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Prévention du terrorisme

Les élus locaux et les fiches « S » : un bras de fer qui dure avec le gouvernement…

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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© © Bertrand Holsnyder

A trois jours de la rentrée, Laurent Wauquiez jette un pavé dans la mare. Le président de la région Auvergne/Rhône-Alpes a en effet réclamé la transmission des noms des fichés "S" aux régions, afin qu'elles puissent s'assurer que les personnes embauchées dans les lycées ne soient pas proches de la mouvance islamiste radicale. De nombreux autres élus locaux sont sur cette ligne depuis plusieurs mois déjà. Un lobbying auprès du gouvernement qui n'a pas eu de résultats tangibles jusqu'ici.

 

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24 novembre 2016 – Paris

Etats généraux de la sécurité locale : Gouvernance, risque terroriste, radicalisation... quels rôles et bonnes pratiques pour les collectivités ?

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« Je demande solennellement pour cette rentrée que l’Etat nous transfère les fichiers S, qui nous permette de s’assurer que quand on embauche quelqu’un, on ne met pas dans un établissement scolaire une personnalité proche de réseau intégriste qui pourrait ensuite se révéler une menace énorme pour nos enfants » a déclaré Laurent Wauquiez sur le plateau de BFM TV dimanche 28 août, avant de poursuivre : « Quand j’embauche du monde dans mes lycées comme président de région, je ne sais pas quelle est la réalité de la menace des personnes ou non potentiellement que je peux embaucher».

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes en profitait pour souligner que, outre les régions, les conseils départementaux sont également concernés avec les embauches de personnels dans les collèges, et les maires avec les écoles.

Sécuriser « les cibles molles » avec l’aide des élus locaux

Cette demande – formulée par le patron par intérim des Républicains – fait directement écho au plan de sécurisation des établissements scolaires, annoncé conjointement par les ministères de l’Intérieur et de l’Education nationale. Les collectivités territoriales ont en effet appelées à l’aide par le gouvernement. Il y est question notamment de travaux de sécurisation à leur charge, ainsi que de patrouilles mixtes des police nationale et municipales aux abords des écoles, collèges et lycées, particulièrement concernés par un « niveau de menace terroriste très élevé. »

Lors de la présentation de cet accord-cadre, Najat Vallaud-Belkacem déclarait ainsi : « Sans tomber dans la paranoïa ni céder à la panique, nous devons nous montrer à la hauteur des enjeux pour assurer la sécurité des écoles, protéger les élèves et leurs familles ainsi que le personnel éducatif. Une école a effectivement déjà été la cible d’un attentat terroriste en 2012 et est toujours ciblée par la propagande djihadiste. »

Les établissements scolaires, considérés comme des cibles molles faiblement sécurisées et donc faciles à attaquer par l’état islamique, ont donc fait l’objet d’une instruction, remise aux préfets et aux recteurs le 29 juillet dernier. Un texte qui évoque également la nécessaire vigilance des chefs d’établissement, appelés à suivre et à signaler les cas de radicalisation au sein du personnel scolaire et chez les élèves.

Une dizaines d’enseignants fichés « S » déjà suspendus

Le lendemain, sur Europe 1, la ministre de l’Education nationale admettait par ailleurs qu’une dizaine d’enseignants fichés « S » avaient déjà été suspendus de leurs fonctions depuis janvier 2015, en attendant une exclusion définitive. Des professeurs qui étaient, outre leur fiche « S », les auteurs de « faits tangibles [qui] font penser qu’ils peuvent être dangereux pour les élèves ».

Najat Vallaud Belkacem évoquant aussi dans cette interview des informations directement transmises à son cabinet par le ministère de l’Intérieur.


Burkini, égalité entre les hommes et les femmes… par Europe1fr

Les élus locaux veulent aussi avoir accès aux fichés « S »

Une transmission d’informations qu’envient certains élus locaux et parlementaires. Car, s’ils sont d’actualité, les propos de Laurent Wauquiez n’ont rien de nouveau. Ils s’ajoutent à de nombreuses prises de position de personnalités politiques réclamant eux aussi le droit d’avoir accès au fichier « S ».

Le débat avait commencé à prendre peu après les attentats de Paris et Saint-Denis, en novembre 2015. A l’époque, François Baroin, président de l’Association des maires de France et sénateur-maire (LR) de Troyes, avait demandé que les maires soient « mieux informés de la présence dans nos communes des individus présentant une forte présomption de dangerosité ».

Dans la foulée, le sénateur-maire (PS) d’Alfortville (Val-de-Marne), Luc Carvounas, invitait également le ministre de l’Intérieur à « partager avec les maires » le fichier des personnes fichées S dans leurs communes.

De la même manière qu’aujourd’hui on a décidé de le partager avec les agents de Bercy, il faudrait au moins partager le fichier S avec les maires [...] Il n’est pas pensable que le premier magistrat de la ville, qui a les pouvoirs de police, ne soit pas au moins informé par le préfet dans une relation bilatérale pour avoir une deux, trois, dix personnes fichées S  dans sa ville (Luc Carvounas)

Une polémique qui a de nouveau rebondi au début de l’été, avec la demande formulée cette fois-ci par Philippe Richert, le patron de Grand Est et de l’Assemblée des régions de France (ARF).

Ce dernier a en effet sollicité Bernard Cazeneuve afin que les proviseurs soient prévenus par les services du ministère de l’Intérieur de la présence de lycéens fichés « S » dans leur établissement… informations qui pourraient être également transmises au président du conseil régional « co-garant de la sécurité au sein des établissements scolaires notamment vis-à-vis des personnels ATEE ».

Seule l’association d’élus « France Urbaine » se démarque dans ce débat, en n’exigeant pas l’ouverture des fiches « S » aux élus locaux mais seulement les « retours » sur les signalements transmis.

Nous ne demandions pas l’accès aux enquêtes en cours pour radicalisation : le ministre de l’Intérieur nous a d’ailleurs expliqué qu’il lui était impossible de transmettre les signalements pour « fiches S » aux centaines de milliers d’élus locaux. Par contre, nous réclamons des retours de la part des services de l’Etat sur les signalements que nous effectuons. C’est un minimum » (Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne)

« Une revendication raisonnable qui revient régulièrement dans la bouche des élus locaux, et sur lequel ministère et préfectures pourraient évoluer au cours des prochains mois » notait ainsi La Gazette.

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