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Baromètre « La Gazette » - MNT

Bien-être au travail 2016 : Coup de fatigue chez les territoriaux

Publié le • Par • dans : A la une, A la une emploi, Actu Emploi, Dossiers Emploi, France, Toute l'actu RH

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bien-etre-evolution-une © La Gazette

Pour sa cinquième édition, le baromètre bien-être au travail « La Gazette » - MNT a sondé le moral des territoriaux. Résultat : les troupes font grise mine, à commencer par les agents des nouvelles régions. Pourtant, l’attachement au service public demeure…

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Cet article fait partie du dossier

Baromètre Bien-être au travail dans la FPT 2016 : coup de fatigue chez les territoriaux

 

Chiffres-clés

  • 40 %
    des agents considèrent la qualité de vie au travail comme une action devant être prioritaire en 2016-2017.
  • 57%
    des agents de catégorie C ne sont pas satisfaits des relations avec leur hiérarchie (+ 7 points par rapport à 2015).
  • 84 %
    des agents de catégorie A sont satisfaits des relations qu’ils ont avec leur équipe.

Et vous, ça va ? La question posée aux territoriaux par « La Gazette » en fin d’été s’est soldée par une soupe à la grimace. La faute à la rentrée ? Si seulement… Car le mauvais état de santé psychique des agents est bien plus profond qu’une simple déprime saisonnière. En cause notamment les réformes et réorganisations qui plombent leur moral depuis plusieurs années déjà. Dernières victimes en date : les agents des régions qui digèrent mal le redécoupage territorial.

« Tout est à reconstruire. Les agents ne savent pas quelles seront leurs missions demain », déplore Caroline Charruyer, secrétaire générale de la Fédération autonome de la fonction publique territoriale (FA-FPT) de la région Nouvelle Aquitaine. Pas étonnant que 71,3 % d’entre eux s’émeuvent d’une dégradation de leur niveau de bien-être cette année, contre « seulement » 59,8 % tous agents confondus.

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Ils éprouvent aussi moins de fierté que les autres à exercer leur métier (24,1 % de satisfaits contre 34,4 % au total), se disent moins épanouis dans leur travail et ont moins l’impression de rendre un service de qualité. La gestion de l’argent public leur paraît aussi moins bonne (36 % de non-satisfaits sur ce point, contre 28,6 % au total).

S’ils sont plus exposés cette année, les personnels des régions ne sont pas les seuls à voir l’avenir en noir. Déjà peu élevée, la confiance des territoriaux s’émousse encore. Tant au niveau individuel – 70 % des agents doutent de leurs perspectives professionnelles – que collectif : 78 % des agents n’ont pas confiance dans l’évolution du service public (+ 4 points par rapport à 2015) et 83 % dans l’évolution du statut de la fonction publique territoriale. Et les discours des candidats à l’élection présidentielle visant les fonctionnaires ne devraient rien arranger à l’affaire.

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Catégorie C, rien ne va plus

Plus préoccupante encore que le manque de confiance, l’anxiété se diffuse à tous les niveaux. Pas moins de 70 % des agents, quelle que soit la catégorie, se sentent « fatigués / à très fatigués » nerveusement. Chiffre d’autant plus étonnant que les collectivités ont dû se doter d’un plan d’évaluation et de prévention des risques psychosociaux, et ce depuis 2015. A en croire 48 % des agents interrogés, il n’en est rien.

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Quand bien même des dispositifs de prévention et de traitement existent, la moitié des agents considèrent qu’ils ne sont pas adaptés aux besoins. On ne s’étonnera pas dans ces conditions que la qualité de vie au travail soit citée en premier, par 40 % des agents interrogés, comme action à privilégier par leur collectivité en 2016-2017.

Une meilleure qualité de vie au travail qui permettrait, peut-être, de faire baisser le taux d’absentéisme qui croît de 3 points par rapport à 2015 (27 % des agents disent avoir été arrêtés au cours des 12 derniers mois). Avec en particulier une progression de 5 points des arrêts de plus d’un mois des catégories C, dont le mal-être devient préoccupant.

Le niveau de satisfaction global des catégories C diminue encore cette année, en raison notamment d’une relation dégradée avec leur hiérarchie (- 7 points par rapport à 2015). Ils se disent davantage sous pression (+ 4 points), moins reconnus dans le travail (- 6 points) et souffrent d’un déficit de confiance de la part de leurs supérieurs (- 6 points). Résultat : un bien-être professionnel qui vacille au cours des 12 derniers mois (- 6 points) et des difficultés à gérer leur stress (+ 7 points).

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« Les objectifs fixés à l’encadrement rejaillissent sur les équipes. Dans certaines collectivités, on est passé à des modèles managériaux qui n’ont rien à envier au privé », remarque Bruno Collignon, président de la FA-FPT. Ce mal-être des catégories C tranche, en tout cas, avec l’état d’esprit de leurs encadrants.

