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Les territoires et la dynamisation des ports

Améliorer l’attractivité des ports français passe par les territoires

Publié le • Par • dans : France

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Transport par bateau © Phovoir

Deuxième espace maritime mondial, la France compte sept grands ports en métropole, quatre dans les territoires d’Outre-Mer et une cinquantaine de ports « décentralisés ». Mais les ports français se retrouvent en bas du classement portuaire européen, loin derrière les Pays-Bas ou la Belgique.

 

Les ports français présentent des performances très éloignées de leurs homologues européens. Plusieurs impulsions ont pourtant été lancées pour relever le défi de la compétitivité portuaire en France. Les nouvelles compétences octroyées aux régions renforcent la mobilisation des collectivités territoriales dans les dynamiques portuaires. Cette stratégie pourrait devenir un puissant outil de renouveau pour les territoires comme le montre le dernier rapport du think tank Transport, développement, intermodalité et environnement (TDIE), présenté lors d’un colloque le 11 octobre.

Favoriser les synergies entre ports français

Les acteurs du secteur le reconnaissent tous, les ports français essaient de se concurrencer les uns les autres plutôt que d’être plus performant que les autres ports européens. Un constat dérangeant, alors même que bon nombre de ports français appartiennent à la même région, comme Bordeaux et La Rochelle, tous deux en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Pourtant, c’est au niveau continental que se jouent aujourd’hui les nouvelles alliances entre armateurs, qui fédèrent la majeure partie des clients des ports. Pour tenir le rang dans la compétition mondiale, le think tank TDIE avance plusieurs propositions-clefs dans sa dernière étude Stratégie portuaire et défis logistiques : quels leviers pour des dynamiques de long terme ?

Encourager les regroupements des ports par axe

Au tout premier rang de leurs propositions figure le développement des axes Seine et Rhône.
Concernant le premier, si Calais et Eurotunnel assurent aujourd’hui le trafic transmanche, Dunkerque qui se situe à proximité immédiate d’Anvers, l’un des plus grands ports du monde, ne travaille pas avec ses « confrères » français.

Pour l’axe Rhône, les ports de commerce de Sète-Frontignan, d’Arles et Port-La-Nouvelle travaillent indépendamment des ports de la Côte d’Azur, tout principalement Marseille-Fos qui est pourtant le premier port français de commerce.

Les atouts qu’ont chacun de ces ports sont donc perdus dans la concurrence intérieure au lieu d’organiser les efforts des ports français par axe. Une telle coordination pourrait se faire à petit pas, en commençant par la mise en commun des directions commerciales, ou être plus ambitieuse en coordonnant les investissements portuaires.

Mais elle devrait également s’étendre à l’échelle régionale afin d’optimiser les dessertes par les transports en commun et promouvoir une vision d’ensemble cohérente de la cohabitation des différents usages, comme les dimensions touristiques et environnementales.

Le rapport parlementaire Attractivité des ports maritime de l’axe Seine de Valérie Fourneyron et de Charles Revet précise d’ailleurs, en juillet 2016, qu’il ne « s’agit pas de faire la part belle à une région plutôt qu’à une autre collectivité. Non, l’échelle est toute différente, elle est celle d’une architecture nouvelle pour ambitionner une croissance portuaire inédite : celle de l’axe », continuent-ils.

Ports relevant des collectivités territoriales ou de leurs groupements

On en compte aujourd’hui de 500. Il s’agit majoritairement de ports de plaisance mais également pour certains d’entre eux d’importants ports de pêche ou de commerce.

Le transfert aux collectivités locales des ports d’intérêt national métropolitains (ports de commerce qui n’avaient pas été décentralisés en 1983) s’est achevé le 31 décembre 2006 en application de la loi du 13 août 2014 relative aux libertés et responsabilités locales.

Mieux impliquer les collectivités territoriales dans la gouvernance des ports

Les ports restent aujourd’hui des lieux essentiels de l’industrie en France, notamment pour les filières énergétiques. Le rapport de TDIE préconise donc le développement des activités logistiques, principalement la conteneurisation, qui offre un relais de croissance essentiel aux ports par le développement d’emplois.
Une proposition qui correspond aux nouvelles compétences économiques des régions, données par les lois MAPTAM et NOTRe.

Les régions sont aussi désormais à la manoeuvre pour élaborer les nouveaux outils d’aménagement du territoire, tels que le schéma d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) ou le schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) qu’elles pourront utiliser pour aménager les ports et leur base arrière, souvent appelées hinterlands.

La gouvernance des Grands Ports maritimes et leurs liens avec les métropoles font également partie des préoccupations. En juin dernier, la loi pour l’Economie bleue est d’ailleurs revenue sur ce sujet. Cette loi, adoptée le 20 juin 2016, cherche à améliorer l’attractivité des exploitations maritimes et des ports de commerce. Elle permet notamment de renforcer la responsabilité des régions dans la gouvernance des grands ports maritimes. Le président du conseil régional préside également la commission des investissements créée par ce texte.

Selon TDIE, parce que les flux logistiques transitent par et pour les métropoles, il serait pertinent d’associer ces dernières aux réflexions portuaires. Mais la réflexion est quasi inexistante estime le think tank.

L’organisation des zones logistiques ou des dessertes terrestres est pourtant capitale pour favoriser les relations d’efficacité avec les terminaux des ports. Ports d’Azur, porté par la métropole Nice Côte d’Azur, a ainsi su constituer ces dernières années un véritable réseau portuaire de tourisme, très bien relié avec tout son territoire.

 

Dynamiser l’image des ports français

Si l’image des ports français est souvent réduite à un contexte professionnel agité, la réforme portuaire de 2008 a rendu les relations sociales plus apaisées. Cependant, le rayonnement des ports français manque d’une « équipe de France » du portuaire pour reprendre l’expression des parlementaires Valérie Fourneyron et Charles Revet.

Face à cette aspiration à un travail collectif, la création d’une stratégie de communication au sein des groupements portuaires, mis en avant par TDIE, pourrait permettre d’interpeller les élus locaux sur l’importance des ports dans le développement territorial.
Le rapport Attractivité et compétitivité du Range France Méditerranée et de l’axe Rhône-Saône propose également le rapprochement des métropoles de Lyon et Aix-Marseille-Provence. Objectif premier de cette synergie : porter ensemble un plan d’action pour faire de Marseille-Fos le port sur lequel Lyon pourrait s’appuyer pour assurer son développement économique.

La réforme portuaire

La loi du 4 juillet 2008 a mené à l’unification et à la privatisation de la manutention portuaire dans le but de recentrer les missions des autorités portuaires sur les activités régaliennes, la stratégie commerciale en liaison directe avec la place portuaire, l’aménagement et la gestion du domaine portuaire. Les objectifs prioritaires de la loi, regagner des volumes et développer un dialogue social de meilleure qualité, ont été en partie atteints.

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Thèmes abordés Aménagement du littoralDéveloppement économique

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