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Elections présidentielles 2017

François Fillon : les paradoxes d’un notable jacobin

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

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Francois Fillon © Arnaud MARTINS D ARANJO

Le grand vainqueur du premier tour de la primaire de la droite et du centre, le 20 novembre 2016, a exercé tous les mandats locaux. Formé à l'école du gaullo-jacobin Philippe Séguin, il se réclame désormais du libéralisme ultra de Margaret Thatcher qui a mis à mal les collectivités britanniques.

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Cet article fait partie du dossier

Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales

 

Maire, président de communauté de communes, patron de département, puis de région et sénateur : François Fillon est le seul, dans le circuit politique, à avoir exercé toute la panoplie des mandats liés aux collectivités. Le Sarthois, grand vainqueur du premier tour de la primaire de la droite et du centre, le 20 novembre 2016, incarne la France catholique et terrienne de l’Ouest. Rompu aux comices agricoles, en communion avec l’enseignement confessionnel, ce fils de famille est né à l’action publique voici près de quarante ans.

Pur professionnel de la politique, il n’a, à l’instar de Manuel Valls, jamais eu de métier au sens traditionnel du terme. François Fillon fait d’ailleurs partie de la toute première génération d’attachés parlementaires.
Le jeune gaulliste est entré très tôt au service de Joël Le Theule, député RPR mais giscardo-compatible. Peu de temps après le décès prématuré de ce dernier, François Fillon s’est ouvert les portes de l’Assemblée nationale.

Le candidat du Sénat

Labourant sa circonscription en long et en large, il a noué une relation privilégiée avec les édiles des villages et des bourgs sarthois. Encore aujourd’hui, François Fillon se fait leur porte-voix. « Je ne veux plus qu’on fixe des seuils de populations pour les communautés de communes », tranche le hobereau.

Nul hasard, donc, si le bastion de la Fillonie se trouve au Palais du Luxembourg. Le maître du Plateau, Gérard Larcher, et le patron du groupe LR, Bruno Retailleau, font partie de sa garde rapprochée. A l’image de François Hollande en 2011, François Fillon s’appuie sur la chambre haute dans sa conquête de la magistrature suprême.

Est-ce à dire que le grandissime favori du second tour épousera les vues des sénateurs LR qui sont membres d’exécutif local en matière de cumul des mandats ? Ceux-ci ont déposé une proposition de loi destinée à conserver leur double-casquette et les indemnités afférentes jusqu’en 2020. Soit au-delà de la date-butoir de 2017, arrêtée par une loi socialiste de 2014.

Dans une interview écrite accordée à La Gazette, celui qui fut simultanément député-maire de Sablé et président du conseil général de la Sarthe fait une réponse en deux temps :

Le cumul d’un mandat de parlementaire avec un mandat local avait du sens. La question doit être regardée notamment en fonction de la taille de la collectivité locale concernée. Je reste convaincu qu’un ancrage local peut favoriser une perception plus réaliste de la part du parlementaire.
Toutefois, alors que nous devrons demander aux Français des efforts importants, je n’envisage pas de revenir sur le texte adopté à l’initiative de la majorité socialiste : nous devons consacrer notre énergie à d’autres réformes beaucoup plus urgentes.

Le père du conseiller territorial

Sourd aux appels à une pause en matière de réforme des collectivités, François Fillon juge prioritaire le retour au conseiller territorial. Un élu appelé, durant le règne de Nicolas Sarkozy, à siéger à la fois au conseil général et régional.

Comme il l’a rappelé lors du troisième débat télévisé du premier tour, François Fillon est le véritable père du conseiller territorial. Dès 2001, à l’occasion d’une séance sur la décentralisation à l’Assemblée nationale, il défendait cette option.

« Parce que la région doit constituer le vecteur principal des grandes ambitions locales, nous préconisons le mariage des régions et des départements au moyen de deux outils d’intégration : le mode d’élection et l’assiette de leur fiscalité. Nous souhaitons que les conseillers régionaux et généraux soient les mêmes et qu’ils soient élus au scrutin uninominal dans le cadre de circonscriptions redessinées et élargies. En réunifiant ces deux mandats, nous conduirons ces deux collectivités à coordonner leurs stratégies et leurs politiques », détaillait-il.

Depuis, François Fillon va plus loin. Pour lui, le conseiller territorial marque une première étape vers la disparition d’un échelon. « La question de la fusion des départements et des régions sera posée, par référendum, au peuple de France », peut-on lire dans son programme.

L’adversaire des premières lois de décentralisation

Au profit de quelle collectivité cette opération se ferait-elle ? Le scrutin majoritaire retenu pour l’élection du conseiller territorial, favorise, à l’évidence, les desseins départementaux. Mais François Fillon se réclame également du régionalisme du général de Gaulle finissant, celui du référendum avorté de 1969.
Il s’inscrit dans les pas d’Olivier Guichard, son prédécesseur à la tête du conseil régional des Pays-de-la-Loire, auteur en 1976, d’un fameux rapport pro-décentralisation.

Cependant, François Fillon a aussi été le lieutenant de Philippe Séguin. Comme son auguste mentor, le cadet de la droite a bataillé contre la première loi Defferre de décentralisation. Comme lui, il s’est longtemps érigé en oriflamme d’une République une et indivisible, dressé contre les féodalités.

A la lisière entre l’héritage jacobin et la tradition gaulliste, le François Fillon première manière croyait, avant tout, en l’Etat, instrument de « la grandeur française ».
En 2001, il mettait en garde contre la « logique centripète qui, progressivement, déchirerait le pacte national ». Si François Fillon a conservé son penchant pour l’autorité, il s’est peu à peu détaché de son étatisme originel.

Margaret Thatcher, qui a mis les collectivités britanniques au pain sec et annihilé une métropole du Grand Londres un peu trop remuante à son goût, est devenue son modèle ultime. « Tenir les budgets, réduire les effectifs, sérier les priorités » : telle est la feuille de route que le désormais favori du scrutin présidentiel assigne aux collectivités.

Là, où l’actuelle majorité menait une politique de rigueur, lui veut imposer aux collectivités une cure d’austérité XXL. François Fillon entend revenir aux 39 heures dans les services publics locaux et passer le statut de la fonction publique à « la paille de fer ». Pour le gaulliste libéral à la mode de Jacques Rueff en 1958, les agents publics locaux doivent définitivement se serrer à la ceinture.

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  1. 1. Bravo Henri 22/11/2016, 15h31

    Bravo Henri!

    Je vois que si nous ne sommes pas toujours d'accord nous partageons néanmoins un certain nombre de points de vue.
    Ma crainte n'est pas le devenir de la fonction publique après cinq ans d'un présidence de M. Fillon. Elle est la disparition du monde rural au détriment des métropoles.

    Concernant l'avenir des fonctionnaires, ce que je lis dans la gazette des communes me donne à penser, le pain blanc est mangé:
    Il me semble qu'une association de collectivités présidée par un membre du parti LR et secondé par un membre du parti PS demande la fin du statut de la fonction publique. Si mes références sont exactes, il y aurait donc un consensus dont les conséquences sont inévitables.
    C'est le principe du balancier: la mesure qui est l'équilibre entre des objectifs opposés ne se produit jamais. Le balancier se bloque à une extrémité pour n'aller qu'à l'autre extrémité.

  2. 2. Henri Tanson 22/11/2016, 08h40

    Cinq ans de politique Fillon et c'en sera fini de la Fonction Publique Territoriale...

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