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Comment accompagner le « Cuivrexit » et passer à la fibre optique ?

Publié le • Par • dans : Dossiers d'actualité, France

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adsl-fibre-optique-thd-carte © La Gazette

Il faut organiser la transition entre le réseau téléphonique historique, soit 110 millions de km de paire de cuivre, et un nouveau réseau à très haut débit en fibre optique. La gestion de la transition va demander de la vigilance en zone rurale, là où la fibre arrivera en dernier et où la boucle locale cuivre a été la plus délaissée. Un réseau cuivre de qualité freine la demande d’installation de fibre optique. Inversement, un réseau cuivre dégradé implique une transition chaotique vers la fibre.

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Le très haut-débit prend son temps pour arriver

 

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Pour un décryptage du Plan France Très Haut Débit, rendez-vous au Forum numérique des collectivités locales, organisé par La Gazette des communes le 17 novembre prochain à Paris.

Programme et inscription ici.

Lancé en 2013, le plan France très haut débit prévoyait de couvrir tout le territoire d’un accès internet à 30 mégabits par seconde (Mbps) d’ici à 2022 « L’échéance ne sera pas respectée, à l’évidence », admet Cyril Luneau, directeur des relations d’Orange avec les collectivités locales.

Les données de l’Observatoire France très haut débit font état d’une situation satisfaisante dans les zones denses : entreprises, administrations et particuliers confondus, 100 % des Parisiens et 86 % des abonnés du Rhône ont accès à la fibre optique ou au câble, contre 12,5 % en moyenne nationale.

Dans les zones où l’habitat est plus dispersé, ce qu’on appelle le « haut-débit », c’est l’ADSL, soit 9 Mbps en moyenne : 70 % des utilisateurs de Charente, 80 % de ceux du Finistère et plus de 85 % de ceux des Hautes-Pyrénées n’ont pas d’autre solution. Et ils n’en auront pas avant quelques années, voire même une décennie dans les endroits les plus reculés.

Le déploiement des grands axes de fibre optique est en bonne voie, mais le réseau des petits capillaires censés desservir chaque prise est embryonnaire, hors des zones très denses. La boucle locale cuivre, support de ces technologies, tiendra-t-elle ? Il est permis d’en douter et de se préparer au « Cuivrexit ».

Délabrement depuis dix ans

Constitué de quinze millions de poteaux, de 110 millions de km de paire de cuivre, de nœuds de raccordement, de répartiteurs et de sous-répartiteurs, ce réseau historique a été délaissé. Les témoignages d’élus locaux à ce sujet se comptent par dizaines.

La loi pour une République numérique promulguée le 7 octobre s’est saisie du problème. Elle renforce les prérogatives des maires en rétablissant la servitude d’élagage autour des réseaux : une mesure bienvenue, mais de portée limitée.

La végétation proliférante n’est qu’un des aspects qui contribuent au délabrement, il faut aussi composer avec les répartiteurs qui prennent l’eau et les poteaux en bois hors d’âge. « Au rythme actuel, ils sont remplacés en moyenne tous les 75 ans ! » s’insurge Patrick Vuitton, délégué général de l’Association des villes et des collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel (Avicca).

Maintenir ou laisser mourir ?

Selon Michel Lebon, consultant spécialisé auprès de collectivités, « l’entretien a commencé à se relâcher il y a une dizaine d’années. » En 2011 et 2012, Orange a investi 100 millions d’euros dans la maintenance de la boucle locale cuivre. A la suite d’une enquête administrative de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) en 2014, la somme a été portée à 550 millions d’euros cette année, mais un sérieux retard s’est accumulé.

A la décharge de l’opérateur historique, celui-ci est tiraillé entre des injonctions contradictoires : l’obligation d’entretenir le réseau cuivre, mais pas trop non plus, car si l’ADSL donne entière satisfaction, la fibre n’attirera pas de clients. C’est du moins le constat posé en décembre 2014 par le rapport final de la Mission sur la transition vers le haut-débit et l’extinction du cuivre, présidée par Paul Champsaur.

« Accoutumés à des prix d’appel bas », les abonnés seraient peu enclins à « acquitter des abonnements plus onéreux en contrepartie de débits supérieurs ». Un bon réseau de cuivre étant « susceptible de freiner l’émergence du très haut-débit en France », une option serait de le « laisser couler », selon le scénario dit de la transition « au fil de l’eau ».
Une mort lente qui s’avérerait fort problématique en zone rurale. En se basant sur 83 schémas directeurs d’aménagement numérique (Sdan), la commission Champsaur estime que 70 % des foyers pourraient n’abandonner le cuivre qu’en… 2035 !

