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Préjudices matériels : les communes sont-elles fondées à émettre des titres de recette ?

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Réponses ministérielles, Réponses ministérielles finances

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Les créances qui naissent au profit d’une collectivité locale, d’un établissement public ou d’un établissement public de coopération intercommunale sont constatées par un titre qui matérialise ses droits. Ce titre peut prendre la forme, outre celle d’un jugement exécutoire ou d’un contrat, d’un acte pris, émis et rendu exécutoire par l’ordonnateur de la collectivité en vertu d’arrêtés, d’états ou de rôles. Le décret n° 66-624 du 19 août 1966 (modifié par le décret n° 91-362 du 13 avril 1981) relatif au recouvrement des produits des collectivités locales et des établissements publics locaux a conféré un privilège exorbitant du droit commun aux personnes publiques pour le recouvrement de leurs créances.

Selon ce décret, codifié aux articles R. 2342-4 et R. 3342-23 du code général des collectivités locales (CGCT), les titres des collectivités publiques sont exécutoires de plein droit. Le caractère exécutoire de plein droit des titres de recette émis par les collectivités territoriales pour le recouvrement de recettes de toutes natures qu’elles sont habilitées à recevoir, a été consacré par l’article 98 de la loi de finances pour 1992, codifié à l’article L. 252 A du Livre des procédures fiscales. Il exclut les produits assis et liquidés par les services fiscaux de l’Etat et ne concerne pas les créances qui résultent de jugements ou de contrats exécutoires. La créance ainsi recouvrée doit avoir un caractère exigible, certain et liquide (CAA Marseille, 30 avril 2003, Compagnie générale de stationnement).

En revanche, une commune n’est pas en droit d’émettre un titre de recette exécutoire du montant des réparations à l’encontre de l’auteur, clairement identifié, de dégradations de son domaine public. En effet, il s’agit au cas d’espèce décrit d’obtenir réparation pour le préjudice causé à la commune par la dégradation de son mobilier urbain. La réparation d’un préjudice mettant en jeu la responsabilité du fait personnel de l’auteur du dommage, de même que la sanction ne sauraient intervenir sans recourir au juge.

Si elle émettait néanmoins un tel titre, celui-ci pourrait être immédiatement contesté, dans sa régularité formelle, devant le juge judiciaire, ou dans sa régularité matérielle, devant le juge de l’excès de pouvoir. La contestation suspendrait l’exécution du recouvrement, en vertu de l’article L. 1617-5 du CGCT. En effet, le titre de recettes cesse d’être exécutoire dès l’introduction de la demande en justice tendant à son annulation (CE, 19 juin 1985, Commune des Angles c/société Arény Frères).

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Domaines juridiques Finances - fiscalité

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  1. 1. juriste territorial 20/09/2016, 18h09

    Selon cette réponse ministérielle, "La réparation d'un préjudice mettant en jeu la responsabilité du fait personnel de l'auteur du dommage, de même que la sanction ne sauraient intervenir sans recourir au juge".
    On aimerait en savoir plus. Il ne suffit pas d'affirmer de manière péremptoire, il faut démontrer.
    Si les éléments de preuve sont réunis quant à la responsabilité et au préjudice, on ne voit pas ce qui ferait obstacle à l'émission d'un titre de recettes régulier par la collectivité qui a subi le dommage (prenons l'exemple de panneaux de signalisation endommagés par un automobiliste, avec intervention et constat de la police).

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