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Election présidentielle

François Fillon : « Il faut réduire les effectifs dans la fonction publique »

Publié le 17/11/2016 • Par Cédric Néau • dans : A la une, Actualité Club finances, Dossiers d'actualité, France, Toute l'actu RH

fifi
D.R.
La Gazette poursuit sa série d’entretien avec les candidats de la primaire de droite. Nouvel épisode ce 17 novembre 2016, avec François Fillon. A quelques heures du dernier débat télévisé de la primaire, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy explique comment il veut réduire les effectifs de la fonction publique, sans supprimer le statut, grâce au recours accru au secteur privé. S'il se prononce pour le retour du conseiller territorial, il refuse de revenir sur le non-cumul des mandats.

C’est l’homme qui monte en cette fin de campagne pour les primaires de droite et du centre. Il explique dans un entretien écrit accordé à la Gazette sa vision de la fonction publique territoriale, dont il veut réduire les effectifs, sans forcément toucher à ses missions, ni supprimer son statut. En revanche, il s’oppose à toute augmentation des dotations de l’Etat s’il est élu tout en réservant son jugement sur le financement des régions.

Faut-il revoir la carte des régions ?

On ne peut que regretter le charcutage des régions et l’amateurisme avec lequel les choix ont été faits, plus souvent pour ménager des personnalités politiques que par cohérence historique et territoriale. Néanmoins, il serait irresponsable de revenir dessus trop rapidement et systématiquement, au risque d’engendrer des coûts et des bouleversements supplémentaires pour nos concitoyens et les fonctionnaires territoriaux. Il faut examiner les choses de façon beaucoup plus globale, mettre fin à la décentralisation désordonnée dans un souci d’efficacité et d’autonomie des collectivités territoriales. Il faut surtout travailler à une véritable simplification de notre organisation territoriale.

On ne peut que regretter le charcutage des régions et l’amateurisme avec lequel les choix ont été faits, plus souvent pour ménager des personnalités politiques que par cohérence historique et territoriale.

Confirmerez-vous le financement des régions par une fraction de TVA à compter de 2018 ?

Le gouvernement a fait preuve comme à son habitude d’une improvisation totale. Je comprends que les régions ont besoin d’une ressource dynamique, ce qui est le cas de la TVA. Je réexaminerai en concertation avec tous les préfets de région la question des ressources des régions. L’objectif doit être de les doter enfin de ressources stables et prévisibles.

Êtes-vous pour le retour du conseiller territorial ?

La réforme du Conseiller territorial était une bonne réforme. On ne peut pas d’un côté prôner la fin du millefeuille territorial et de l’autre se positionner contre ce qui relevait de la fusion entre conseiller départemental et régional. J’y suis donc favorable.

Comptez-vous recentraliser le financement du RSA ?

Je souhaite créer une allocation sociale unique qui rassemblerait les prestations sociales et notamment le RSA. La gestion de cette allocation serait centralisée pour permettre à l’organisme qui la délivre d’avoir une vue globale sur la situation réelle de chaque foyer fiscal. Cela serait l’assurance que les revenus du travail restent plus attractifs que ceux de l’aide sociale.

Faut-il supprimer la métropole du Grand Paris ?

La métropole du Grand Paris est venue ajouter une strate de collectivité territoriale alors qu’il convenait d’en supprimer. Je suis pour sa suppression.

Les députés-maires et les sénateurs-maires doivent-ils échapper à la loi sur le non-cumul des mandats ?

Le cumul d’un mandat de parlementaire avec un mandat local avait du sens. La question doit être regardée notamment en fonction de la taille de la collectivité locale concernée. Je reste convaincu qu’un ancrage local peut favoriser une perception plus réaliste de la part du parlementaire. Toutefois, alors que nous devrons demander aux Français des efforts importants, je n’envisage pas de revenir sur le texte adopté à l’initiative de la majorité socialiste: nous devons consacrer notre énergie à d’autres réformes beaucoup plus urgentes. Commencer un nouveau mandat avec ce type de projet de loi ne serait pas compris.

Je n’envisage pas de revenir sur la loi sur le non-cumul des mandats. Commencer un nouveau mandat avec ce type de projet de loi ne serait pas compris.

Poursuivrez-vous la baisse des dotations aux collectivités locales ? Si oui, quel rythme préconisez-vous ?

