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François Hollande veut convaincre les collectivités sur le service civique

Publié le • Par • dans : France, Toute l'actu RH

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territoire-citoyen-une © Flickr by CC Armel Le Coz

François Hollande a inauguré à Nancy l’institut de l’engagement du Grand Est. L’occasion pour le Président de la République de rappeler aux collectivités qu’elles doivent développer l’accueil des jeunes en service civique dans leurs administrations. Un vœu pieu ?

 

Aux côtés de Martin Hirsch et de Mathieu Klein, le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, François Hollande a fait le déplacement, jeudi 10 novembre, pour inaugurer la troisième ouverture d’un Institut de l’engagement, créé par l’association du même nom, après Bordeaux et Grenoble.

Lancée en 2012, cette association présidée par l’ancien Haut-commissaire aux solidarités actives, cherche à valoriser les parcours de jeunes après leur passage en service civique en les mettant directement en lien avec des employeurs, ou en leur permettant d’accéder aux oraux d’établissement d’enseignement sans avoir à passer les écrits.

L’objectif des 100 000 services civiques tenu

Mais François Hollande est surtout présent pour mettre en valeur son bilan sur le service civique, outil majeur pour l’engagement des jeunes, l’une des volontés présidentielles.

Après les attentats de 2015, il avait en effet réaffirmé son ambition d’étendre le service civique pour atteindre 350 000 jeunes engagés en 2018. L’objectif est en bonne voie de réalisation avec 100 000 jeunes en service civique à la fin de l’année, soit 70 000 de plus qu’au début du quinquennat.

Seul bémol à cette réussite : la participation trop rare des collectivités locales. Aujourd’hui, seuls 6% des services civiques sont signés dans des collectivités alors que les associations accueillent plus de 90% des jeunes volontaires.

Au maximum de leurs capacités d’accueil et face à la difficulté de convaincre les entreprises de faire de la place aux jeunes volontaires, l’Etat cherche donc à convertir les collectivités, unique moyen de parvenir au chiffre de 300 000 services civiques dans 2 ans.

La Meurthe-et-Moselle, élève modèle

Si la ville de Nancy a été choisie pour accueillir cette troisième antenne de l’Institut de l’engagement, c’est parce que le département de Meurthe-et-Moselle fait figure de premier de la classe. Il est parmi ceux qui accueille le plus de services civiques de toutes les collectivités françaises.

Un choix qui se justifie notamment par le coût financier, relativement faible, une variable essentielle à l’heure de la rareté des deniers publics.
Les 467,34 euros d’indemnité mensuelle sont ainsi intégralement financés par l’Etat et versés directement au volontaire. Seuls 106,31 euros viennent directement de la structure d’accueil en guise de contribution aux frais d’alimentation ou de transports.

Mais bien plus que le coût de cette main d’œuvre très bon marché pour les employeurs, Mathieu Klein préfère parler des « valeurs de la Meurthe-et-Moselle ». « Dans notre territoire, nous faisons confiance à notre jeunesse pour qu’elle puisse grandir et qu’elle nous aide, nous aussi, acteurs locaux, à grandir et à avancer. »

Deux jours après l’élection de Donald Trump à la présidence américaine, celui qui a longtemps été vice-président délégué à l’éducation et à l’innovation citoyenne du département, « voit dans le service civique une arme de dissuasion massive anti-populiste et un facteur de cohésion sociale exceptionnelle ».

Il cite ainsi les 240 structures d’accueil départementales qui ont permis à 2 628 jeunes d’y exercer leur service civique depuis 2010, leur nombre ayant augmenté de 56% entre 2012 et 2015.

La diversité des parcours illustrés par les jeunes présents autour du Président de la République met aussi en lumière les tâches d’intérêt général très différentes que permettent de réaliser cet engagement, du lien social retissé avec des personnes âgés isolés en passant par des activités sportives organisées pour les migrants dans un centre d’hébergement et d’accueil (CAO) ou des sorties culturelles dans un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS).

Les collectivités, toujours réticentes à l’embauche des services civiques

Mais la Meurthe-et-Moselle est l’exception qui confirme la règle. Ailleurs, les autres collectivités ont du mal à s’emparer du sujet des services civiques.

A la toute première place des raisons avancées, vient la difficulté à trouver une mission adaptée aux jeunes qui souhaitent s’engager. D’ailleurs, les plaintes de certains jeunes en service civique proviennent du travail qui leur ait demandé et qui relève pourtant des compétences de personnels formés.

Martin Hirsch le rappelle d’ailleurs en disant que « les services civiques n’ont pas pour but de remplacer les aides-soignantes dans les maisons de retraite municipales. » Leur vise plutôt à améliorer certains pans de l’action publique « en satisfaisant un besoin qui n’avait pas encore été révélé », confirme François Hollande en s’appuyant sur le témoignage de Nelly, 20 ans, qui récolte la parole des aînés pour sauvegarder la mémoire des plus anciens et en faire un recueil municipal.

Autre récrimination évoquée à demi-mot par des membres du conseil régional du Grand Est en marge du déplacement du Président de la République, la lourdeur des procédures pour obtenir un agrément d’accueil.

Si la procédure a été récemment allégée en permettant aux préfets des départements sa délivrance, la démarche reste lourde en termes administratifs et nécessitent une vraie volonté de la collectivité. Plus largement, une telle procédure est mal comprise alors que l’Etat ne se soucie pas du cadrage des profils recherchés.

« Il faut mieux accompagner les porteurs d’offre de service civiques pour éviter les candidatures inutiles, renforcer l’efficacité des recrutements et ne pas générer de difficultés ultérieures pour les personnes accueillies », confirme ainsi Béatrice Hakni-Robin, vice-présidente du Conseil départemental d’Ille-et-Villaine.

Enfin, la crainte de ne pas savoir bien encadrer un jeune en service civique explique bien souvent la timidité des collectivités sur le sujet. Une peur parfois injustifiée puisque 40% des services civiques ont un niveau égal ou supérieur à bac+2 et que le département de Meurthe-et-Moselle arrive à accompagner les encadrants pour les préparer au mieux à l’accueil des jeunes en service civique.

Ces difficultés ne doivent pas freiner les collectivités, estime le Président de la république, qui leur demande d’assumer leurs responsabilités d’acteurs de terrain : « ce que nous proposons ici, avec le service civique, c’est l’égalité pour tous. Chacun doit avoir autant de chance que possible pour assurer l’égalité de la République et donner la possibilité de réussir. Les territoires doivent aussi prendre leur part dans ce grand chantier présidentiel qu’est l’engagement de la jeunesse. »

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