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Emploi

« Zéro chômeur longue durée » : les 10 territoires sélectionnés

Publié le • Par • dans : France

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Pole Emploi © Alainalele_Flickr_cc

Lundi 21 novembre, la liste des dix territoires qui vont mener l’expérimentation « zéro chômeur de longue durée » a été arrêtée par la ministre du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, Myriam El Khomri. L’aboutissement d’un long processus ayant mobilisé parlementaires, associations, élus locaux.

 

Les dix territoires retenues sur les 42 candidats à l’expérimentation, encadrée par la Loi d’expérimentation territoriale visant à résorber le chômage de longue durée du 29 février 2016 ont été annoncé lundi 21 novembre par le ministère du Travail. Les lauréats définitifs sont :

  • Colombelles (14),
  • Colombey-les-Belles (54),
  • Jouques (13),
  • Mauléon (79),
  • Métropole de Lille (59),
  • Communauté de communes Nièvre et Forêt (58),
  • Paris 13e (75),
  • Pipriac (35),
  • Thiers (63),
  • Villeurbanne quartier Saint-Jean (69) .

Une co-construction législative

L’idée, défendue depuis le milieu des années 1990 par ATD Quart-Monde, est simple. D’un côté, il y a des dépenses passives – un chômeur de longue durée coûterait aujourd’hui à la collectivité environ 17 000 € par an (minimas sociaux, autres aides, accompagnement social et professionnel, problèmes de santé etc). De l’autre, il faut environ 22 000€ annuels pour rémunérer une personne au SMIC. Le défi est donc de transformer la dépense passive en dépense active.

Peut-on rapprocher les personnes souhaitant travailler, et les besoins non satisfaits, pour créer des territoires où le chômage de longue durée n’existe pas ? Une utopie à laquelle croient les militants d’ATD Quart-Monde. A partir de 2012, ils essayent d’approcher, sans trop de succès, le premier gouvernement de Hollande, parvenant toutefois à convaincre quelques députés socialistes, Christophe Sirugue, Jean-René Marsac, Dominique Potier et Laurent Grandguillaume, qui sera le porteur de la proposition de loi. « C’est une loi issue de la société civile », se réjouit-il. En effet, aux côtés d’ATD, des associations Emmaüs France, Le Pacte Civique ou le Secours Catholique, de nombreux élus locaux s’engagent dans une démarche de co-construction législative.

« L’objectif est de faire embaucher en CDI et au Smic des chômeurs de longues durée par les entreprises de l’ESS [Economie sociale et solidaire, Ndlr] sur des emplois nouvellement créés, qui ne font pas concurrence avec l’offre existante », résume Laurent Grandguillaume. Le fonds d’expérimentation, créé par la loi et doté par l’Etat et les collectivités territoriales à hauteur de 15 M€, verse entre 17.000 et 18.000 € annuels à l’entreprise conventionnée pour l’embauche d’une personne. Les territoires ciblés sont de petite taille, de 5 à 15000 habitants, ruraux ou périurbains.

Sur le terrain…

Sans attendre le processus législatif, ATD Quart Monde a lancé des expérimentations dans cinq collectivités, qui font toutes parties de la liste des « gagnants ». Le DGS de la communauté de communes du Pays de Colombey Sud Toulois (11000 habitants, 38 communes au 1 janvier 2017, dont Colombey-les Belles), Xavier Loppinet, se réjouit que sa collectivité a été retenue :

Nous y réfléchissons depuis 2014. Début 2015 nous avons recruté un chef de projet, et créé une entreprise à but d’emploi. Nous avons sensibilisé les conseillers municipaux. Nous avons réuni à plusieurs reprises les acteurs de l’économie locale pour recenser des activités utiles et non-pourvues, dans l’agriculture, le bâtiment ou la forêt. Nous avons rencontré 140 chômeurs longue durée.

Rien n’a été simple. Il a fallu convaincre Pôle emploi de communiquer ses listes de chômeurs longue durée, qui se sont révélées non actualisées : des personnes avaient quitté le territoire, d’autres travaillent en intérim ou enchaînent les CDD, guère intéressées… Finalement, après une concertation avec le département, en charge du RSA, et avec la mission locale, la CC évalue à 280 le nombre personnes, âgées de 16 à 60 ans, susceptibles d’être séduites par l’expérimentation.

Côté emploi, plusieurs pistes sont envisagées. Un projet de ressourcerie en lien avec la déchetterie. Les travaux maraîchers, qui pourraient être stimulés par un partenariat avec les cantines des établissements scolaires. Une légumerie qui proposerait des pommes de terre nettoyées et épluchées, ou des sauces tomates en bocal. « Des besoins dans le domaine de l’aide à domicile ou du maintien du lien social existent, mais on doute de la possibilité de dégager des recettes pour équilibrer l’opération », avoue Xavier Loppinet. En attendant, il s’estime heureux de commencer l’expérimentation pour laquelle la collectivité s’est si longuement préparée. Et qui comporte une part de rêve.

Même si, selon Didier Goulart d’ATD Quant Monde, il y aurait toujours 20 à 26% parmi les chômeurs de longue durée qui ne souhaiteraient pas reprendre une activité…

 

 

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  1. 1. Pad 26/11/2016, 17h43

    Je suis chômeur de [très] longue durée, 7 ans, malgré une recherche active soutenue. Les mesures gouvernementales sont inefficaces, d’autant que, senior, ce cadre a fait l’objet de mesures spécifiques. Pôle emploi est inefficace, et même incompétent, que ce soit dans l’accompagnement réel que dans sa gestion, n’étant nullement étonné des difficultés rencontrées avec cet organisme exposées ici. La démarche que présente cet article est certes louable mais est-il concevable, depuis le temps que la crise est en place entraînant un chômage de haut niveau qui perdure qu’on en soit encore à se pencher sur une expérimentation ? J’ai le profond sentiment en le lisant qu’il s’agit de touches homéopathiques - tant mieux pour ceux qui en bénéficieront - sans pour autant rassurer dans sa profondeur et sa solidité à l’échelle globale. La question des coûts passifs et des coûts actifs devrait être appréhendée depuis longtemps par le Gouvernement car sa responsabilité est de se pencher sur la dimension économique de notre Pays. Or, si nos voisins arrivent à redresser la barre, nous restons en arrière à nous focaliser sur l’inflexion de la courbe du chômage à coups de communiqués en rebondissement et en flop. Répondre à la question « Pourquoi ? » aurait à mon avis autrement plus d’envergure et de portée. Ceci pour tous les chômeurs. En regard de l’énergie qui a été mise en œuvre ici pour accoucher d’une démarche très ponctuelle. Maintenant, je m’interroge sur la volonté réelle au travers de ces mots « dégager des recettes pour équilibrer l’opération ». Regarde-t-on le problème par sa rentabilité, en premier lieu celle directe, alors que le chômeur longue durée est intrinsèquement une personne en souffrance, ainsi que sa famille avec des coûts afférents ?

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