[ENTRETIEN] Numérique

« Les applications de la blockchain sont multiples »

Par
antoine yeretzian

Patricia Marais/La Gazette

Que se cache-t-il derrière le concept technologique de blockchain ? Que peut-il apporter aux collectivités territoriales ? Décryptage d'Antoine Yeretzian, cofondateur de la start-up Blockchain France, spécialisée dans le conseil aux entreprises.

La Maison de la chimie a accueilli début octobre à Paris le 1er Forum parlementaire de la Blockchain (en français, « chaîne de blocs »), signe de l’intérêt grandissant que suscite cette technologie. Les collectivités territoriales ne devraient pas tarder à être sollicitées par des prestataires de services. Alors, que se cache-t-il derrière ce concept technologique ? Que peut-il leur apporter ? Réponse avec Antoine Yeretzian, cofondateur de la start-up Blockchain France, spécialisée dans le conseil aux entreprises, et coauteur du livre « La Blockchain décryptée, les clefs d’une révolution » (éditions Netexplo, juin 2016).

En quoi consiste la blockchain ?

Il s’agit d’un réseau informatique de stockage et de transmission d’informations. Sa particularité est de fonctionner sans organe central de contrôle : des transactions peuvent y être réalisées entre des personnes qui ne se connaissent pas. Ces échanges sont vérifiés, puis compilés de façon décentralisée sur les ordinateurs des utilisateurs, ce qui empêche théoriquement toute fraude. Le bitcoin (la monnaie électronique, ndlr) repose, par exemple, sur une blockchain composée de simples utilisateurs, de « mineurs » – ceux qui louent la puissance de calcul de leur machine au réseau en échange de jetons (l’unité d’échange au sein d’une blockchain)- et de « nœuds » - ceux qui possèdent une copie du registre des transactions. Tout ce qui comporte un numéro de série unique peut circuler dans une blockchain : monnaies, documents numérisables. Il existe des blockchains publiques, où n’importe qui peut s’inscrire et télécharger un exemplaire du registre, et des privées.

Que peut-elle apporter aux collectivités ?

Les applications sont multiples, comme permettre de voter en ligne de façon beaucoup plus sécurisée qu’aujourd’hui. Une mairie pourrait facilement consulter les citoyens et pourrait ainsi le faire plus souvent. Il serait aisé de donner une procuration électronique à son voisin sans se déplacer, la limiter à 24 heures ou à un vote. Les collectivités auraient la possibilité de s’en servir pour gérer les prestations sociales - une expérimentation a débuté au Royaume-Uni -, faciliter l’insertion des migrants en leur délivrant une identité sur le réseau (pour faire des achats sans ouvrir de compte en banque, par exemple), ou encourager la production d’énergie renouvelable dans les quartiers en certifiant les échanges d’électricité entre foyers. Certains se sont déjà mariés sur blockchain ! Dans plusieurs pays, elle fait office de cadastre et sert à enregistrer des titres de propriété. Cette technologie participe en fait du grand mouvement d’automatisation.

Quel degré de maturité a aujourd’hui atteint la blockchain ?

En sept ans, le réseau Bitcoin a prouvé qu’il était fiable. Tout le reste relève encore de l’expérimentation. En 2017, on verra probablement des premiers déploiements sérieux, mais dans des niches. La France est aujourd’hui dans le top 5 des pays les plus en avance. Il y a une vraie prise de conscience et des débuts d’expérimentation. La plupart des grosses entreprises surveillent le sujet. Les parlementaires en ont entendu parler. Et nous avons quelques start-up prometteuses. En termes d’investissements, nous sommes en revanche en retard par rapport aux Etats-Unis. Et dans les années qui viennent, nous serons certainement dépassés par les pays asiatiques : ils y consacrent beaucoup d’efforts de recherche et soutiennent à fond leurs start-up. Pour la « grande révolution blockchain », il faudra attendre encore un peu.

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