Si certaines collectivités territoriales ont été mal gérées, notamment par le recrutement de trop nombreux fonctionnaires, d’autres ont mené une gestion rigoureuse des deniers publics. Ces dernières ont particulièrement souffert de la baisse sans précédent des dotations de l’Etat sans visibilité suffisante et ce, alors que l’Etat leur imposait des dépenses supplémentaires comme la réforme des rythmes scolaires. Il faut cesser d’en demander toujours plus, notamment aux communes.

En revanche, avec 2 100 milliards de dettes, personne ne peut raisonnablement penser qu’on va soudainement relever fortement le montant des dotations des collectivités locales. Ceux qui le promettent mentent et en le faisant, ils méprisent le sens de l’intérêt général de nos élus. La France a besoin d’une profonde refonte des structures publiques et les territoires doivent y participer. En réalité, je voudrais qu’ils en soient les inspirateurs et les artisans. Il va falloir tenir les budgets, réduire les effectifs, sérier les priorités, mutualiser les politiques, chercher l’efficacité. Mais cela doit se construire ensemble, dans une relation de partenariat avec une visibilité dans la durée.

Ceux qui promettent de relever les dotations des collectivités locales sont des menteurs

Faut-il attribuer les dotations aux collectivités en fonction de critères de « bonne gestion » ?

La réforme de la dotation globale de fonctionnement pourrait comprendre des critères qui soient des signaux d’une bonne gestion. Il est toutefois important de rester au plus près des réalités locales et des besoins de chaque collectivité.

La modernisation de la fonction publique passe-t-elle par la disparition du statut ?

Vouloir diminuer le nombre de fonctionnaires publics territoriaux ne signifie pas passer par la suppression du statut. Supprimer la fonction publique pourrait conduire à très court terme à créer des inégalités inacceptables dans le pays. Les structures les plus riches, les mieux gérées, les plus agréables offriraient un niveau de service public de qualité par les recrutements qu’elles pourraient effectuer alors que les autres seraient à l’abandon et connaîtraient une désertification en termes d’emploi. Je n’oublie pas que les administrations, surtout locales, ont un rôle social en termes d’emploi et de stabilisateur sur l’ensemble du territoire en recrutant souvent des personnes peu qualifiées ou très peu mobiles. La seule approche rationnelle quand on parle d’effectif de la fonction publique est de mettre en lien le niveau de ces effectifs avec le niveau de service public gratuit que souhaitent les français. Cela nécessite un audit préalable sur toutes les fonctions publiques auprès des instances adéquates (Centres de Gestion, dans la FPT). Il faut aussi cesser de faire croire que toujours plus d’effectifs donneront nécessairement un meilleur service public.

Vouloir diminuer le nombre de fonctionnaires publics territoriaux ne signifie pas passer par la suppression du statut.

Dans quelle mesure les agents territoriaux partant à la retraite doivent-ils être remplacés ?

Ne pas remplacer une partie des agents territoriaux partant à la retraite est un moyen de diminuer l’emploi public sans violence sociale et sans mettre fin au statut. Là encore, cela doit s’apprécier sur quelques années puisque certains postes doivent obligatoirement être pourvus.

L’augmentation du temps de travail est-elle le seul levier à activer pour renforcer l’efficience publique ?

Nombre de fonctionnaires publics territoriaux travaillent bien plus que 35 heures et j’ai également conscience que la majorité des fonctionnaires des collectivités ont une rémunération faible.
L’augmentation du temps de travail est une question d’équité car l’effort doit être le même pour tous les Français, c’est primordial dans la réduction de notre dette, et c’est aussi plus de pouvoir d’achat en perspective pour nos fonctionnaires. La fonction publique doit montrer l’exemple.

En diminuant le nombre de fonctionnaires, quels services publics entendez-vous réduire ?

En concertation avec les centres de gestion et les représentants des élus locaux, nous pourrions réduire ceux qui peuvent parfaitement être délégués à des structures privées plutôt que d’être exécutés en régie.