80euros le mètre, c’est ce que coûte l’enterrement des câbles en fibre optique. En aérien, sur des supports existants, les montants varient de 7€ à plus de 15€ le mètre. Un réseau d’un seul tenant est plus facile à amortir et à louer qu’un réseau mêlant les deux types d’installation.

Appel à la rétrocession

Vingt ans de coupures de téléphone de plus en plus fréquentes pour cause de réseau cuivre oxydé ? Inimaginable, pour Patrick Chaize, président de l’Avicca : « Soit Orange entretient la boucle locale, soit il la rétrocède aux collectivités qui en font la demande !»

Le sénateur de l’Ain n’en fait pas mystère, il est favorable à un « basculement volontariste » : une sortie rapide et planifiée du cuivre, coordonnée par les collectivités.

Signe de l’indécision ambiante, un décret du 3 août 2016 impose le cuivre dans les maisons individuelles mais dans le collectif, c’est le non-choix, puisqu’il prévoit fibre et cuivre.

Les technologies de la boucle locale optique sont pourtant maîtrisées avec la fibre tirée jusqu’à des antennes relais de haut débit hertzien ou jusqu’à la prise, en aérien, pour un coût estimé dans ce cas à 300 € les 50 m (1).

Une lourde charge à porter par les collectivités, mais pas insurmontable, si on utilise les supports aériens existants. Actuellement, quand elles déploient la fibre, les collectivités choisissent souvent d’utiliser les supports d’ERDF, mieux entretenus que ceux d’Orange. Pour qui, la question du réseau historique serait peut-être, finalement : comment recycler 15 millions de poteaux et 110 millions de km de paire de cuivre ?

« Il faudrait que les opérateurs en disent davantage sur leurs plans »

Michel Lebon, consultant spécialisé en réseaux auprès des collectivités

Les chiffres nationaux communiqués par Orange ne permettent pas de mesurer l’effort d’entretien de la boucle locale. L’Arcep devrait demander des données au niveau des départements, a minima. Elles existent et permettraient de sortir de l’opacité. Les opérateurs concurrents versent une redevance d’utilisation de la boucle locale à Orange, dans le cadre du dégroupage, mais nous n’avons pas la certitude que ces fonds sont affectés à son entretien. Ce qui ne fait pas débat, c’est que l’infrastructure est en piètre état, et pas seulement sur l’aérien. Les câbles en cuivre « pleine terre », en fond de tranchée, ont dangereusement vieilli. La sous-traitance n’arrange rien. Il faudrait que les collectivités aient une photographie à jour de la boucle locale et que les opérateurs en disent davantage sur leurs plans dans la fibre.

 

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    Notes

    Note 01 - Estimation du groupe de travail sur l’aménagement numérique du territoire, doc. de travail des sénateurs Maurey et Chaize, novembre 2015. - Retourner au texte

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  1. 1. José Gavilan 16/11/2016, 00h10

    Dans la bulle d'information concernant la Dordogne, votre remarque "Pas de FttH prévue pour l'instant " est inexacte car à ce jour plusieurs plaques vont ouvrir en zone conventionnée à Perigueux et à Trélissac et le plan Périgord Numérique porté par le SYNDICAT MIXTE PÉRIGORD NUMÉRIQUE en prévoit une trentaine dans les trois ans.
    cf JOURNAL SUD-OUEST du 14/11/2016.

  2. 2. Romain Mazon (journaliste)
    16/11/2016, 08h41

    Bonjour

    Les informations contenues dans la carte résultent d'un état des lieux établi début 2016. La situation a donc pu évoluer favorablement depuis dans certains territoires.

    Cordialement

  3. 3. Michel LEBON 15/11/2016, 14h41

    Quand je dis que les opérateurs ne "communiquent pas sur leurs plans sur la fibre", je pointe essentiellement un déficit de concertation locale pour avec les porteurs de projets locaux, par exemple sur leurs opticallisations de NRA, de Points Hauts du Mobile, afin que ceux-ci puissent être mutualisés au bénéfice de l’Aménagement Numérique du Territoire... Mais ils jouent du cadre réglementaire (L.49 du CPCE) que par ailleurs... ils ont bien contribué à définir (décrets y compris)!

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