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Drogues

La première « salle de shoot » française ouvre dans la capitale

Publié le • Par • dans : Régions, Toute l'actu prévention-sécurité

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salledeshoot1 © Isabelle Raynaud

L’expérimentation des salles de consommation à moindre risque (SCMR) à destination des usagers de drogues est lancée, ce vendredi 14 octobre, à Paris, à proximité de la gare du Nord, après plusieurs années d’attente.

 

« S’il vous plaît, ne l’appelez pas salle de shoot », c’est sur cette demande que commence la visite à la presse de la salle de consommation à moindre risque de la ville de Paris, qui ouvrira ses portes aux usagers le 14 octobre 2016. Soit trois ans après son annonce.

Entre temps, le lieu a été déplacé, tout en restant dans le quartier de la gare du Nord. L’association Gaïa, qui gèrera l’établissement, s’est installée dans un bâtiment dépendant de l’hôpital Lariboisière, mais avec une entrée séparée, les consommateurs de drogue n’ayant donc pas à se présenter à l’hôpital. Ils n’auront qu’à passer la porte, discrète, du 4 rue Ambroise-Paré, pour venir consommer. Une petite cour permettra à ceux qui sont accompagnés d’animaux de venir consommer dans des conditions moins risquées. La salle sera ouverte tous les jours, de 13h30 à 20h30.

Eviter les contaminations

Lors de la première visite, les personnes devront passer un entretien d’une demi-heure environ pour faire le point sur leur consommation et leur créer un dossier, qui restera néanmoins anonyme, les usagers ne donnant qu’un prénom ou pseudo. Une fois enregistré, ils peuvent, quand un des 12 postes d’injection ou des 4 postes d’inhalation est disponible, passer dans la salle de consommation. Ils y trouvent du matériel stérile et/ou à usage unique qu’ils doivent laisser sur place en partant mais qui leur permet d’éviter les risques de contamination VIH ou hépatite (B et C).

Du personnel médical et des travailleurs sociaux formés aux premiers secours sont également toujours sur place pour pouvoir réagir immédiate en cas de problème, notamment overdose. Ils ne participent cependant pas à la prise de drogue, l’injection est faite par le consommateur lui-même, avec la dose qu’il a apporté.

Repérer les consommations à risque

La salle est prévue pour pouvoir accueillir chaque jour entre 300 et 400 passages. Comment s’assurer que les consommateurs n’abusent pas ? « Les personnes qui vont venir, on va les connaître rapidement, explique José Matos, chef de service du Caarud (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) de Gaïa. Nous saurons donc quand ils arrivent s’ils peuvent consommer ou pas. » Dans le deuxième cas, le but sera alors de créer un lien avec le consommateur pour retarder la prise de drogue. « Si on le fait partir, il ira faire son overdose deux rues plus loin », souligne José Matos.

Et après la prise d’une substance, pas question de laisser les consommateurs retourner à la rue immédiatement, une salle de repos a été prévue pour que les personnes se détendent autour d’un café ou d’un atelier de travail manuel. « C’est un moyen de recréer du lien avec ces personnes et pourquoi pas les amener à autre chose : ouvrir des droits, penser à une domiciliation, un hébergement d’urgence… »

Instruction à la police

« Il a fallu du temps pour convaincre les politiques. La France est très avancée sur les traitements de substitution mais elle a 30 ans de retard sur les salles de consommations », regrette José Matos. Pour lui, l’expérimentation, qui selon la loi de modernisation de notre système de santé doit durer 6 ans, sera un succès. « Ça marche partout ailleurs », assure-t-il. Des « salles de shoot » sont en effet ouvertes dans une dizaine de pays.

Pour que l’expérience soit une réussite, il faut néanmoins que les consommateurs viennent, donc qu’ils soient rassurés concernant les patrouilles de police qui pourraient vouloir « cueillir » les usagers à proximité de la salle. Selon Le Monde, une note confidentielle a été transmise aux policiers par le procureur de la République de Paris « leur indiquant un périmètre de tolérance judiciaire à l’égard des usagers aux abords de la salle ».

Oppositions de la droite et de riverains

Certainement pas de quoi rassurer les riverains, dont certains continuent à s’opposer à l’ouverture de la salle.

salledeshoot4

« Il fallait que la salle soit dans ce quartier. Les usagers ne se déplacent pas pour consommer, la gare du Nord est donc un lieu stratégique », affirme cependant José Matos. Les consommateurs sont déjà là, autant réduire sur ce lieu les nuisances au maximum en supervisant leurs prises et en évitant qu’on continue à retrouver des seringues partout dans les rues.

Bernard Jomier, adjoint à la maire de Paris en charge des questions relatives à la santé assure d’ailleurs que le délai entre l’annonce de l’ouverture d’une salle de consommation dans le quartier, en 2013, et l’ouverture effective a permis aux esprits de se calmer. « Les tensions sont bien moindres qu’il y a quelques mois. »

« Soit on abandonne ces consommateurs à la rue, soit on tient compte de chacun », résume-t-il. La mairie de Paris a fait son choix et a remplacé au pied levé la région Île-de-France quand cette dernière s’est finalement retirée financièrement de l’expérimentation. « Il fallait que la salle ouvre dans de bonnes conditions », explique l’adjoint. La ville a donc budgété 1 million d’euro pour la création du lieu. Son fonctionnement sera lui financé par l’Agence régionale de santé, sur des crédit de l’Assurance maladie, pour un montant de 1,2 million d’euros par an.

 

Bientôt une autre salle à Strasbourg

D’ici quelques semaine, une deuxième salle de consommation devrait ouvrir, à Strasbourg. En 2013, d’autres villes (Bordeaux, Nancy, Toulouse…) avait fait connaître leur intérêt mais n’ont pour l’heure pas lancé de démarches. Certaines attendraient les premiers retours de l’Inserm, qui évaluera les expériences parisienne et strasbourgeoise, pour voir si elles vont au bout du projet.

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Thèmes abordés AddictionsPrévention de la délinquanceSocialTravail social

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  1. 1. Marg 12/10/2016, 15h46

    Et ça ne vous dérange pas de l'appeler "salle de shoot" quand même ? ...

  2. 2. ssrw38 12/10/2016, 14h30

    Usagers de drogues, réfugiés, migrants, terroriste prisonnier hyper surveillé et disposant de 4 cellules ... tant de monde 'bien traité' par l'Etat français aux frais des contribuables. Mais savez vous qu'en face des gamins malheureusement nés différents et porteurs de handicaps divers n'ont quasiment aucun droit, eux?
    Manque criant de places en structures adaptées, refusés à l'école ordinaire celle de la république car trop difficiles à intégrer dans des classes systématiquement surchargées, devant se 'battre' régulièrement face à la Commission des Droits et de l'Autonomie pour renouveler ou obtenir la Carte d'Invalidité et pire encore chaque année pour obtenir l'Allocation d'Education de l'Enfant Handicapé et l'un des compléments censés soutenir les familles face aux frais multiples engagés voire à la cessation de toute activité professionnelle pour au moins l'un des parents.... voici un très bref aperçu de la vie de ces enfants (puis plus tard adultes) et de leur familles. Alors je me pose souvent la question de quel côté vaut il mieux être au Pays des Droits de l'Homme ?

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