 

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Cet article fait partie du Dossier

Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales

Sommaire du dossier

  1. Le Pen versus Macron : des visions parcellaires des politiques culturelles
  2. La fonction publique pilotée par les Comptes publics – Le casting du premier gouvernement Macron
  3. Collectivités : les sept travaux d’Emmanuel Macron
  4. Le sacre d’Emmanuel Macron
  5. Présidentielle 2017 : les enjeux-clés pour les collectivités territoriales
  6. L’avenir de la fonction publique territoriale après l’élection présidentielle
  7. Réforme territoriale : le clash Macron-Le Pen
  8. Hervé Le Bras : « La nouveauté de cette élection, ce sont les clivages politiques à l’intérieur des régions »
  9. Présidentielle : faut-il supprimer le Sénat ?
  10. Ce qu’attendent les acteurs locaux des candidats à la présidentielle
  11. Présidentielle : faut-il réduire la part du nucléaire et accélérer la transition énergétique ?
  12. Présidentielle, législatives : quel coût pour les communes ?
  13. Le réseau Rn2a demande aux candidats de s’engager pour des archives « citoyennes »
  14. La lutte contre la fracture territoriale, le passage obligé des candidats ?
  15. Présidentielle : faut-il instaurer un revenu universel ?
  16. Présidentielle : le logement social doit-il être réservé aux plus pauvres ?
  17. Présidentielle : doit-on abroger la réforme territoriale ?
  18. Présidentielle : faut-il faire jouer la «Clause Molière» ?
  19. Les bibliothécaires demandent un équipement accessible en 15 min
  20. Les banlieues : grandes oubliées de la présidentielle ?
  21. Les propositions institutionnelles de Jean-Luc Mélenchon : en route pour une VIè République
  22. Présidentielle : faut-il nationaliser l’accès au numérique ?
  23. Primaire à gauche : ce que l’on sait des programmes des candidats
  24. Transition énergétique : ce que prévoient les candidats sur le volet financier
  25. Vieillissement : les candidats ne proposent rien de vraiment jeune
  26. Primaire de la droite et du centre : les fonctionnaires aux enchères ?
  27. Présidentielle : doit-on aller vers une laïcité de combat ?
  28. Logement : les programmes des candidats ne « cassent pas des briques »
  29. Présidentielle : faut-il supprimer des postes de fonctionnaires ?
  30. Nicolas Dupont-Aignan : « La France est en train de crever »
  31. Déserts médicaux : ce que proposent les candidats à la présidentielle
  32. « Les fonctionnaires en faveur de François Fillon parient qu’il ne tiendra pas ses promesses »
  33. Le comparatif des programmes des candidats à la primaire de droite
  34. Présidentielle : ce que propose Benoît Hamon pour rénover la démocratie
  35. Emmanuel Macron prescrit une cure de rigueur aux collectivités territoriales
  36. Revenu universel, réforme du RSA… Que proposent les candidats en matière de minima sociaux ?
  37. Comment relancer les investissements : les candidats répondent à la FNTP
  38. Le credo jacobin de Marine Le Pen
  39. Les candidats pas assez ambitieux pour la lutte contre la pauvreté selon les associations
  40. Alain Juppé, le Girondin
  41. François Fillon : les paradoxes d’un notable jacobin
  42. Jean-François Copé : « Fusionnons les départements et les régions »
  43. Présidentielles : l’environnement, ça commence à se défaire ?
  44. François Fillon : « Il faut réduire les effectifs dans la fonction publique »
  45. Alain Juppé : « Le statut de la fonction publique a ses raisons d’être »
  46. Nicolas Sarkozy : « Les fonctionnaires devront travailler davantage »
  47. Nathalie Kosciusko-Morizet : « Le statut du fonctionnaire n’a plus lieu d’être dans de nombreux domaines »
  48. Jean-Frédéric Poisson : « Mettons fin à la logique du déracinement en renforcant les départements »
  49. Bruno Le Maire : « Le statut de la fonction publique ne doit plus être la règle, mais l’exception »
  50. Jean-Luc Bennahmias : « l’accueil des migrants permettrait de repeupler les villages français »
  51. Pourquoi les élus à la culture demandent une reconfiguration de la Rue de Valois
  52. François de Rugy : « la décentralisation est le rendez-vous manqué de François Hollande »
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François Fillon : « Il faut réduire les effectifs dans la fonction publique »

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asselineau

17/11/2016 02h43

Bonjour,
J’espère que vous interrogerez également le candidat François Asselineau qui est également candidat à la présidentielle.

