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[Interview] Ruralité

« Il faut sortir de cette vision arithmétique qui fragilise nos écoles rurales » – Vanick Berberian

Publié le • Par • dans : A la une, France

vanik berberian © patricia marais

Président de l'Association des maires ruraux de France, Vanick Berberian dénonce la méthode employée par le ministère de l'Education nationale dans la signature des conventions ruralité, qui poussent à une concentration des écoles.

 

Lors du dernier congrès de l’Association des maires ruraux de France, les 8 et 9 octobre, une motion de soutien à l’école rurale a été adoptée, alors que la taille des établissements, en milieu rural, est remise en question. Quel constat dressez-vous aujourd’hui sur l’école rurale ?

Il y a quelques années, on a demandé aux élus d’organiser des regroupements pédagogiques intercommunaux pour permettre aux écoles rurales de couvrir l’intégralité du cycle scolaire. Nous l’avons fait et cela fonctionne plutôt bien. Aujourd’hui, l’Education nationale veut encore plus de concentration. L’objectif, inavoué, est celui d’une école par chef-lieu de canton, pour, disent-ils, favoriser le lien avec le collège, mais surtout, économiser des postes de directeur d’école. La France souffre d’un déséquilibre de l’aménagement du territoire, en faveur des pôles urbains. La densité de population impose, certes, des effectifs d’enseignants différents à la ville, mais la ruralité ne doit pas pour autant servir de variable d’ajustement. Il faut sortir de cette vision arithmétique qui fragilise nos écoles, et accepter qu’il y ait moins d’enfants dans les écoles rurales.

La ruralité ne doit pas pour autant servir de variable d’ajustement

Que reprochez-vous aux conventions ruralité ?

Ces conventions, qui sont à l’initiative de l’Education nationale, posent d’abord un problème de fond, avec la volonté de toujours plus concentrer les moyens. Dans certaines, il est même stipulé qu’on doit tenter d’éviter les écoles de moins de quatre classes. En échange, l’Etat s’engage à maintenir les effectifs d’enseignants pendant trois ans. C’est scandaleux ! Quid de la quatrième année ? Les maires ont une vision à long terme pour leur territoire ! De plus, ces conventions n’ont aucune valeur légale. Elles sont, en effet, signées par des associations départementales d’élus qui n’ont pas la compétence des écoles. On ne voit donc pas comment elles pourraient engager, par leur signature, les maires des communes.

Ces conventions n’ont aucune valeur légale.

Comment faudrait-il procéder ?

Si ces conventions ne sont pas acceptables en l’état, il ne faut pas pour autant se mettre la tête dans le sable. En milieu rural, on ne peut pas imaginer des classes à dix élèves. Cela ne correspond plus aux attentes actuelles. Ce qu’il faut viser, c’est la qualité de l’enseignement. Or certains maires restent arc-boutés sur leur école, quel qu’en soit l’effectif. Ce que nous voulons, c’est un diagnostic partagé et sincère de la scolarité au niveau local. Le niveau départemental est imparfait. Aux élus locaux de s’entendre sur un périmètre adapté. Ensuite, ces conventions doivent être corédigées, et non imposées par l’Education nationale. Nous voulons du sur mesure, avec comme point de repère le temps passé par l’enfant dans les transports. Propos recueillis par

Les maires ruraux entendus
Le 11 octobre 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, adressait une instruction aux recteurs d’académie, leur demandant de développer les conventions ruralité. Un « diagnostic territorial partagé » devra être réalisé au préalable. Et si des seuils d’ouverture ou de fermeture de classes sont utilisés, ils seront « envisagés avec souplesse », « en tenant compte des temps et des conditions de transport ».

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