Numérique

Ruralitic : les élus locaux ne sont pas encore assez connectés

| Mis à jour le 21/09/2016
Par
Jacee Kaylen

Flickr cc by Jacee Kaylen

Gouvernance rurale et réseaux sociaux, égalité de l’accès aux services et aux réseaux : les nouveaux rapports entre démocratie locale et numérique sont au cœur de la 11e édition de Ruralitic, l’université d’été du numérique dans le monde rural.

« C’est le cœur du problème ». Le commissaire général de Ruralitic, Sébastien Côte, n’y va pas par quatre chemins pour expliquer pourquoi cette 11e édition des rencontres du numérique rural, qui se tiennent à Polminhac (Cantal) les 14 et 15 septembre, ont commencé par une table-ronde sur « la gouvernance rurale revisitée, quel rôle pour les édiles ? ».

« Les élus ruraux n’ont pas intégré le numérique. C’est une source de déconnexion forte avec les citoyens. Ils croient qu’on peut continuer à gouverner comme hier », constate Sébastien Côte.

Municipales sur la toile

« Les prochaines municipales vont se jouer sur la toile. Il y a tout un tas d’initiatives locales ou nationales qui montrent que de plus en plus les débats vont se passer en ligne. Le mouvement d’Emmanuel Macron, En marche, ou bien d’autres initiatives comme laprimaire.org par exemple », souligne le commissaire de Ruralitic.

Et le nombre d’initiatives de participation citoyenne se multiplient, notamment dans les grandes villes comme Rennes ou Mulhouse.

« Un français touche en moyenne son smartphone 211 fois par jour, dont à peine 5 à 6 fois pour téléphoner. La question technique n’est quasiment plus un problème. Ce n’est pas non plus une question d’usagers, les seniors comptent parmi les principaux utilisateurs de sites ludiques. Le problème ce sont encore de nombreux élus locaux. Ils pensent qu’ils sont oints par le suffrage universel et qu’ils savent déjà tout. Or on ne peut plus gérer une commune comme une boutique. Il faut faire des projets avec les gens », insiste Sébastien Côte.

Dénicheurs de pépites

Dans les territoires ruraux, les exemples ne sont pas encore pléthoriques. Le pays du Perche d’Eure-et-Loir fait ainsi figure d’exception. « Nous avons fait du numérique la colonne vertébrale de notre action. Ouvrir une page Facebook ? Cela ne sert que si la finalité est d’en faire un nouvel amplificateur des égos. Avec plus de 150 participants, nous avons identifié tous les champs possibles : services à la personne, tourisme, santé. Puis nous avons obtenu 1,5M€ de crédits Leader pour mettre le numérique au cœur de notre action », explique Jean-Pierre Jallot, premier vice-président de l’Association Nationale des Pôles d’équilibre territoriaux et ruraux et des Pays (ANPP), également président du Pays du Perche. La plateforme collaborative qui a été mise en place a permis « d’induire un nouveau mode de participation », ajoute-t-il.

« Le rôle de l’élu a changé. Nous sommes des propulseurs d’innovations, des dénicheurs de pépites, des animateurs, des médiateurs. La finalité ce n’est plus de réaliser des équipements ; aujourd’hui la priorité c’est la qualité de vie. Les usagers sont tous connectés, ils sont connaisseurs, bien plus que nous », souligne Jean-Pierre Jallot.

Le sens de l’action publique

Pour Patrice Joly, président de l’association nationale des nouvelles ruralités, qui prône que « l’avenir de la France ne passe pas que par les métropoles », le numérique est fondamental. « Localement, il ne se passe pas une réunion sans que l’on nous parle de réseaux, mobiles ou internet ».

En ce qui concerne l’influence du numérique dans la gouvernance, « aujourd’hui, tout est devant nous. Nous sommes très loin des possibilités qu’offrent les usages numériques. Favoriser la participation des citoyens c’est un vrai sujet, car un des principaux problèmes c’est de comprendre le sens de l’action publique », souligne-t-il.

Quant au rôle de l’élu, pour Patrice Joly, également président (PS) du conseil départemental de la Nièvre et du PNR du Morvan, « cela fait 20 ans que le rôle de l’élu est d’animer, encourager, soutenir, aider à développer un territoire. Mais avec le numérique cette mutation s’est amplifié. La place, le rôle du numérique n’ont pas encore été définis. Il faut faire attention au risque de fracture numérique. En ligne, les militants, les connaisseurs s’expriment, qu’en est-il des sans voix ? ».

« L’enjeu est de voir comment le numérique articule l’évolution d’une démocratie représentative vers une démocratie participative, souhaitée et demandée par la population. Je pense que nous allons vers une démocratie coopérative, au sens de l’économie collaborative, du co-working, du co-voiturage, nous allons vers une société du partage ».

Les rencontres de Ruralitic se terminent le 15 septembre, avec une double intervention ministérielle. La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem clôturera les rencontres mais auparavant, le ministre de l’Aménagement du territoire et de la Ruralité, Jean-Michel Baylet, interviendra en milieu de journée, alors que son intervention n’était pas prévue au programme.

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