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Décryptage des propositions de la primaire à droite

Primaire à droite : potion amère pour la fonction publique

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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Carte électorale © Fotolia

Baisse des effectifs, remise en cause du statut de la fonction publique, augmentation du nombre de contractuels, et du temps de travail, le breuvage risque d’être acide dans les collectivités locales, après le premier débat entre les candidats à la primaire de la droite et du centre, jeudi 13 octobre.

 

S’il existe un sujet qui fait consensus à droite, c’est bien celui de la réduction du nombre de fonctionnaires dans les trois fonctions publiques. Il faut toutefois rentrer dans le détail des propositions pour distinguer des nuances entre les candidats.

Coup de rabot sur les effectifs de la fonction publique pour tous les candidats

C’est Nicolas Sarkozy qui s’est fait le plus précis hier soir en souhaitant reprendre le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux mis en place pendant la Révision générale des politiques publiques (RGPP) entre 2007 et 2012.
La fonction publique territoriale serait particulièrement mise à contribution avec le non-remplacement de 150 000 agents, notamment en passant un contrat avec les associations de collectivités, une obligation compte tenu du principe de libre-administration des collectivités territoriales. Seuls les Ministères de l’Intérieur et de la Défense seraient épargnés.

Alain Juppé prend ses distances avec l’ancien Président de la République « refusant brutalement et partout la méthode dite du ‘un sur deux’, c’est-à-dire le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux », tout en appelant de ses vœux une baisse des effectifs de 250 000 à 300 000 fonctionnaires par le non-remplacement ciblé des départs à la retraite.

Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et François Fillon souhaitent aller plus loin encore en supprimant 500 000 postes de fonctionnaires sur 5 ans.

Seul Jean-Frédéric Poisson s’éloigne de ces prises de position en proposant le renforcement des effectifs dans la fonction publique hospitalière tout en reconnaissant qu’il souhaiterait, lui aussi, diminuer la part des effectifs sans en proposer un chiffrage précis.

Enfin, Jean-François Copé propose « évidemment de baisser le nombre des fonctionnaires » sans toutefois avancer de chiffre, mais promet en revanche le « recrutement de 50 000 policiers, juges, militaires, gendarmes » pour renforcer la sécurité publique.

La remise en cause du statut de la fonction publique, une évidence pour la plupart des candidats

Pour Bruno Le Maire, qui a démissionné de la fonction publique en 2012, le statut du fonctionnaire devrait devenir « une exception ». Plus précisément, il annonce vouloir en « finir avec le statut de la fonction publique territoriale ». Autrement dit, si les agents en poste ne seraient pas concernés et conserveraient leur statut, les nouveaux agents seraient, eux, embauchés sous contrat de droit privé.

Nathalie Kosciusko-Morizet estime, elle, que le statut doit être réservé aux « fonctions régaliennes » – dont ne feraient pas partie l’éducation nationale, pour elle -  sans plus de précision sur les modalités d’application.

Du côté d’Alain Juppé, on considère que les « possibilités de licenciement pour insuffisance professionnelle ou pour refus de poste en cas de réorganisation du service seront davantage utilisées lorsqu’elles sont justifiées ».

Jean-François Copé est celui qui va le plus point en proposant d’abroger les trois statuts de la fonction publique.

Seuls Nicolas Sarkozy et François Fillon n’ont pas explicitement proposé la fin du statut de la fonction publique.

Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet estiment qu’il faut mettre un terme « à l’emploi à vie des fonctionnaires ».

Le recours aux contrat à la place du statut

Le recours aux contrats privés devrait être mis sur la table en cas de victoire de la droite en mai 2017. L’ancien élu de Sablé-sur-Sarthe, François Fillon, propose ainsi de faciliter le recours aux contractuels pour « limiter le recrutement des fonctionnaires sous statut aux missions dont la nature ou la durée le justifie ».

Même souhait pour le maire de Bordeaux, Alain Juppé, qui souhaite profiter des contractuels pour assurer les missions non régaliennes.

