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[Opinion] Cadres dirigeants

Les cadres dirigeants du public et du privé, si proches et si différents

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France, Opinions

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image-management-2 © Flickr cc Yoel Ben-Avraham

Alors que les cadres dirigeants du public, notamment les emplois fonctionnels (directeurs généraux des services [DGS], directeurs généraux adjoints [DGA]), sont régis par la loi de 1984, les dirigeants du privé sont régis par le code du travail, provoquant ainsi un écart de compréhension et d’application entre élus et fonctionnaires.

Sébastien Duval © S.D.

Sébastien Duval, DGS de Nanteuil-lès-Meaux (Seine-et-Marne)

 

Dans la pratique, les élus, en s’appuyant sur le modèle du privé, imposent à leurs cadres dirigeants les mêmes contraintes. Ceux-ci deviennent tributaires du rythme des élus (activité professionnelle, cumul des mandats, événements les soirs et week-ends, bureaux et conseils municipaux) et le temps politique n’a pas de limite. Or comme tout dirigeant, les cadres doivent gérer la collectivité, similaire à une PME.

Cependant, le statut de cadre dirigeant est difficilement transposable au public, car les quatre caractéristiques qui le définissent se confrontent à une autre réalité. L’autonomie, notamment l’indépendance dans l’organisation du travail, est mise à mal par la centralisation du pouvoir, et l’absence de délégation, l’indécision ou les injonctions paradoxales empêchent le dirigeant territorial d’assumer ses pleines missions.

Le temps de travail dans le public est à la limite de l’asservissement, les collectivités fonctionnant 7j/7 et 24h/24. D’ailleurs, le rapport « Laurent » dénonce le temps de travail des cadres, qui ne respecte pas toutes les règles du droit (entre 45 et 70 heures hebdomadaires et une mobilisation 7j/7). Le niveau de rémunération est peu attractif. Les grilles sont figées par le statut, parfois incohérentes (des DGA ou des directeurs sans encadrement percevant plus que des DGS) et sont un frein à la mobilité. Un directeur général qui souhaite rejoindre une collectivité de strate inférieure subira une perte de rémunération car il intégrera une grille moins favorable.

Paradoxe entre le privé et le public

Dans le public, les membres du comité de direction n’occupent pas tous des emplois fonctionnels, mais des postes de catégorie A ou B à qui l’on demande le même investissement pour des niveaux de rémunération faible. Il existe donc un paradoxe entre le privé et le public, mais aussi une iniquité au sein même du statut. Celui-ci doit sans doute être revu, modernisé. L’abolir serait rendre inflationniste le fameux chapitre 12 (1) de la masse salariale, car ce ne sont pas nos grilles indiciaires qui attireront les cadres du privé, notamment avec cette très forte contrainte de disponibilité.

Le débat doit s’articuler entre temps de travail soutenable et rémunération adéquate, tout en révisant l’organisation du travail. D’ailleurs, certaines collectivités ont intégré la question du temps de travail des cadres dans leur projet d’administration.

En outre, la question du classement par strate doit certainement être revue, notamment entre commune et établissement public de coopération intercommunale (EPCI), car les « directeurs généraux de ville » ont souvent bien plus de contraintes liées à une gestion de proximité, contrairement aux directeurs généraux d’EPCI à strate comparable.

Enfin, il faut s’atteler au statut des directeurs généraux, même si leurs positions sont elles-mêmes partagées.

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Thèmes abordés Fonction publiqueMétiers de la fonction publique

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  1. 1. Cyndie 27/10/2016, 09h55

    Tout à fait d'accord avec ce point de vue. Sans oublier la contrainte de gestion des deniers publics où nous sommes sans cesse en train de jongler entre nécessaire rentabilité des services, intérêt général, bien-être des agents au travail...

  2. 2. Privé 26/10/2016, 09h26

    Je suis toujours abasourdi quand je lis de tels propos. Je serais donc curieux de connaître les fonctions de cadre supérieur exercées par M. Duval dans le privé.
    Je ne doute pas de sa connaissance des contraintes du Service Public. Mais pour celles du privé (voire d'organismes dépendant de l'Etat ou de collectivités locales) j'ai quelques doutes.

