Aménagement

Opérations d’aménagement : quand le privé parle au public

| Mis à jour le 17/11/2016
Par
ORANGE-centreville_aerienne

Crédits : Jean-Louis Zimmermann

La commande publique en matière d'aménagement est en pleine transformation, avec un foisonnement d'appel à partenariats, appel à manifestation d'intérêts... Les opérateurs privés sont bousculés mais aussi stimulés par cette évolution des modes d'action des collectivités. Analyse avec quelques poids lourds du secteur, réunis lors du Forum des projets urbains le 15 novembre.

L’appel à projets « Réinventer Paris », lancé par la mairie de Paris a été l’opération la plus médiatique, mais depuis un moment déjà, l’appel au secteur privé pour réfléchir avec la collectivité à l’évolution d’une partie du territoire e se répand.  C’est par exemple le cas à Bordeaux pour le secteur des Bassins à flot, à Dijon pour la future Cité de la gastronomie, ou à Massy pour le futur quartier Atlantis… Pour les opérateurs privés, les promoteurs comme les aménageurs, cela signifie travailler parfois gratuitement pendant de longs mois, sans pouvoir s’assurer d’un éventuel retour sur investissement. Mais au-delà  de l’aspect purement financier, cela implique aussi une modification des façons de travailler. Nicolas Gravit, directeur de Eiffage aménagement, estime que « ces appels à projets  sont très intéressants et motivants. Ils nous permettent de déployer toute la palette de nos compétences. Mais surtout ils offrent l’occasion à des opérateurs privés et publics d’avoir connaissance très en amont des projets, ce qui est très valorisant. »

Coproduire la ville

Pour Farida Karam, directrice générale de Espaces ferroviaires, une des filiales de SNCF immobilier, « on va de plus en plus vers un modèle de coproduction de la ville, dans lequel chacun apporte des briques d’innovation tant sur le contenu que sur la façon de faire ». Espaces ferroviaires a d’ailleurs utilisé cette méthode d’appel à projets pour la reconversion  du site Ordener, actuellement en cours dans le 18ème arrondissement de Paris.

Stéphane Keita, PDG de la Scet, rappelle toutefois que cette nouvelle façon de travailler est limitée aux agglomérations d’une certaine importance, et bénéficiant d’une certaine attractivité qui leur permet de disposer des moyens et des ressources humaines nécessaires pour élaborer des cahiers des charges compliqués. « La contrainte budgétaire est extrêmement forte, elle modifie les conditions de la concurrence. Par ailleurs les collectivités ont aujourd’hui des exigences de performance proches de celles du marché privé : elles veulent la meilleure offre tout en souhaitant garder des marges de manoeuvre, notamment en terme d’optimisation de prix ».

Des opérateurs multicartes

Du côté des opérateurs privés, ces appels à projets globaux imposent d’avoir des équipes aux compétences multiples, de rechercher de nouveaux partenariats, d’être toujours en  veille sur les innovations. Stéphane Keita parle de constituer un « archipel d’expertises ». Jean-Luc Poidevin, directeur général adjoint collectivités locales chez Nexity, met cependant en garde : « quand on visite des quartiers récents en France ou ailleurs, nous ne sommes plus en mesure de les recontextualiser, d’identifier le cadre dans lequel dans lequel ils ont été conçus. Par ailleurs, il faut diversifier la programmation, savoir aller plus loin que de mixer logements et bureaux pour aller dans le détail.  » Jean-Luc Poidevin pointe enfin la responsabilité des élus : « Le politique est le décideur. Quelque soit la méthode -appel à manifestation d’intérêt, dialogue compétitif, macro-lots, il y a toujours une commande publique au départ. Si elle n’est pas travaillée, exigeante, s’il n’y a pas des équipes compétentes  en interne, nous opérateurs privés, nous ne pourrons pas y répondre. »

Nicolas Gravit conclut : « Les collectivités doivent éviter les procédures trop longues, avec de multiples étapes, des workshops,…Certaines nous demandent aujourd’hui de travailler sur des procédures tests, des mini-concours avant le concours officiel. Ce n’est pas possible ». A bon entendeur…

Commentaires

0  |  réagir

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

  • Les transports, premier chantier de la métropole Aix-Marseille-Provence

    Les élus de la métropole Aix-Marseille-Provence, créée en janvier 2016, voteront le 15 décembre prochain en faveur d’un agenda de la mobilité, chargé de régler les problèmes de congestion d’un vaste territoire où la voiture individuelle est reine. ...

  • Ambition d’universalité pour les « EcoQuartiers »

    Le label EcoQuartier se renouvelle en 2016 pour rallier davantage de collectivités et de projets. Avec un objectif de 500 labellisés pour les deux prochaines années, parviendra-t-il à garder son niveau d’exigence ? ...

  • Le BIM, un changement de paradigme pour les services

    Chacun sait désormais ce qu’est le BIM et ce qu’il peut apporter. Mais il nécessite de profonds changements dans les pratiques des services techniques, que ce soit au niveau de la conception, de la définition des travaux, du suivi des opérations ou encore de la ...

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

services

Thèmes abordés

Retrouvez tous nos produits sur La plateforme de mise en relation entre professionnels de la commande publique et fournisseurs

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP