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[OPINION] Fonction publique

Avis de tempête sur les fonctionnaires

Publié le • Par • dans : France, Opinions

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Les candidats à la primaire de droite semblent avoir trouvé les responsables d’une bonne partie des maux du pays : les fonctionnaires, présentés comme des nantis.

Jean-Roger Guiban © JR-G.

Jean-Roger Guiban, président Unsa Territoriaux du Finistère

 

Je tiens à réagir au débat du jeudi 13 octobre opposant les candidats à la primaire de droite. Ces candidats semblent avoir trouvé les responsables d’une bonne partie des maux du pays : les fonctionnaires, présentés comme des nantis.

Ainsi donc, un grand coup de rabot sur les effectifs de la fonction publique est préconisé. Non-remplacement des départs en retraite, remise en cause du statut, augmentation du nombre de contractuels et donc de précaires Autant de mesures pour détricoter le patrimoine de tous les Français : le service public.
Ce service public qui rythme le quotidien de tout un chacun : quand nos ordures sont collectées devant chez nous tôt le matin ; quand nous déposons nos enfants à l’école ; quand ils déjeunent à la cantine municipale et vont à la garderie ; quand nous empruntons une route communale ou départementale ; quand nous profitons d’un jardin public ; quand nous nous rendons à l’hôpital ; quand nous retirons un document à la mairie ; quand notre rue est éclairée ; quand les policiers assurent notre sécurité ; quand nos parents âgés nécessitent un accompagnement social… Cette liste n’est pas exhaustive.

Et quand le pays est rudement touché par la crise, ou, plus récemment, par les drames des attentats, sur qui pouvons-nous à nouveau compter pour panser nos plaies et trouver du réconfort ? Autant d’actes devenus tellement naturels que nous en oublions qu’ils ne sont possibles que parce que des femmes et des hommes fonctionnaires œuvrent tous les jours pour faciliter notre quotidien et participer ainsi à notre mieux-être.
Pouvons-nous être rassurés par les propos de Monsieur Juppé déclarant dans vos colonnes quelques jours après le débat : « Le statut de la fonction publique a ses raisons d’être » ? Son discours semble s’adapter en fonction du lectorat, selon que le politique s’adresse à l’usager profane ou au professionnel initié.

Contexte pré-électoral

Dans ce contexte pré-électoral, la conclusion du discours prononcé le 20 octobre devant la commission temporaire « évolution de la fonction publique » du Conseil économique social et environnemental (Cese) par Anicet Le Pors, ministre de la Fonction publique et des réformes administratives de 1981 à 1984 et père de notre statut, fait résonance : « Dans la fonction publique, même s’il subit des attaques sans précédent, le statut général des fonctionnaires demeure un socle progressiste pour des millions d’agents et autant de garanties pour les citoyens. Le caractère unifié doit en être renforcé. Offensives frontales ou dénaturations sournoises, les attaques contre le statut des fonctionnaires n’ont jamais cessé, ce qui lui a permis de faire la preuve de sa solidité et de son adaptabilité. Plutôt que de vouloir sans cesse le remettre en cause, il conviendrait de faire l’inventaire des modifications statutaires intervenues depuis sa création en 1983, en distinguant les bonnes des mauvaises réformes tout en mettant en perspective les chantiers structurels retenus. »

La vraie question que tous les candidats à la présidence de la République doivent se poser est la suivante : quel niveau de service public souhaitent-ils maintenir dans les prochaines années, sans que personne ne sache vraiment aujourd’hui de quoi l’avenir sera fait ? Quant aux usagers, leur vraie interrogation touche à leur portefeuille : si tous les services dont ils bénéficient aujourd’hui grâce à la fonction publique étaient transférés au secteur privé, quel en serait l’impact sur leur budget ménage ?

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  1. 1. ssrw38 22/11/2016, 08h58

    Malheureusement, en effet, les candidats ne parlent des fonctionnaires qu'en terme de nombre, de coût sans jamais parler de leurs missions, de leur importance dans la vie de tous les jours pour les Français.
    Par contre ils ne parlent pas de non cumul des mandats, de la réduction du nombre de députés ou sénateurs, de la réduction de leurs collaborateurs, de la réduction du nombre de mandat successifs, .... Sujets tabous ???
    Evidemment eux ne craignent rien : ils ne font jamais la queue aux urgences à l'hôpital public, n'accompagnent pas les gamins à la garderie péri scolaire le matin, ont leur propres services et agents de sécurité dès qu'ils sortent leur nez de leurs confortables bureaux parisiens et sont escortés par moult policiers qui leur ouvrent le chemin -en voiture- (transports en commun : ne savant même pas que cela existe) les empêchant de connaitre la joie des bouchons des grandes villes....
    Ils sont totalement déconnectés de la vie de tous les jours des citoyens français au point pour certain de proposer de revenir travailler 48h par semaine (comme si cela suffirait à créer des emplois). J'imagine déjà les lobbys des activités touristiques crier au scandale car faute de temps libre plus de loisirs et toute une économie qui s'écroule !!!
    Mais au fait environ 4 millions d'électeurs ont participé à cette primaire, pardon, seulement 4 millions.... Tout est dit. Nous n'en sommes pas encore à subir ces programmes. par contre n'allez surtout pas leur dire et laissez les rêver au moins durant ce lap de temps ils font moins de mal aux français.

  2. 2. route80 22/11/2016, 07h54

    En réponse à ce réactionnaire de Fillon, les policiers, les infirmières, les pompiers, les territoriaux qui gèrent les routes pour l'usager te disent bien des choses! Et tu n'es pas encore président!

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