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Déchets

Les boues de la station d’épuration recyclées en céramique et en matériau routier

Publié le • Par • dans : Innovations et Territoires

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Technosables-produit © CCEPC

L’épandage des boues d’épuration étant contraint en zone d’appellation « Champagne », l’interco les transforme en un matériau recyclable dans l’industrie et les travaux publics.

 

[CC Epernay pays de Champagne (Marne)21 communes • 38 900 hab.]

Malgré ce que suggère leur nom, les « technosables » ressemblent à de la terre, dont l’absence d’odeur masque l’origine. Elaborés par OTV (filiale de Veolia), ils résultent du procédé de traitement d’oxydation par voie humide : après épaississement, les boues issues de l’épuration des eaux usées sont chauffées durant une heure à 250°C sous une pression de 54 bars et en présence d’oxygène pur.

En ressort un mélange de rejet gazeux propre, de liquide organique biodégradable et, surtout, de résidu minéral solide et inerte, composé d’argiles, de calcaires et de phosphates : les technosables, voués à valorisation.

Quantités modestes de technosables

Après plusieurs années d’études techniques et de caractérisation en laboratoire, complétées d’essais sur un chantier expérimental dans une rue d’Epernay, ces résidus de l’assainissement sont reconnus comme matériau le 11 décembre 2015 : un arrêté du préfet de la Marne autorise leur emploi sous forme de remblais de tranchées en voirie urbaine ou de faïence dans l’industrie de la céramique. Un aval assorti de conditions, comme le plafonnement de la part des technosables à 7 % dans la céramique et à 35 % dans les remblais.

Ce ne sera pas un facteur limitant pour la communauté de communes Epernay pays de Champagne (CCEPC), propriétaire de la Step d’Epernay-Mardeuil : la demande excédera à coup sûr l’offre. « La Step produit 700 tonnes par an de technosables, ce qui permettrait d’effectuer entre 800 et 1 000 mètres de voirie dans l’année, quand la CCEPC réalise 2 à 2,5 km de voirie et réseaux divers », indique-t-on aux services techniques. Environ 5 500 tonnes sont stockées sur place, depuis le début de la production en 2006. Si ces résidus constituent une alternative crédible aux agrégats naturels qui se raréfient, ils achoppent encore sur l’absence de filière organisée.

L’étranger sur les rangs

Seule la Step marnaise les « commercialise » à ce jour - à prix nul. A Rennes (3 000 tonnes de technosables par an), Aix-en-Provence (2 000 t) ou Bruxelles (6 000 t), on en est au stade de la réflexion voire du stockage des technosables, dans l’attente de débouchés.

Par ailleurs, un concurrent potentiel se profile : les 100 millions de tonnes par an de déchets inertes issus du BTP (bétons, terres, gravats), qui devront être valorisés à 70 % en 2020 (loi de transition énergétique de 2015).

Reste que le procédé intéresse fortement… à l’étranger, malgré le surcoût de construction de la Step (23 %). La CCEPC a plusieurs fois reçu la ville de Rennes, signale son président, Franck Leroy. Mais aussi « une dizaine de délégations, de Chine et de Corée notamment, et même un bureau d’études américain ».

 « Pas encore de recettes, mais une économie sur le traitement »

Franck Leroy

Franck Leroy, président de la CC Epernay pays de Champagne

Les technosables ne seront pas vendus mais donnés aux entreprises qui en feront la demande, à charge pour elles de venir les enlever. S’ils ne génèrent pas de ressources, les technosables nous épargnent certaines dépenses : l’épandage des boues à plusieurs dizaines de kilomètres d’Epernay, leur incinération ou leur stockage. Les technosables constituent aussi un bon exemple de R&D et d’économie circulaire. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie confirme d’ailleurs pouvoir aider les industriels qui souhaiteraient les introduire dans leur production. Les entreprises locales de travaux publics ont de leur côté manifesté leur intérêt pour ce produit.

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Thèmes abordés Traitement des eaux usées

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