Yl91109

17/11/2016 05h52

C’est certain que le passage de l’assainissement et de la gestion de l’eau a été source d’économies. On se demande même pourquoi des communes , y compris de droite, pensent à remunicipaliser ces services.
Quand à la politique Tatcherienne dont se réclame ce monsieur : allé vous balader en Angleterre ( hors de la City) pour en juger les effets à long terme sur la population ( chômeurs ou travailleurs)

Aurcads

18/11/2016 08h50

Bonjour,
ayant suivi attentivement les débats et propositions des candidats, si les propositions de Mr Fillon ont le mérite d’être claires, il ne dit pas comment il va maintenir un minimum de services publics en supprimant 500 000 postes de fonctionnaires, dans un pays qui gagne plus de 300 000 habitants par an et dont le vieillissement va constituer un défi absolument majeur.
Un gros souci de réalisme donc, il suffit de voir comment la question sur la réduction des services publics a été éludée.
Il répondra qu’en augmentant le temps de travail des fonctionnaires, le compte y sera…mais qui peut croire un instant que les fonctionnaires accepteront de travailler 39h (plus de 10% de temps de travail supplémentaire) sans la compensation correspondante en terme de rémunération ? Ce n’est pas comme si il n’y avait pas déjà un problème majeur de rémunération dans la fonction publique (rapport niveau de diplôme / concours / rémunération etc.)
Le programme économique de Mr Fillon est donc inapplicable, et conduirait à des blocages et manifestations à côté desquels l’épisode « loi Travail », passerait pour une plaisanterie.
A un moment où le pays a avant tout besoin d’apaisement…

ssrw38

18/11/2016 09h10

« Les députés-maires et les sénateurs-maires doivent-ils échapper à la loi sur le non-cumul des mandats ? » dans la réponse « Commencer un nouveau mandat avec ce type de projet de loi ne serait pas compris. » Mais une fois passé un certain délai ‘moral’ afin de ne pas se mettre trop vite à dos les électeurs il ne ferme pas totalement la porte à une révision de cette loi !

Incrédule

18/11/2016 10h05

M. Fillon est un excellent orateur, aguerri pour ne pas répondre directement aux questions posées.

Tous ses propos vont dans le sens d’une prise en compte des problèmes (on n’a plus de sous) mais sans aborder réellement le fond. Il propose que tout se fasse dans la concertation. Sur ce point, je l’invite à rencontrer le maire de Limoges, élu LR, qui refuse de mettre en place l’agglomération dont la présidence serait socialiste.

Comment imaginer que cet élus (il ne sera pas le seul dans ce cas) acceptera une réduction de ses recettes venant de l’Etat?

Je suis néanmoins d’accord sur un point: il n’est plus possible de « raser gratis »! Des décisions devront être prises. Mais s’exprimer comme le fait M. Fillon n’est pas le signe d’un respect de ceux qui vont voter pour lui. En fait, par des propos que personne ne peut réfuter, il n’indique pas clairement le chemin qu’il veut suivre.

En un mot je dirai qu’il demande au Peuple de le porter à la Présidence de la République pour lui laisser mener la politique qu’il jugera bonne; le moment venu.

Je ne partage pas ce point de vue. C’est celui que nous n’avons que trop connu au cours de ces dernières décennies. Tous nos Présidents depuis au moins Valérie Giscard d’Estaing ont été député ou sénateur avant d’être nommés à la fonction suprême. Je ne peux pas croire qu’ils ne connaissaient pas l’état de notre pays, de ses finances et des besoins du peuple.
Pour mémoire, tout au long de cette période tous ces élus ont pratiqué le cumul des mandats qui, à leurs yeux, leur permet de rester proches des problèmes du Peuple.

Comment expliquer qu’ils découvrent alors les problèmes et les enjeux en devenant Président de la République?

Il serait temps que M. Fillon, tout comme les autres impétrants, réponde directement par des mots simples aux questions posées par le Peuple ET qu’il applique les mesures que le Peuple lui aura demandé de mettre en œuvre.

Tout le reste n’est que de la politique politicienne qui n’intéresse surtout pas le Peuple (voir la question de Limoges avec ses conséquences financières pour la population).

Pad

19/11/2016 03h24

On a déjà entendu ce discours avec Sarkozy. Une telle mesure faite en coupe sombre conduit a des situations dramatiques. Des services saturés, des agents surbookés qui finissent en arrêt de travail. Citons l’exemple d’une sous-préfecture qui a perdu un tiers de ses effectifs : asphyxiée, elle n’en peut plus. D’autant que l’administratif se complexifie chaque jour d’avantage.

jojodessin17

07/03/2017 08h06

Quelle est le statut des attachés parlementaires ?
Sont-ils aussi proches du statut des fonctionnaires ?
Voilà les dépenses inutiles !

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