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Emplois

Désindustrialisation : ces collectivités qui tentent d’éteindre l’incendie…

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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© © Rido

Belfort, Miribel, Château-Gonthier : les maires de ces trois villes sont sur la brèche, et font la « Une » de la presse. Leur volonté farouche de « sauver » les usines - et donc les emplois - installées sur leur territoire attire sur eux tous les regards. Ces derniers mois, d'autres collectivités, un peu partout en France, ont mené le même combat. Parfois avec succès.

 

Le maire de Belfort ne peut pas s’y résoudre. Depuis qu’ Alstom a annoncé, en fin de semaine, que la production et l’ingénierie de son groupe allaient être transférées dans le département voisin du Bas-Rhin, Damien Meslot (LR) se démène pour que le constructeur ferroviaire – gros pourvoyeur d’emplois sur son territoire – change d’avis.

Accompagné dans son combat par les élus de la communauté d’agglomération, du département et le sénateur du Territoire, il a lancé une pétition en ligne. Un symbole fort, qui n’a pas échappé à la presse locale et nationale qui a très vite repris l’information. Depuis Damien Meslot enchaîne les plateaux radio et télé avec un mot d’ordre, en forme de jeux de mot : #Soutienauxalsthommes !

Entre délocalisation et dépôt de bilan

Une bataille qui fait écho à celle que mène actuellement la ville de Miribel dans l’Ain où le géant néerlandais Philips vient de décider de délocaliser toute sa production à l’étranger – seule la partie « innovation » sera maintenue en France. Sonnés les salariés se sont aussi tournés vers la mairie, où Sylvie Viricel (DVG) « s’est engagée à mettre en oeuvre tous les moyens en son pouvoir pour accompagner ces salariés en détresse en interpellant les responsables politiques ». 142 emplois sont menacés par le plan social.

Quant au maire de Château-Gonthier en Mayenne, il a tout simplement décidé de mettre la main à la pâte pour retrouver du travail aux salariés de sa commune, sur le carreau depuis l’annonce du dépôt de bilan de l’entreprise locale de travaux publics Béziers. Selon Ouest France, le maire « est bien déterminé à mobiliser tout le tissu industriel local et a même demandé qu’on lui envoie les CV des personnes demeurant sans emploi ».

Délocalisation de la production ou simple dépôt de bilan : les collectivités se retrouvent en effet en première ligne lorsque la mauvaise nouvelle tombe. Confrontées directement à la détresse des familles, les collectivités, de toutes strates (mairies, communautés de communes, départements, régions…) tentent de plus en plus souvent de trouver des solutions pour garder ou sauvegarder les emplois sur territoire, en actionnant tous les leviers à leur disposition.

Dépasser les clivages politiques, s’appuyer sur les compétences propres

Dans les expériences réussies de mobilisation de collectivités, on retrouve inévitablement des élus qui parviennent à dépasser leurs clivages politiques. Interrogé par La Gazette, Pascal Gaden, directeur adjoint chargé des restructurations de la région Alsace – Champagne-Ardenne – Lorraine constatait :

Il y a d’abord l’union sacrée des élus. Tous les projets menés à bien en Alsace ont été portés de manière collégiale, au-delà des intérêts particuliers. Il y a aussi les facilités administratives, les financements potentiels, la stabilité sociale, les infrastructures de transports, et surtout la formation des employés et leurs compétences.

En 2012, l’eurométropole de Strasbourg était ainsi parvenue à préserver le millier d’emplois menacés par la mise en vente du mastodonte General Motors en recevant notamment le repreneur Punch Powerglide et en lui proposant des terrains. 1 300 personnes travaillent actuellement sur ce site, qui est le deuxième employeur industriel de la métropole.

Et si les régions, les EPCI et les communes montent ainsi au créneau, c’est surtout qu’elles ont désormais les compétences pour le faire. Depuis la loi NOTRe, les régions sont devenues responsables du développement économique de leur territoire, avec comme levier principal « les aides aux entreprises ».