Les catégories A, qu’on avait laissées en 2015 en plein désarroi, affichent cette année un regain d’optimisme. Même s’ils sont un peu moins satisfaits de travailler dans la fonction publique territoriale qu’en 2015 (86 %, contre 90 % l’an passé) et moins épanouis dans leur travail (47 %, – 4 points), ils apparaissent globalement plus positifs.

Ils sont plus satisfaits des relations avec les membres de leurs équipes (84 %, + 3 points) et de leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (68 %, + 3 points). Ils se sentent également davantage reconnus par leurs pairs (77 %, + 3 points) et leur hiérarchie (55 %, + 3 points).

« Les catégories A ont été plus impliquées dans les réformes. Ils se sentent mieux car ils savent où ils vont désormais. Les catégories C sont moins bien informées et ˝ subissent ˝ davantage », explique Johan Theuret, président de l’association des DRH des grandes collectivités.

Entre les deux, les agents de catégorie B expriment toujours un sentiment de stagnation quant à leur carrière. La moitié d’entre eux a le sentiment de ne pas acquérir de nouvelles compétences (+ 5 points), 42 % ne croient pas en un avancement dans leur collectivité (- 10 points) et leur niveau d’autonomie se dégrade (- 3 points).

Le service public chevillé au corps

Dans cet environnement professionnel instable demeure l’attachement au service public. Certes, celui-ci s’étiole encore un peu (- 3 points), mais reste à un niveau élevé (78 %) et la première source de satisfaction des territoriaux. Le maintien de la qualité des services publics locaux est d’ailleurs cité en premier choix par près d’un agent sur cinq (19 %) comme action à privilégier par la collectivité en 2016-2017, dans des proportions identiques au maintien du pouvoir d’achat. « L’attachement aux valeurs du service public a encore beaucoup de sens. Il faut s’en saisir comme levier de motivation », préconise Johan Theuret.

Les agents restent également majoritairement satisfaits de travailler dans la fonction publique territoriale (76 %) mais ce résultat est bien en deçà de celui de l’an passé (- 8 points). Et ils sont globalement fiers d’exercer leur métier (79 % de réponses ˝oui plutôt˝ et ˝oui, tout à fait˝) même si, là encore, on constate un recul de 3 points par rapport à 2015.

« Il y a un décalage entre, d’un côté, les valeurs que les agents portent en eux et la volonté de bien faire, et, de l’autre, l’incapacité de traduire leurs aspirations en actes. C’est cet écart qui génère le plus de souffrance au travail », estime Bruno Collignon.

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« Agir sur l’organisation du travail et la qualité des relations pour contrer le ressenti de neurasthénie »

Philippe Catta, expert en relations humaines, management et accompagnement du changement, cabinet CaTTalyse

A la lecture des résultats de cette enquête, on ressent de la neurasthénie, c’est-à-dire un mélange de tristesse, d’angoisse, de fatigue nerveuse, de déprime et de pessimisme, lié notamment à un problème de reconnaissance du travail des agents par les élus. Il y a urgence à ce que les employeurs territoriaux donnent du sens et fassent la pédagogie de leurs décisions politiques. La reconnaissance des managers vis-à-vis des catégories C fait également défaut. Sur ce point aussi il faut absolument s’orienter vers un management plus participatif, bienveillant et équitable. Les agents veulent globalement bien faire, mais on ne les prend pas assez en considération pour gérer les changements et apporter des solutions. Il faut faire émerger des idées de la base, et à tous les niveaux, notamment sur les aspects de fonctionnement des collectivités. Si on veut sortir les agents, en particulier les catégories C, de l’état neurasthénique dans lequel ils sont actuellement, il faut agir à la fois sur l’organisation du travail et sur la qualité des relations.

 

Références

Méthode
Etude quantitative en ligne réalisée du 22 août au 12 septembre 2016 auprès de 5 902 agents de la fonction publique territoriale, parmi lesquels 2 106 agents de catégorie A, 1 925 agents de catégorie B et 1 871 agents de catégorie C.

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  1. 1. Pad 02/11/2016, 10h33

    A l’article « Partir du principe que les gens sont dignes de confiance », je dis : attention à ne pas confondre entreprises libérées et nouvelle organisation où est de plus banni le directif au profit du collaboratif (management). Les premières qui mettent en avant l’holacratie sont une forme particulière d’émancipation qui est fort inadaptée à la fonction publique. En termes d’évolution de fonctionnement, un groupe industriel à structure matricielle où j’ai évolué a réussi globalement à supprimer un niveau hiérarchique. Dans les collectivités territoriales où j’ai travaillé, plus les structures sont petites, plus il sera difficile de mettre en application une telle évolution, du fait de la pluralité des métiers nécessitant chacun des compétences propres. A contrario, il est inutile, sinon de caresser son ego, qu’un DGS construise, tel je l’ai vécu dans une ville de 5000 habitants, une pyramide où chaque niveau hiérarchique a eu droit à son adjoint. Alors, la voie est étroite pour quitter le management taylorien ; mais il y a un travail énorme d’évolution intellectuelle des dirigeants - aussi et surtout des élus - pour accepter des pratiques et postures managériales diamétralement opposées à toute forme de despotisme. Dans une collectivité où le DGS avive la souffrance au travail, je n’ai pas tenu 6 semaines avec un management collaboratif (qui n’est pas un participatif), étant loin d’un chef donnant strictement des ordres alors que ma dynamique est d’accompagner mes équipes.

