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Dans les Yvelines, le laborieux déploiement de la fibre optique

| Mis à jour le 05/10/2016
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D’ici à fin 2017 tous les collèges du département seront raccordés à la fibre optique, ce qui leur permettra de proposer de nouveaux programmes basés sur le multimédia.

D’ici à fin 2017 tous les collèges du département seront raccordés à la fibre optique, ce qui leur permettra de proposer de nouveaux programmes basés sur le multimédia.

CD Yvelines/Flickr CC

Face à un déploiement de la fibre optique en panne, le conseil départemental a tout remis à plat pour fixer des objectifs en termes de calendrier et de technologie. Quel que soit leur lieu d’habitation - zone dense ou non -, tous les habitants devront bénéficier du très haut-débit, d’ici à 2022, par le biais de 600 000 prises. Un syndicat mixte ouvert pilote le déploiement afin que 100 000 foyers soient reliés au très haut-débit en 2020 et que 23 000 autres aient une montée en débit en 2017.

Yvelines 1,4 million hab.

Tout en clamant à l’époque que cette compétence n’était pas obligatoire, le conseil régional des Yvelines avait pris l’engagement, dès 2004, de déployer la fibre optique sur l’ensemble de ses 262 communes, au nom de l’égalité pour tous et de l’attractivité du territoire. Il en faisait alors « une priorité ».

En mars 2012, le président Alain Schmitz (LR) affirmait que huit années suffiraient à raccorder le secteur rural comme la zone urbaine. Mais trois ans plus tard, de retour aux commandes, Pierre Bédier (LR) mettait le pied sur le frein et demandait « à comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas ». Car non seulement le déploiement du calendrier affichait un retard certain, mais les établissements scolaires censés être raccordés n’avaient toujours qu’un piètre débit, les entreprises abonnées étaient en nombre insignifiant et le volontarisme du département se heurtait à la frilosité des opérateurs. Sur la zone dense et rentable réservée aux opérateurs privés, les déploiements étaient inégaux d’une ville à l’autre, tandis que la zone d’initiative publique était en état de stagnation. Interrogés un à un, les maires, présidents d’intercommunalités, chefs d’entreprise et chefs d’établissement scolaire ont unanimement décrit la faiblesse du réseau et confronté leur déception à l’impatience des habitants et des acteurs économiques.

Remise à plat

En recherchant les raisons de cet insuccès, le département a compris que les opérateurs traînaient des pieds pour venir chercher des abonnés, préférant leur propre réseau ADSL à un autre de fibre optique sur lequel les frais de location sont de l’ordre de 13 euros par mois et par abonné.

En remettant tout à plat, sa première décision a été de supprimer les deux délégations de service public (DSP) confiées à Eiffage : la DSP2, car la desserte réelle des zones d’activités ne respectait pas le contrat, et la DSP1 « pour être en cohérence avec la stratégie départementale », commente Karl Olive, vice-président chargé du numérique. Un choix que le conseil départemental (CD) a dû accompagner d’un règlement à l’amiable de 15,3 millions d’euros de dommages et intérêts pour récupérer le réseau. Mais Pierre Bédier a immédiatement annoncé que la facture finale serait moins élevée qu’initialement prévue (110 millions d’euros au lieu de 158 millions d’euros, dont 70 millions d’euros à la charge du CD). Dans la poursuite de cette remise à plat, les élus ont très majoritairement décidé de ne pas donner suite au projet de DSP3 devant permettre de desservir les communes rurales et se sont engagés dans une régie, remplacée depuis par un syndicat mixte ouvert (SMO) baptisé Yvelines numériques.

Le choix cornélien des élus

Pour aller au cœur du problème, le CD a confié la direction de la mission numérique à Laurent Rochette qui a lancé une expertise sur six mois afin d’amener la collectivité à prendre des engagements clairs : le raccordement de tous les collèges d’ici à fin 2017, des 118 zones d’activités, et un calendrier pour chaque canton « qui sera respecté, car c’est nous qui tenons les cordons de la bourse », affirme Karl Olive. Toutefois, si le débit va être amélioré pour l’ensemble des Yvelinois, il ne sera pas identique pour tous car dans les secteurs en déficit, la possibilité a été donnée aux 158 maires de patienter jusqu’à l’arrivée de la fibre optique et ses 100 mégabits par seconde (Mbit/s) d’ici 2020, ou d’opter pour une montée en débit dotée de 10 à 20 Mbit/s en 2017 : 54 communes ont préféré le très haut-débit, quitte à l’attendre plus longtemps si elles n’ont pas été listées comme prioritaires, quand les 104 autres penchaient pour la solution plus rapide, prêtes à patienter jusqu’en 2022 pour bénéficier ensuite du véritable très haut-débit.