Quant aux communes et aux EPCI à fiscalité propre, ils peuvent s’appuyer sur les aides à « l’immobilier d’entreprise ». C’est comme cela que la communauté d’agglomération du Douaisis (35 communes, 152 300 hab., Nord)  a racheté, en 2004, les locaux du fabricant de wagons Arbel Fauvet Rail qui se trouvait dans une situation très délicate, pour lui permettre de souffler. L’entreprise est ainsi devenue la locataire de ses propres murs.

Les collectivités en mode VRP

Et si la délocalisation de l’entreprise semble inévitable ou que le dépôt de bilan est déjà acté, les collectivités ont encore quelques cartes à jouer… en endossant notamment le rôle de « commerciaux de leur territoire ».

« Dans le cas d’un grand site industriel, il existe de nombreux cabinets de conseil dont l’activité principale est de rechercher et de mettre en œuvre des solutions alternatives à la fermeture pure et simple. Notre approche est complémentaire de l’action de ces partenaires choisis par l’entreprise. Il s’agit de diffuser le plus largement possible l’opportunité de reprise à l’international ou encore d’accueillir les éventuels investisseurs intéressés par le site. Quand on cherche un repreneur, on devient les commerciaux du territoire », détaillait ainsi Pascal Gaden à La Gazette.

… sans oublier les PME !

Autre enjeu pour les collectivités : aider l’accompagnement des petites entreprises dont les patrons partent à la retraite et qui risquent donc de mettre la clef sous la porte, faute de repreneur. Dans un rapport,  Fanny Dombre-Coste, députée de l’Hérault constatait en juillet 2015 que chaque année « 30 000 [entreprises] sont cédées, 30 000 disparaissent » !

Les futurs repreneurs sont ainsi soutenus dans leur démarche par le réseau Initiative France, constitué de 227 plateformes locales. Ici encore les collectivités sont en première ligne, comme l’écrivait La Gazette, notamment parce qu’elles sont les premiers financeurs de ces antennes territoriales, animées par « 15 000 bénévoles : chefs d’entreprise, experts-comptables, cadres dirigeants, notaires, banquiers. »

Pépinières et innovation

Dans un autre registre, certains territoires organisent désormais des grand-messes pour mettre en relation chômeurs et entreprises locales. Ainsi, six communautés de communes de Sologne se sont mobilisées pour créer leur Forum des entreprises. La deuxième édition a réussi le tour de force d’attirer  13 000 personnes et 500 entreprises.

Parrainée par l’armateur Philippe Louis-Dreyfus, l’animation s’est déroulée dans le parc du château de Villemorant qui abrite d’ailleurs… une pépinière d’entreprises reliée à la fibre optique. Un défi de taille pour cette zone rurale qui a perdu ces dix dernières années près de 3000 emplois !

Et comme « il est bien plus facile de sauver ce qui existe déjà que de créer à partir de rien », les territoires ont surtout intérêt à anticiper. En repérant notamment les entreprises qui vont mal, grâce à des indicateurs de veille. C’est déjà ce que fait par exemple Valenciennes Métropole avec sa cellule de veille qui se réunit tous les mois et demi « sous le pilotage du sous-préfet, et où sont également représentés la région, la Drire, la DDTEFP, les organismes consulaires, la Banque de France, le comité local des banques et BPifrance. »

Les échanges d’informations permettent d’identifier les entreprises qui traversent des difficultés sur la base de signaux faibles. Différents symptômes doivent alerter : la société paie ses échéances avec du retard, elle réduit ses stocks, elle suspend ses investissements… (Francis Debacker, vice-président à l’économie de Valenciennes Métropole)

Un travail identique est d’ailleurs mené en Bretagne. « Ce n’est pas simple d’aller voir un chef d’entreprise pour lui dire votre société ne va pas bien, il va falloir agir. L’enjeu est de le convaincre de se livrer dans un cénacle fermé, d’où il n’y aura pas de fuite, afin d’éviter que ses fournisseurs et ses clients ne deviennent plus exigeants, ce qui accentuerait les difficultés. On peut alors mettre en place l’ingénierie nécessaire pour qu’elle s’en sorte » explique Gaël Guégan, directeur de l’économie de la région Bretagne.

Selon l’Observatoire des aides publiques aux entreprises, 25 dispositifs financiers ont déjà été mis en place par les collectivités pour prévenir et gérer les difficultés des entreprises.

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