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Egalité professionnelle

Les propositions des DRH pour mettre fin à la ségrégation professionnelle

Publié le • Par • dans : A la une, A la une emploi, A la Une RH, Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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femmes qui repassent avec des enfants © Flickr CC by Boston Public Library

Auditionnés par la mission sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique, les DRH de grandes collectivités préconisent des mesures pour lutter contre l’absence de mixité de certains métiers. L’écart de rémunération en serait réduit de moitié.

 

Le constat n’est pas nouveau, les femmes fonctionnaires, pourtant majoritaires dans la fonction publique territoriale, sont moins rémunérées que leurs collègues de sexe masculin, en dépit de l’égalité de traitement garantie par le statut.

Invités à donner leur point de vue sur les moyens d’aller vers plus d’égalité, les représentants de l’association des directeurs de ressources humaines des grandes collectivités territoriales (ADRHGCT) ont rencontré la députée (PS) Françoise Descamps-Crosnier, le 6 septembre, dans le cadre de la mission que lui a confiée le Premier ministre. Au cours de cette audition, les représentants des DRH ont fait état de données soit lacunaires, soit détenues de manière confidentielles.

Réduire l’écart

L’origine des inégalités de situation est pourtant connue : surreprésentation des femmes dans les emplois et les grades les moins rémunérés, déroulement de carrière et de régime indemnitaire distinct selon les filières, incidence de la maternité sur le temps de travail, choix professionnels influencés par la culture et la société, emplois à prédominance féminine dévalorisés…

Une « ségrégation professionnelle » qui explique, selon l’ADRHGCT, une part importante des écarts de rémunération dans la FPT. La faire disparaître réduirait de moitié, selon ces DRH, la différence de salaires entre femmes et hommes.

Anomalies statutaires

Parmi d’autres leviers, l‘association préconise le rééquilibrage des grilles indiciaires et du régime indemnitaire, la réduction des différences de temps de travail et la levée d’anomalies statutaires.

« Nous avons apporté notre point de vue de praticiens. La lettre de mission du Premier ministre était très centrée sur les écarts de rémunération. On les reconnaît. Mais l’on manque de données sur les salaires. Celles du bilan social établi par la DGCL à partir des rapports sur l’état de la collectivité ne donnent pas les rémunérations moyennes par échelon et par grade. On ignore pourquoi », souligne Sarah Deslandes, directrice de la santé et de l’action sociale au centre interdépartemental de gestion de la petite couronne d’Ile-de-France qui a animé le groupe de travail de l’ADRHGCT sur le sujet.

Ecriture mixte

Pour remédier à la « ségrégation », accentuée par le fait que des métiers restent associés à un genre, l’ADRHCT préconise la généralisation d’une écriture mixte dans tous les documents institutionnels, à commencer par les décrets qui régissent les cadres d’emplois, mais aussi les annonces de vacances de postes.

Exemple cité dans la contribution remise à Françoise Descamps-Crosnier : le mot puéricultrice ne s’écrit qu’au féminin, selon leur statut particulier, alors que les ingénieurs ne connaissent que le masculin.

Autre représentation sous influence, les recrutements de directeurs généraux de service sont présentés systématiquement au masculin alors que les postes de chargé(e)s d’accueil se conjuguent exclusivement au féminin.

Les membres de l’association des DRH de grande collectivités appellent à « l’objectivation à la fois des intitulés, des compétences et des métiers dans les profils de postes », pour « lever les freins socio-culturels communs à la prise de responsabilité, à la mobilité inter filières, à l’exercice de métiers dits « genrés ».

« Ce qui fonctionne dans une annonce, c’est d‘écrire l’intitulé du poste au masculin et au féminin, plutôt qu’au masculin en précisant ‘H/F’ » remarque encore Sarah Deslandes.

Des quotas de promotion

D’autres pistes ont été évoquées avec la rapporteure. L’apprentissage pourrait, toujours selon les DRH, aider à aller vers plus de mixité.

Outre l’accès aux concours et aux postes de direction à faciliter, d’autres freins liés à la promotion interne, qui reste à la discrétion des élus, pourraient être levés dans la fonction publique territoriale. Proposition de l’association des DRH : un rapport d’information post-CAP d’avancements et de promotions diffusé aux instances paritaires permettrait de mieux veiller aux équilibres.

« Nous préconisons, pour lutter contre l’autocensure des femmes, de réfléchir à des quotas femmes-hommes pour la promotion interne, car cela reste des choix discrétionnaires des élus. Les hommes sont favorisés par ces promotions internes », explique Sarah Deslandes.

Refonte du régime indemnitaire

Parmi d’autres solutions vers plus de mixité et d’égalité, l’association préconise la tenue des conseils municipaux en journée, comme dans les conseils départementaux et régionaux alors que l’organisation du travail liée à la disponibilité des élus municipaux induit des horaires tardifs difficilement compatible avec une vie de famille.

Une refonte des primes pourrait en outre améliorer l’égalité professionnelle : nombre de fonctions techniques, souvent exercées par des hommes, ouvrent droit à des primes censées compenser la pénibilité de ces métiers alors que les agents d’entretien par exemple, surtout des femmes, n’ont pas droit à ces primes.

Des suggestions concrètes qu’il appartient désormais à la mission égalité professionnelle dans la fonction publique d’examiner pour en faire, avant la fin de l’année, des recommandations au Premier ministre.

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  1. 1. pov citoyen 06/10/2016, 07h53

    Comme toutes les ségrégations positives, cela tourne au ridicule; il faut travailler sur les mentalités et analyser l'évolution, pas uniquement le constat; il faut fixer des objectifs raisonnables et pas sombrer dans l'angélisme, du genre 50% de puericulteurs en 2017...

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