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Primaires de droite

Organisation des primaires de droite : les mairies de gauche jouent le jeu

Publié le • Par • dans : A la une, France

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Les maires de gauche font preuve de bonne volonté dans leurs communes pour organiser les primaires de droite. Ils n'oublient pas que cela sera bientôt leur tour en janvier de demander de l'aide aux communes dirigées par Les Républicains.

 

Le mot d’ordre des Républicains est clair : « tout se passe bien. Nous n’avons aucun problème d’organisation dans les territoires de gauche. » C’est Bérengère Poletti, responsable des primaires de droite dans le département des Ardennes, qui le dit. Un élément de langage que l’on dirait prêt à l’emploi dans la bouche de tous les interlocuteurs avec lesquels nous avons discuté.

Il faut dire que le sujet avait été pensé en amont, à la fois par le Ministère de l’Intérieur via une circulaire très précise, et par la Haute Autorité des primaires de droite et du centre.

Une procédure très encadrée

Dans une note publiée au début de l’année, Bernard Cazeneuve a ainsi rappelé que « les mairies sont libres de répondre aux demandes de mise à disposition des locaux, de personnel communal ou encore de matériel électoral (urnes et isoloir) qui leur seraient adressées par des partis en vue de l’organisation des élections primaires ».

Aucune obligation donc pour les maires d’accepter le prêt des lieux habituels de vote… Ce qui n’empêche pas les communes de gauche de faire preuve de bonne volonté. Un phénomène qui s’explique par les primaires socialistes qui auront lieu à leur tour en janvier.

« Les maires de gauche savent bien que la droite leur en facilitera l’organisation s’ils ont joué le jeu pour nous en novembre », explique ainsi Frédéric Duché, le responsable des primaires de droite dans le département de l’Eure.

Des locations gratuites

Sur le cœur du sujet, la location des locaux des communes, la circulaire de Bernard Cazeneuve est là aussi très claire. « Les mairies ont la faculté de mettre des locaux à disposition selon les conditions habituelles d’usage des propriétés communales ». Autrement dit, les mairies peuvent décider de faire payer aux Républicains l’usage de leurs bâtiments.

Preuve que la circulaire a été lue attentivement, Vincent Balédent, conseiller municipal de Villeneuve d’Ascq et organisateur local du scrutin, explique que la commune de Ronchin a pensé à faire payer la location et les frais de ménage.

La mairie plaide « l’erreur de ses services » qui a traité la demande « selon la procédure habituelle ». « Nous avons corrigé la situation dès que nous avons constaté qu’il s’agissait d’une demande des Républicains. Pour une question d’équité, nous devons traiter de la même façon la gauche, à qui nous avions loué gratuitement nos locaux lors des primaires socialistes en 2011 et la droite », indique ainsi la directrice de cabinet Amélie Justin.

Même son de cloche dans les Ardennes. « Toutes les mairies à qui nous avons demandé de nous prêter leurs bureaux de vote ont accepté gratuitement » indique la députée Berangère Poletti, également vice-présidente du conseil départemental. Dans l’Eure, seul Evreux a loué ses locaux moyennant finance.

La commune est en effet sous le coup d’une délibération de l’ancien maire, Michel Champredon, qui avait facturé à la gauche le prêt de ses locaux lors des primaires socialistes de 2011. Impossible de connaître la somme exacte en jeu. Frédéric Duché consent tout juste à indiquer que « le montant n’est pas énorme ». Pas question de faire de vague pour ce proche de Bruno Le Maire qui affirme que l’organisation des primaires « se passe excessivement bien ».
« Les équipes, les bénévoles et les maires de gauche comme de droite font tous preuve d’une grande maturité » affirme-t-il.  Une maturité qui n’empêche pas la mairie d’Evreux de ne pas avoir donné suite à nos demandes d’entretien.

Le recours aux personnels municipaux, la grande inconnue

Alors que l’organisation d’élection nécessite le travail d’agents municipaux pour amener les urnes, monter les isoloirs, ouvrir et fermer les locaux, certains organisateurs locaux ne semblent guère avoir réfléchi à ces questions, à seulement trois jours du premier tour des primaires. Dans les Ardennes, Berengère Poletti explique ainsi « supposer, sans en être certaine, que les mairies mettront gratuitement à disposition leur personnel ».

Dans l’Eure, Frédéric Duché a demandé à ce que les isoloirs et les bureaux soient montés avant dimanche par des agents de la mairie. « Si le maire refuse, il faut absolument qu’il nous prévienne ». Une politesse qui n’a rien d’obligatoire puisque la circulaire laisse toute latitude aux communes sur le sujet.

« Des personnels de mairie pourront être mis à contribution. Il appartiendra aux mairies de fixer les conditions de rémunération de ces services », précise ainsi  le document du ministère de l’Intérieur. A Villeneuve d’Ascq, Vincent Balédent explique que la mairie a prêté les clefs des locaux aux militants qui ouvriront et fermeront eux-même les lieux. « La commune a même accepté que nous utilisions gracieusement son matériel » se réjouit-il.

La « gagne à l’usure »

Vincent Balédent est toutefois le seul à parler ouvertement des tensions rencontrées en tant qu’organisateur sur la deuxième circonscription du Nord. Sur ces terres dont le député est socialiste depuis 1978, le principe de l’accueil des primaires de droite dans des locaux communaux n’a pas posé problème, mais « les discussions ont été très sérieuses sur l’emplacement des salles. »

« Nous avons dû relancer à plusieurs reprises les services, les maires et les cabinets pour savoir s’ils acceptaient la liste des locaux que nous souhaitions emprunter. » Pas question en effet de se retrouver dans une salle dont les habitants n’ont jamais entendu parler.

« Nous avons fini par avoir gain de cause. Sur les six salles demandées à Lille-Est, Villeneuve d’Ascq, Lezennes et Ronchin, nous avons obtenu deux locaux qui correspondaient à nos demandes et trois autres qui n’étaient pas forcément ceux que nous espérions. Une victoire en demi-teinte que qualifie ce soutien de Nicolas Sarkozy dans les Hauts-de-France de « gagne à l’usure ».

En off, l’un de nos interlocuteurs parmi Les Républicains des Ardennes affirme que la mairie de Sedan, à gauche depuis 1995, aurait, elle aussi, traîné des pieds pour attribuer des bureaux de vote. Au cabinet du maire, on s’étonne de tels propos, expliquant au contraire que deux salles, « bien connues des habitants pour accueillir tous les scrutins électoraux », ont été attribuées pour l’organisation des primaires.

La peu probable mobilisation de l’électorat de gauche

Plus largement, la question du nombre de bureaux de vote dans des territoires à gauche pose de vraies interrogations. Il a en effet été calculé dans chaque département en se fondant sur les scores des dernières élections présidentielles et le nombre d’habitants. Autrement dit, plus une circonscription a voté à gauche en 2012, moins elle a de chance d’avoir un nombre de lieux de vote élevé par habitant.

Un choix qui nécessitera pour certains votants jusqu’à une heure aller-retour en voiture jusqu’au bureau le plus proche, illustre Thierry Solère, député des Hauts-de-Seine et président du comité d’organisation des primaires.

De quoi relativiser l’argument des électeurs socialistes qui se déplaceraient en nombre ce dimanche. Et peut-être assez pour faire oublier les craintes de certains Républicains qui se rappellent que des militants UMP avaient promis de voter pour Jean-Michel Baylet en 2011 pour décrédibiliser les socialistes. On connaît la suite…

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