Jean-Frédéric Poisson propose de généraliser « à toutes les administrations non régaliennes », le recours au contrat de travail de droit privé tout comme Nathalie Kosciusko-Morizet.

Moins de fonctionnaires mais des meilleurs salaires pour compenser une hausse du temps de travail

L’ensemble des candidats se déclare, selon des modalités différentes, en faveur de l’augmentation du temps de travail des fonctionnaires. En guise de récompense de ces efforts, tous les candidats insistent sur la revalorisation salariale qui devra accompagner cette hausse de la durée du travail.

Si Alain Juppé conditionne la hausse des traitements aux « 35 heures réellement effectuées » (qui équivaudrait à la création de 80 000 postes) et à la baisse des effectifs, François Fillon propose, lui, de « réaffecter une partie des économies réalisées pour revaloriser le traitement des fonctionnaires » à condition d’un passage aux 39 heures.

Tout comme Nicolas Sarkozy qui souhaite, lui aussi, des fonctionnaires « mieux payés» qui travailleraient désormais 37 heures tout en privilégiant « l’avancement au mérite et non à l’ancienneté ».

Bruno Le Maire souhaite également valoriser les efforts des fonctionnaires les plus méritants.

Sur la même ligne, Jean-François Copé estime qu’une augmentation du temps de travail permettra « une contrepartie financière négociée. »

Ni Jean-Frédéric Poisson ni Nathalie Kosciusko-Morizet ne sont exprimés sur la hausse du traitement des fonctionnaires.

Sur le terrain de la laïcité, Nicolas Sarkozy défend les maires et Bruno Le Maire tape fort

Pas de surprise non plus sur le sujet de la laïcité dont l’application devient aujourd’hui un enjeu dans les collectivités, chacun campant sur des positions déjà connues.

Alain Juppé a défendu « la liberté de religion et le strict respect des lois de la République » en prônant une « laïcité de bon sens », tandis que François Fillon ne souhaite pas « durcir la laïcité », estimant que le problème réside dans la montée de l’intégrisme islamique.

Concernant le financement des nouveaux lieux de culte, centré uniquement sur les mosquées, Nathalie Kosciusko-Morizet a une nouvelle fois défendu la redevance sur les produits hallal, alors que Jean-François Copé a dénoncé les financements par les puissances étrangères.

Interrogé sur le burkini, Jean-Frédéric Poisson a déclaré ne pas avoir « compris les volontés d’interdire le port du burkini ».

Au contraire, Nicolas Sarkozy ne veut pas « laisser les maires seuls avec ça », et s’y oppose farouchement « au nom de l’égalité homme-femme » en dépit de la décision du Conseil d’Etat qui a annulé en septembre les arrêts pris interdisant les burkinis sur les plages de France.

Enfin, Bruno Le Maire s’est dit préoccupé par un « islam politique qui ne cesse de gagner du terrain en France » et souhaite donc faire passer le port de la burqa, puni d’une simple contravention, à un délit.

Salaires des fonctionnaires : comparez, simulez, partagez !

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  1. 1. Henri Tanson 19/10/2016, 17h24

    Aurcads;

    Un candidat qui parlera de la FP autrement qu'à travers le prisme de la rentabilité, du coût, je pense qu'il y en aura un. Il expliquera même que la volonté de supprimer la Fonction publique n'est pas une idée française, mais la simple application des traités européens, ce dont personne ne parle.
    Mais d'ailleurs, qui parle des vrais sujets, sérieusement ?

    En tous cas, il y en a un qui cherche avec persévérance, ses promesses de parrainages, et qui a toute une équipe de bénévoles pour l'aider dans sa tâche.
    500 parrainages, quand on n'est pas connu par le grand public (et pour cause) et que l'on propose une autre politique, ce n'est pas simple...

  2. 2. Aurcads 17/10/2016, 16h22

    Inquiétant certes...mais tellement éloigné des réalités du terrain, que j'attends de voir concrètement comment tout ceci s'appliquera.

