un niveau trois de formation, je pourrais prétendre à le doubler ;
    - que veulent-ils tous ces gens qui passent leur temps à casser du fonctionnaire dans les réseaux sociaux ; prenez garde que des gens de base comme nous défendent pied à pied leurs droits qui supposent des devoirs ;
    par contre oui, je suis pour que ce statut évolue (mais non à sa suppression) :
    il faudrait que je puisse prétendre aux tickets restaurants, à une mutuelle financée à parts égales par l'employeur, une retraite à la carte, ..etc ; en contrepartie, je veux bien augmenter mon temps de travail et de formation à la carte ; mais si on me demande de travailler trente neuf heures, je veux être payé trente neuf ; logique non ? ; ce qui est gênant, c'est que la collectivité va avoir du mal à nous payer et être obligée d'augmenter les taxes locales ; moi aussi, je paye des impôts lourds ; mais là, ne me parler plus de hausses d'impôts ni de TVA ; nous fonctionnaires, nous subissons le racket fiscal comme tous les français de la classe moyenne...

  6. 6. danfer27 25/11/2016, 17h39

    Le statut de fonctionnaires territoriaux n'est pas nécesaire car ces fonctionnaires ne remplissent pas de fonctions régaliennes. Il faut ouvrir le recrutement et recruter des CDI contractuels avec période de stage à définir.

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