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[EDITORIAL] Décentralisation

Le tournant girondin

Publié le • Par • dans : France

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Valls-ARF-Reims-2016 © Régions de France

Le jeudi 29 septembre devant le congrès des régions à Reims, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé qu'à compter de 2018, les régions françaises ne recevront plus de DGF de l'Etat mais bénéficieront en contrepartie d'une fraction équivalente de TVA. Une petite révolution !

 

Le reproche courait depuis le début de la mandature. Au lieu de transférer des responsabilités d’Etat aux collectivités, le pouvoir se contentait de redistribuer les compétences entre échelons, modifiant la carte des territoires à l’envi. En dehors d’un bout de formation professionnelle par-ci, d’un morceau de politique de l’emploi par-là, les bureaux parisiens gardaient la main. Un peu partout, Bercy imposait son austérité. L’acte III de la décentralisation portait bien mal son nom. Le personnage de Manuel Valls, campé dans des postures d’autorité, contribuait à creuser cet abîme. Chez lui, les Girondins discernaient davantage l’émule de Clemenceau que le disciple de Rocard.

Le sacre des régions

Mais, ô divine surprise pour eux, le Premier ministre s’est métamorphosé ces dernières semaines. Il a fait droit aux demandes d’Anne Hidalgo. A la ville de Paris, Manuel Valls a accordé moult pouvoirs de police. Envolée, la vieille méfiance du pouvoir central envers la cité-capitale. Le locataire de Matignon ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Le 29 septembre à Reims, il a octroyé aux régions une part de fiscalité dynamique, la TVA, en lieu et place des dotations soumises chaque année au bon vouloir de l’Etat. Jean-Pierre Raffarin en avait rêvé, Manuel Valls l’a fait. La réforme territoriale, jusqu’ici fort nébuleuse, prend tout son sens. C’est désormais très clair : les régions françaises marchent sur les pas de leurs consœurs allemandes et italiennes.

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« Décoloniser la province »

Le Premier ministre s’inscrit aussi dans les pas de Michel Rocard qui voulait « décoloniser la province ». Dans le même temps, il reste fidèle à Clemenceau, épris, on l’oublie, de libertés locales au lendemain de la Grande Guerre. Sa France des régions ne ravira guère les républicains de stricte obédience, qui constituaient son cœur de cible. Les Girondins, guère à la fête avec le bonapartisme sarkozyste et les circonvolutions hollandiennes, peuvent relever la tête. Il y aura, à l’évidence, un avant et un après-Reims.

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Thèmes abordés Etat et collectivités localesFinances locales

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