    Car c'est une chose de réduire les effectifs de la FP à "contraintes réglementaires" et population constantes, c'en est une autre de les réduire dans un pays qui gagne bon an mal an 350 000 habitants (soit 1 million et demi sur un mandat présidentiel...), tout en ayant un vieillissement marqué de cette population qui augmente, et tout en pondant non-stop de nouvelles normes et règles hyper consommatrices de moyens humains...si c'est juste pour privatiser des missions aujourd'hui assurées par des agents publics pour pouvoir dire "j'ai réduit les effectifs..." ces propositions sont parfaitement ridicules.

    On cherche à rentrer dans l'esprit des gens qu'un des principaux problèmes du pays serait le sureffectif dans certaines fonctions publiques : c'est sûr que rémunérer des agents la plupart du temps en dessous du salaire médian, pour assurer des missions aussi "vaines" qu'encadrer / s'occuper d'enfants, accueillir et renseigner du public, aménager et entretenir l'espace commun etc. c'est certainement la priorité des priorités ; l'évasion ou l'optimisation fiscale quand à elles n'étant pas même évoquées comme pistes pour équilibrer les comptes alors que les possibilités sont encore colossales...comment leur dire ?
    Et l'appropriation sans cesse plus marquée de la création de normes hyper-contraignantes par une administration centrale de plus en plus hors-sol, y aura t-il quelqu'un pour leur en parler ?

    Ces débats stériles et même datés, ont en fait pour seul but de complaire à un électorat souvent bien mal informé ; alors bravo au candidat qui osera aborder ces questions de coût de la dépense publique autrement que par ce seul prisme binaire et crétin des effectifs, mais y-en aura t-il seulement un...

  3. 3. Mouais.... 17/10/2016, 13h21

    Apolitique, et à mon avis, il faut recadrer le débat.

    En effet, tous ces candidats prônant la fin du statut des fonctionnaires, quelle que soit la FP visée, oublient des éléments importants comme :

    - ce sont eux qui tiennent les rênes d'une collectivité, ou tout autre entité publique ;
    - concernant les collectivités, n'oublions pas qu'ils se doivent d'appliquer, entre autre, les lois en respectant principalement les différents décrets concernant les marchés publics en oubliant les relations, d'appliquer les différents outils d'encadrement mis à disposition par le statut du fonctionnaire en oubliant qu'ils sont amis avec tel ou tel personne de la collectivité, etc ;
    - j'arrête ici, car la liste serait trop longue, et vous en connaissez autant, sinon plus.

    Mais malheureusement, tout cela ne trouve aucune audience car, à peine élus, ils "beaucoup" trop préoccupés par les prochaines échéances, et leur course au pouvoir.

    Et oui, TOUTES LES VERITES NE SONT PAS BONNES A DIRE.

    A tous, bon courage !

  4. 4. JO 17/10/2016, 10h31

    Cette primaire souligne une grande capacité des candidats à imaginer et proposer un futur. Les français peuvent s'estimer privilégiés d'être représentés pas des personnes si nobles et si sages. J'espère que cette soirée médiathèque a pu être suivie de la diffusion d'un "Mad Max" pour mettre en image cet avenir radieux proposé.

  5. 5. isa 15/10/2016, 17h12

    Petites précisions juridiques : Le "statut de la fonction publique" dont on parle tant à tort et à travers, est entièrement et prioritairement construit pour la PROTECTION de l'ADMINISTRATION et comporte tous les outils pour cela. Le problème est que ces outils ne sont absolument pas utilisés par les hiérarchies, du bas jusqu'en haut, par manque de courage. Lui substituer le droit du travail du privé ne ferait qu'empirer le laxisme, car l'administration ne disposerait plus alors de toutes ses "prérogatives de puissance publique" et on pourrait craindre le pire.
    Par ailleurs, la plus haute juridiction ayant arrêté depuis longtemps qu'un contractuel est obligatoirement "de droit public" dès lors qu'il est recruté par une administration et participe à un service public (arrêt BERKANI Tribunal des conflits 1996), il nous faudra revoir l'ensemble de notre droit français et la séparation administratif/civil avant de pouvoir recruter sous contrat privé !