    Il aborde aussi la question de l'encadrement supérieur dans les PMI. Le plus souvent, cet encadrement est réduit au directeur général qui est aussi l'actionnaire principal.

    Enfin, si M. Duval estime que tout est mieux dans le privé, je ne comprends pas la raison pour laquelle il n'a pas quitté ses fonctions de DGS dans une collectivité pour exercer ses compétences dans une entreprise privée!

    Il me semble qu'il faut cesser de mettre les uns contre les autres: public-privé, cadres-autres agents... Chacun a des avantages et des inconvénients dans l'exercice de ses fonctions. Mais je comprends que l'herbe est toujours meilleure dans le champs du voisin.

    Juste une remarque: si vous lisez les rapports de la Cour des Comptes, vous constaterez que très souvent les indicateurs servent pour la comparaison entre le public et le privé. Ce dernier étant toujours considéré comme meilleur élève.
    Prenez le dernier concernant la retraite des fonctionnaires, sous des aspects bon enfant, il enfonce le clou d'une évolution qui tendrait à ne voir plus qu'une seule tête: même système de retraite pour tout le monde.
    Pour cela on se base sur des indicateurs dont toutes les composantes ne sont pas prises en compte: on affirme que la "charge patronale" de la CNRACL est supérieure à celle du privé. C'est vrai. mais on oublie de dire qu'une partie non négligeable des recettes de la CNRACL est reversée aux caisses privées par les systèmes dits de "compensation" et de "sur compensation".

    Ainsi, si on prend chaque point de manière individuelle, on peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut (un peu la démonstration de M. Duval).

    Ne serait-il pas souhaitable d'avoir une approche systémique pour aborder ces questions complexes?

  3. 3. lolita 26/10/2016, 09h04

    Dans le privé, les horaires de travail des cadres, qu'ils soient dirigeants ou non, sont fonction de l'entreprise. Il est fréquent que le 7/7 et le 24/24 s'appliquent.

    Pour la rémunération, être cadre dirigeant, dans le privé, ne signifie avoir une rémunération élevée. Tout est fonction du secteur d'activité, de l'entreprise. Ainsi de nombreux patrons de TPE/PME, bien qu'ils consacrent l'essentiel de leur temps à leur entreprise ne gagnent pas l'équivalent du smic. Il en est de même pour les cadres.... Car qui dit rémunération; dans le privé, dit chiffre d'affaires à réaliser...

    Aussi, pour les comparaisons entre public et privé, je suggérerais que l'on tienne compte de la majorité des entreprises qui emploie également le plus de salariés en France, à savoir les TPE et les PME.

    Comparer le public aux grands groupes est me semble t'il une comparaison très biaisé, surtout si l'on considère que les grands groupes sont à l'image de tout le secteur privé.

  4. 4. ej31 26/10/2016, 09h00

    Sans doute y a t'il du vrai pour une partie des collectivités, ou du moins des élus qui confondent statut privé et public, Il est donc fondamental de leur présenter celui-ci en début de mandat, mais le problème est plus profond.
    Notamment dans l'histoire même des collectivités en matière de mode de recrutement, à la source même d'une RH couteuse, débordante parfois, et inefficiente, pour ne pas dire inefficace. Et que dire des inaptes à tout ...
    C'est bien cette masse importante qui freinera toute réforme du statut susceptible d'entrainer une inflation importante de la masse salariale.
    On peut également donner d'autres exemples, celles des NBI ridicules de la FPT par rapport à l'Etat à niveau de responsabilité équivalente.
    Ceci étant, il existe aussi dans le privé des fonctions plus rémunératrices que celle du DG, sans pour autant que cela scandalise.
    Pour finir, le principe même de carrière dans la fonction publique induit une évolution constante en matière de rémunération, mais la pyramide des strates est une réalité qui conduit inévitablement vers un étranglement.

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