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Réintroduction de cultures nourricières en ville sur les toits des immeubles

Publié le 16/09/2016 • Par Hélène Huteau • dans : Innovations et Territoires

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AGROPARISTECH – DIRECTION DE LA COMMUNICATION
Champignonnière sur marc de café, poules, écrevisses : la RATP teste sur le toit de son immeuble des formes d’agriculture urbaine, que la ville de Paris tente de développer tous azimuts.

[Paris (Ile-de-France) 2,2 millions d’hab.]

« Il y a quatre ans, quand je parlais de végétaliser les toits, on ne me prenait pas au sérieux », se remémore ­Grégory ­Rohart, responsable du développement durable du patrimoine immobilier de la RATP, en faisant visiter les 250 m2 de potager, sur le toit du siège de l’opérateur du métro.

Mi-mai, les secrétaires d’Etat, ­Barbara ­Pompili (Biodiversité) e­t Alain ­Vidalies (Transports), ont parcouru l’installation, voisine de la gare de Lyon, à ­Paris. ­Pénélope ­Komitès, adjointe à la maire chargée de la nature, en était aussi. ­Anne ­Hidalgo lui a confié l’ambition de déployer 30 hectares de toits agricoles d’ici à 2020.

Aquaponie d’écrevisses

Différentes techniques d’agriculture urbaine sont ici expérimentées, en partenariat avec Exp’AU (bureau d’expertise en agricultures urbaines), l’université AgroParisTech (Institut des sciences et industrie du vivant et de l’environnement) ainsi que l’Institut national de la recherche agronomique.

Parmi les divers substrats issus de matériaux recyclés en test, la drêche de brasserie semble prometteuse, par rapport au béton concassé ou au bois broyé… Au centre du jardin suspendu, le bassin agrémenté de nénuphars n’est pas seulement ornemental : sous les feuilles se cachent 70 écrevisses européennes, alimentées par les déchets du restaurant d’entreprise – qu’elles partagent avec quatre poules.

Selon le système de l’aquaponie, les crustacés produisent de l’azote, qui nourrit à son tour les plantes, grâce à une circulation d’eau dans le bassin.

Dans cette zone urbaine dense, l’impact des polluants atmosphériques sur le sol et les cultures sera mesuré et rendu public. Si le démonstrateur a vocation expérimentale et pédagogique, il est bien le marqueur d’un projet architectural et de société de long terme, que la RATP partage avec la mairie.

Pionnière, la Lufa Farm, appuyée par la ville de ­Montréal (Canada), nourrit quelque 4 500 personnes à l’année, avec ses 70 tonnes de fruits et légumes hors sol, cultivés sous 2 800 m2 de serres. A ­Berlin (Allemagne), la ville a soutenu l’investissement dans une ferme de toit (1 500 m2) qui fournit 33 tonnes par an de légumes et autant de poissons élevés en aquaponie.

Un PLU plus vert

Rejoignant le mouvement, ­Paris a modifié cet été son PLU, y intégrant une obligation de végétal sur les toitures plates de plus de 200 m2.

Le nouveau document facilite aussi l’implantation de serres sur les toits, comme celle de Toit tout vert, la première ferme commerciale grand public (1 500 m2 de cultures hors sol) qui ouvrira en 2017 dans le 12e arrondissement, sur un immeuble de bailleur de la ville, Paris Habitat.

Après avoir mis en culture le toit d’un collège (200 m2), d’une école (1 200 m2), d’une piscine (800 m2) et d’un immeuble administratif, la ville passe donc à la vitesse supérieure. L’appel à projets Parisculteurs, lancé mi-avril, vise à mettre en culture 47 sites du patrimoine municipal, de bailleurs sociaux et de partenaires privés.

Start-up, paysagistes, agriculteurs, architectes, artistes et acteurs de l’économie sociale et solidaire sont invités à imaginer toutes sortes de systèmes agraires pour cultiver 4,5 ha sur les 5,5 ha à végétaliser. Plantations prévues dès la fin de ­l’année.

Pénélope Komitès, maire adjointe de Paris, chargée de la nature, des espaces verts et de la biodiversité

« Jusqu’à 7°C de moins lors d’une canicule »

Le foncier se raréfie et, pourtant, tous les citadins aspirent à plus de verdure, à se nourrir localement… Il faut se saisir des murs, des toits et des façades ! D’autant qu’en cas de canicule on sauve des vies : une ville verte peut gagner jusqu’à 7°C.

Sur le patrimoine municipal et dépar­temental, nous disposons d’un potentiel d’environ 25 hectares, soit 3 ha par an de bâti existant à végétaliser d’ici à 2020. Cela se fait à l’occasion de grosses rénovations ou de réfections d’étanchéité. Avec les bailleurs ­sociaux, nous ouvrirons 3 ha supplémentaires d’ici la fin de la mandature. L’habitat privé participera, avec le plan “1 000 immeubles“ à rénover. L’an prochain, c’est un appel à projets auprès des copropriétaires privés qui sera lancé.

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