Agenda – Evénement

Très haut débit et aménagement numérique du territoire, où en est-on ? Venez faire le point sur les avancées et les projets avec l’Avicca et l’Agence du Numérique, lors duForum numérique des collectivités locales organisé par La Gazette le 17 novembre 2016 à Paris.

Programme et inscription ici.

Traitement à deux vitesses ?

Un non-sens pour l’ancien conseiller général en charge du numérique qui reproche un traitement à deux vitesses. Mais dans certaines communes, les maires sont las des lenteurs des connexions et d’avoir à justifier leurs choix devant des administrés qui se contenteraient d’une simple amélioration du débit, pourvu qu’elle soit à l’horizon d’un an.

S’il a pris du retard, le département des Yvelines estime que ce délai aura permis de faire des économies. Et d’observer que le constat était identique dans d’autres départements qui ont eu à faire face au même problème.

 

« Sans opérateurs, on ne peut pas réussir »

Laurent Rochette, chef de la mission numérique, conseil départemental des Yvelines

« Ça va marcher car nous sommes dans une démarche pragmatique : nous optimisons la technologie, les tarifs, les contacts avec les opérateurs et les relations sont bien engagées avec Orange et SFR. Nous aurons beau mettre de la fibre dans tous les trottoirs, être très volontaristes… sans opérateurs pour commercialiser, on ne peut pas réussir. Nous avons aussi engagé le débat technique sur la possibilité d’avoir une montée en débit en attendant la fibre : certains pensent que c’est inutile mais nous voulions proposer une solution plus immédiate à ceux qui le souhaitaient et les maires se sont exprimés.
Cela fonctionnera pour les particuliers comme ça marche pour les entreprises, car nous avons bien identifié les difficultés : notre objectif est que 60 % des Yvelinois se soient convertis à la fibre d’ici cinq ans. »

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Commentaires

3  |  réagir

06/10/2016 06h54 - Vandewalle

En résumé, Pierre Bédier a « remis les choses à plat » parce qu’il a voulu changer de stratégie : dénouement amiable mais coûteux avec Eiffage, arrêt du tout FttH pour faire aussi de la montée en débit, unification immédiate des modes de gestion du réseau avec la création d’une régie temporaire, création d’un syndicat mixte.
Ce changement de stratégie a des conséquences : un retard d’au moins deux ans sur le calendrier initial, une solidarité territoriale en peau de chagrin entre les urbains fibrés gratuitement par les opérateurs et les ruraux qui vont supporter une partie des dépenses qui étaient totalement prises en charge par le Conseil départemental dans le plan initial voté en 2012.

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05/10/2016 03h57 - Vandewalle

Il ne faut pas réécrire l’Histoire quand on ne la connaît pas…

J’ai mis fin à la calamiteuse DSP2 passée avec Eiffage en signant la lettre de résiliation du marché pour faute en décembre 2013, sous la présidence d’Alain Schmitz.

Ce n’est pas Pierre Bédier qui y a mis fin pour redresser la situation.

En revanche il a généreusement indemnisé la société Eiffage, quand le département du Jura qui a choisi la voie judiciaire a déjà obtenu d’importantes concessions d’Eiffage.

Je suis à la disposition de la journaliste pour l’aider à respecter la simple vérité des faits !!!

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04/10/2016 11h07 - Vandewalle

Cet article mélange tout pour induire les lecteurs en erreur.
Si Pierre Bédier n’avait pas interrompu à l’été 2014 les marchés lancés par son prédécesseur, les travaux auraient commencé en janvier 2015 et la moitié des communes rurales auraient maintenant la fibre… Comme en Eure et Loir.
Quant aux pseudo-économies, ce n’est qu’un tour de passe-passe budgétaire car la dépense est transférée à d’autre collectivités ou aux usagers.

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