  2. 2. Pad 02/11/2016, 10h08

    Deux axes majeurs d’amélioration : 1) compétences managériales des dirigeants et prise de conscience des élus (Focus : attention dans la désignation de « management participatif » qui est inapproprié pour vouloir désigner le management collaboratif dans lequel le manager tient pleinement son rôle), 2) appréciation juste des effectifs alloués car trop de services surchargés conduisent à un stress intense des agents qui tentent de tenir le cap et finissent en arrêt de travail (burn out).

  3. 3. ssrw38 25/10/2016, 19h50

    "Encore une fois, tous les maux viennent de nos élus... Plus préoccupés par leur réélection que par l'intérêt général...
    Quant aux chefs, des managers serviles, carriéristes et couards" quand ces mêmes managers ne deviennent pas élus à leur tour, se servant de la fonction publique comme d'un vulgaire marche pied pour monter plus vite et souvent plus haut du premier coup !

  4. 4. Aniki 25/10/2016, 11h06

    Encore une fois, tous les maux viennent de nos élus... Plus préoccupés par leur réélection que par l'intérêt général...
    Quant aux chefs, des managers serviles, carriéristes et couards, obéissant aveuglément à des consignes aberrantes et contraires aux principes du service public (deux poids deux mesures, passe droit, etc...)
    Et on s'étonne -faussement et démagogiquement- que le moral soit en berne? Les causes sont connues de tt le monde, mais, ainsi va le "système"...

  5. 5. NOVA90 24/10/2016, 11h34

    Que dire... c'est une réalité sur le terrain. Que dire des employés dans les petites communes qui sont eux plus que mal traités par les maires;
    Ce n'est pas seulement un constat, cela devrait être une ALERTE pour mise en péril de la vie des agents. C'est le cas d'un membre de ma famille qui est en DANGER pour harcèlement et mal traitance. AU SECOURS pour lui....

  6. 6. skalpel86 24/10/2016, 11h15

    Avec les nombreux départ en retraite, ainsi que les baisse des dotation de l'état,
    rien ne va plus c'est sûre...
    Longtemps nos agents on puisé dans leurs réserve, mais là déçu et fatigué de donné un service public dégradé, la motivation est en baisse, le moral et les conditions de travail l'ambiance, bref rien ne va plus dans la fonction public territorial.
    De plus les chef de service, sont remplacé par des nouveau diplômé qui n'ont aucune organisation ni de sens de la gestion du personnel pas formé à encadrer des agents territoriaux, manque d'animation au sein des équipes, manque de dynamique j'ai jamais vu ça. Un service public ne se gère pas comme une entreprise, mais nos maires ne comprennent pas. les élus encore moins.

  7. 7. Henri Tanson 22/10/2016, 08h49

    La situation est gravement dégradée et ma sœur Anne ne voit rien venir...
    À part le pire.
    Les Fonctionnaires sont montrés à la vindicte populaire comme des paresseux profiteurs.
    En plus, ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés quand les promesses électorales de chaque candidat annoncent des réductions d'effectifs drastiques.
    La réforme NOTRé, le redécoupage des Régions, les regroupements de Communes, les transferts de compétences, Départements-Régions-État, n'en finissent pas de désorganiser leur cadre de travail.
    Ils n'ont plus de perspectives de carrière claires. Avec le recul de l'âge de départ à la retraite, les changements du calcul des retraites, même l'après est remis en question.
    Si vous comprenez en plus que les Services publics sont programmés, au niveau européen (article 106 du TFUE), pour disparaître progressivement, en confiant au secteur privé le maximum de missions : peu de raisons, alors, d'être optimistes.
    Les Fonctionnaires français ont mangé leur pain blanc : l'avenir est très sombre.
    À moins que nous changions de politique nationale : il n'y a aucune fatalité, le pire n'est jamais certain. Plan B ?
    Il nous faudrait un nouveau CNR. Chiche...

  8. 8. BNBE 21/10/2016, 10h19

    Que dire, je ne suis pas étonnée cela se dégrade de plus en plus avec des managers qui ne respectent pas les agents et des élus omniprésents qui se prennent pour des chefs de service un raz le bol général,

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