  6. 6. Henri Tanson 15/10/2016, 08h24

    Pour défendre la Fonction publique qui nous est si chère, évidemment, il ne faudra pas voter pour un candidat qui propose ces "potions amères" !
    Par contre, pour trouver un candidat qui aurait comme projet de redonner des couleurs à cette Fonction, à nos Services publics qui forment notre modèle social que tant de pays nous envient, il va falloir bien chercher...
    J'espère juste qu'il en existera un, qui sera crédible et qui aura la possibilité de regrouper une majorité d'electeurs pour pouvoir appliquer sa politique; sinon, à quoi bon ?
    Voter pour un candidat qui nous envoie régulièrement dans une voie de garage : à quoi bon ?
    Ce n'est pas gagné... Notre avenir n'est pas réjouissant.

  7. 7. Henri Tanson 15/10/2016, 08h16

    Là, ce sont des candidats de droite, mais ne nous leurrons pas; les autres candidats, à gauche et ailleurs, proposeront aussi cette même politique de destruction de la Fonction publique. Pour, soi disant, des raisons budgétaires, mais en fait, pour appliquer les traités européens qui affichent, en toute transparence, leur volonté de laisser le marché décider de tout; l'action de l'Etat faussant les règles de libre concurrence...
    Et pas un seul candidat ne remet vraiment en question notre appartenance à l'UE. Certains laissent croire qu'ils pourront taper du poing sur la taille, qu'ils pourront négocier.... Mais on ne négocie pas avec 27 États européens puisque, pour modifier les traités qui sont supérieurs à nos lois, il faut que les 28 soient d'accord, à l'unanimité, pour changer le moindre article des traités...
    En fait, l'Europe : tu l'aimes ou tu la quittes !
    Il n'y a pas de solution intermédiaire.
    Ceux qui évoquent le recours à un référendum, "pour plus tard", "pour le cas où", ne cherchent qu'à tromper leurs électeurs.... Élisez-moi d'abord et après, on passera à autre chose. Un peu ce que nous a imposé Hollande en 2012.

  8. 8. Henri Tanson 14/10/2016, 18h09

    Que peuvent promettre des candidats à la primaire ?Tout et n'importe quoi... Ils ne s'engagent en rien. La présidentielle est loin..
    Par ailleurs, que les candidats proposent de réduire les dépenses de l'Etat et de supprimer des fonctionnaires ou de changer leur statut, cela n'a rien d'étonnant : c'est exactement la politique que nous impose Bruxelles et l'application des traités européens.
    A la fois pour des arguments de déficits et parce que l'action de l'Etat contrarie l'exercice de la libre concurrence. Le privé, rien que le privé, tout au privé comme diraient les candidats (NKM et BL, entre autres...). C'est la fin programmée des services publics et du rôle social, égalitaire et redistributif de l'Etat.
    A part M. Poisson, aucun des candidats ne remet en cause la politique néolibérale qui nous est imposée par l'Europe; ils ne peuvent donc que calquer leurs propositions sur les demandes de Bruxelles. D'ailleurs, aucun des candidats ne se place au niveau politique, restant des gestionnaires s'échangeant des recettes de cuisine; politique.
    A part l'extra-terrestre Poisson qui a un discours rarement entendu.
    Ça n'est pas très enthousiasmant d'entendre messieurs Juppé, Coppé, NKM, Sarkozy, Fillon et Lemaire nous dire, sans nous le dire, qu'ils n'ont pas le droit de faire de la politique... A quoi bon chercher la place de président si c'est pour laisser les lois du marché décider de ce qui est bon pour nous ou pas ?

  9. 9. Octave Lostie 14/10/2016, 17h07

    " Réserver le statut aux fonctions régaliennes" pourrait bien signifier plutôt "réserver le statut au énarques et grands corps" qui verraient ainsi leurs privilèges maintenues. Rien non plus, et pour les mêmes raisons sur la suppression de l'ENA. Vu que ce eux qui sont en pointe sur cette proposition en sont issues... Pas tr!s innovant en effet !

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