Sylvia médina : « les procédures d’alerte à la pollution sont utiles »

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Le smog de la ville de Santiago

Le smog de la ville de Santiago

Flickr / CC BruceW.

La pollution de l'air a t-elle un effet sur la santé et, si oui, quelles mesures prendre pour limiter son impact négatif ? Le point avec Sylvia Médina, épidémiologiste à Santé publique France.

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Pics de pollution : agir avant le seuil d'alerte

Epidémiologiste et coordinatrice de l’équipe « air et santé » à Santé publique France, Sylvia Médina a étudié le poids de la pollution de l’air sur la mortalité en France.

Les pics de pollution ont-ils un impact sur la mortalité ?

Non, leur effet est marginal. Les pics aux particules fines (PM10), représentent 1 % de la mortalité imputable à ce polluant à Bordeaux, 15 % à Nancy. Il faut dire qu’ils sont peu fréquents. Entre 2007 et 2010, le seuil réglementaire d’alerte des PM10 n’a, par exemple, jamais été dépassé à Montpellier, ou sept fois à Marseille. La majeure partie des impacts de la pollution atmosphérique sur la santé résulte surtout d’une exposition au jour le jour, à long terme, à des niveaux inférieurs aux seuils réglementaires. Pour autant, les procédures d’alerte sont utiles car elles permettent de sensibiliser la population et de mobiliser les autorités afin qu’elles prennent des mesures pour améliorer la qualité de l’air et protéger les populations les plus sensibles.

Quels sont les impacts de la pollution chronique ?

L’exposition à la pollution de l’air, notamment aux particules fines, contribue au développement de maladies chroniques cardiovasculaires, respiratoires ou neurologiques, et de cancers. Nos derniers travaux montrent qu’elle est responsable de 48 000 décès par an en France. Certes, ce fléau de santé publique pèse moins lourd que le tabagisme, qui emporte 78 000 personnes par an. Mais il existe une différence majeure : on peut décider de ne pas fumer, mais l’on ne choisit pas l’air que l’on respire ! Par ailleurs, il n’existe pas de seuil en deçà duquel la pollution n’aurait pas d’effet. Et elle n’affecte pas que les grandes villes : elle fait perdre en moyenne, à l’âge de 30 ans, neuf mois d’espérance de vie dans les zones rurales, contre quinze mois dans les zones de plus de 100 000 habitants.

Des actions pour réduire les niveaux de pollution de fond ont-elles montré un impact sur la santé ?

Oui, le bilan de la littérature que nous avons réalisé montre que dès qu’on abaisse les niveaux de pollution, on observe un bénéfice pour la santé. Ainsi, la diminution du taux de soufre dans les carburants dans les années 90 en Europe s’est traduite par une baisse du niveau de dioxyde de soufre et a permis d’éviter 2 200 décès par an. Il faut agir à tous les niveaux, européen et national. Cependant, les initiatives locales sont aussi très importantes. D’ailleurs, nous souhaitons nous rapprocher davantage des collectivités territoriales afin de voir ensemble comment nos travaux pourraient leur être utiles pour accompagner la mise en place de mesures de réduction de l’exposition à la pollution ambiante. « Nous souhaitons nous rapprocher davantage des collectivités territoriales afin de voir ensemble comment nos travaux pourraient leur être utiles. »

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