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[Opinion] Management

L’innovation managériale, effet de mode ou transformation durable ?

Publié le • Par • dans : France, Opinions

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innovation © Flick CC by Missy Schmidt

Après le succès du reportage de Martin Meissonnier sur le « bonheur au travail », le monde de la fonction publique a lui aussi été touché par la fièvre de l’innovation managériale. On en veut pour preuve la conférence d’Isaac Getz, donnée dans le cadre de la réflexion lancée récemment par la ministre de la Fonction publique ou encore le thème des prochains entretiens territoriaux de Strasbourg.

Clément Lebras-Thomas, secrétaire général de la DGS « territoires et mobilités » de l'Essonne et coordinateur du Lab' AATF

 

L’innovation managériale est dans l’air du temps. Certains objecteront – peut-être à raison – qu’il ne s’agit là justement que d’air… L’innovation est encore trop souvent ce concept-écran opportun, qui permet à certains de faire l’économie d’une pensée critique à l’encontre du – de leur – management.

Il n’est pas très difficile de se draper dans l’innovation pour s’offrir, à peu de frais, un vernis de modernité. Mais il peut aussi s’agir d’une véritable ambition de remise en mouvement de nos pratiques, le but du jeu étant, dans ce cas, de faire différemment pour sortir par le haut des contraintes qui pèsent sur nos organisations.

Le Lab’ AATF

Comment, alors, séparer le bon grain de l’ivraie ? Deux éléments peuvent poser les bases d’une évaluation : l’usage et l’utilité. Une nouveauté qui ne rentre pas dans les pratiques de l’organisation, ce n’est pas une innovation mais un discours. L’autre critère est celui de la finalité : pour éviter l’effet gadget, il faut que l’innovation soit au cœur des enjeux du collectif et non pas à leur périphérie.

A la suite du congrès de l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF) de 2015, nous avons souhaité créer un dispositif continu de soutien aux expérimentations managériales dans les collectivités : le Lab’ AATF. Un appel à innovation a été lancé par l’association, et une douzaine de collectivités et d’établissements publics, répartis sur tout le territoire national, ont répondu présent.

Grand sérieux dans la méthode

Quelques modestes enseignements peuvent déjà être tirés des premières expérimentations du Lab’ AATF. Celles-ci n’ont pas eu une cible unique, car elles s’attaquaient à une diversité d’enjeux, souvent majeurs pour l’organisation : responsabilisation collective dans la recherche d’économies, réforme participative du temps de travail, nouvelle gouvernance territoriale au sein des établissements publics territoriaux du Grand Paris. D’autres ont plutôt fait le choix de tester de nouveaux outils pour les managers (évaluation 360°, management visuel, ethno-méthodes, etc.) pour essayer de résoudre les problèmes par la base.

Ensuite, l’innovation publique, parfois caricaturée comme champ d’idéalistes, nécessite en réalité un grand sérieux dans la méthode et certains investissements, notamment en capital humain. Ici, on ne saura trop inciter les recruteurs publics à plus s’intéresser à ces métiers émergents et compétences de l’innovation, du designer de service public au conseiller en organisation.

Enfin, le portage hiérarchique (et politique) de l’innovation n’est pas gagné d’avance, et c’est tant mieux. Si certains dirigeants prennent le sujet à bras-le-corps, d’autres le regardent avec circonspection. Personne n’a jamais prétendu que l’innovation était un long fleuve tranquille, c’est un combat qui ne peut se gagner que par la preuve et non par l’effet de manche.

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  1. 1. Pad 22/10/2016, 15h54

    L'article "Management : « Partir du principe que les gens sont dignes de confiance »" a été publié le 14/10/16 et me fait réagir ainsi dans ce même contexte :
    Attention à ne pas confondre « entreprises libérées » et nouvelle organisation où est de plus banni un management directif au profit d’un management collaboratif. Les premières qui mettent en avant l’holacratie sont une forme particulière d’émancipation qui est fort inadaptée à la fonction publique. En termes d’évolution de fonctionnement, un grand groupe industriel à structure matricielle au sein duquel j’ai évolué, a réussi globalement à supprimer un niveau hiérarchique, cela ayant demandé plusieurs années. Dans les collectivités territoriales où j’ai travaillé, plus les structures sont petites, plus il sera difficile de mettre en application une telle évolution, du fait de la pluralité des métiers nécessitant chacun des compétences propres. A contrario, il est inutile, sinon de caresser son ego, qu’un DGS construise, comme je l’ai vécu dans une commune de 5000 habitants, une véritable pyramide où chaque niveau hiérarchique a eu droit à son adjoint. Alors, la voie est étroite pour quitter le management taylorien ; mais il y a un travail énorme d’évolution intellectuelle des dirigeants -- aussi et surtout de la part des élus - pour accepter des pratiques et postures managériales diamétralement opposées à toutes formes de despotisme. Dans une collectivité où le DGS entretient la souffrance au travail, je n’ai pas tenu six semaines avec mon management collaboratif (qui n’est pas un management participatif), étant loin d’un chef donnant strictement des ordres alors que ma dynamique est d’accompagner mes équipes.

  2. 2. Pad 22/10/2016, 15h49

    Innover en termes de management, la fonction publique territoriale que j’ai pratiquée (DST) a grand besoin d’un dépoussiérage et d’une vision pragmatique des attentes et non satisfaire les ego de dirigeants despotes ou bien d’élus imbus de leur personne. Issu du privé, cette conscience est d’autant plus vive que je peux mesurer les effets négatifs humains et financiers d’une attitude rétrograde. Toutefois, comme le souligne cet article, attention aux mirages à vouloir s’investir dans une voie par effet de mode. Ayant suivi une formation en management, il a été vanté les bienfaits de l’holacratie… certes, toute forme d’organisation est bonne du moment qu’elle s’adapte au contexte mais j’en ai cerné les limites et met en garde chaque fois que ce précepte est avancé. Ce n’est pas ce très récent article - http://courriercadres.com/management/conseils-dexpert/lentreprise-liberee-cest-genial-surtout-sur-le-papier-07102016 - qui, de par la vraie expérience d’un chef d’entreprise, me démentit.

  3. 3. Antigone21 11/10/2016, 18h08

    C'est trop souvent un effet de mode (quand on ne va pas jouer aux apprentis sorciers ) dont on évalue pas les effets catastrophiques quand la mode est passée. Combien de personnes n'ont pas été recrutées à cause de la graphologie aujourd'hui passée aux oubliettes de l'innovation managériale avant gardiste ? Et il en sera de même de beaucoup d'autres innovations managériales dont on constate la frénésie toujours plus grande.
    La véritable innovation serait d'introduire le management en son sens originel. Et si chacun dans la territoriale savait où il va et pourquoi nul doute que cela irait déjà mieux. En réalité les derniers temps ont brouillé ce sens qu'il faut reconstruire et vite ! Rallumons les étoiles...

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