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Politique

Burkini : la prise de position de François Baroin fait des vagues

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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Ouverture congres des maires 2016 Baroin Laignel © GAUTIER Stephane

Invité sur les ondes de la radio Europe 1 mercredi 24 août au matin, François Baroin s'est livré à l'inévitable jeu du commentaire de l'actualité. Menace terroriste, burkini, candidature de Nicolas Sarkozy, bilan de François Hollande... le « sénateur-maire de Troyes sarkozyste et président de l'Association des maires de France » a versé dans un mélange des genres, qui a quelque peu agacé. Et c'est peu dire.

 

Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach, en tant que « président de l’Association des maires de France » sur les maires ayant pris des arrêtés municipaux interdisant sur leurs plages le port du burkini, François François Baroin répond : « Moi j’ai apporté mon soutien à tous ces maires qui ont pris ces arrêtés [...] Car nous sommes dans un climat où l’addition des attentats a créé une peur, une inquiétude et que le regard porté sur l’autre n’est pas le regard de bisounours, ce qui fait que lorsqu’il y a un signe ostentatoire il peut y avoir de la riposte ».

Un soutien aux « anti-burkini » que le président de l’AMF avait déjà formulé au coeur de l’été, via Twitter, et qui avait été relayé sur le compte de l’AMF, par un discret « retweete » :


Pour autant, la puissante Association des maires de France n’avait pas jusque-là pris de position officielle sur le sujet… que ce soit par communiqué, ou lors de réponses à des journalistes. Questionnée par le journal « 20 minutes » le 18 août dernier, l’AMF cherchait plutôt à temporiser sur cette question clivante, rappelant que pour le moment, il y a « plus d’appels de maires préoccupés par la rentrée que par le burkini ».

Premier pas de côté pour François Baroin.

Quand le burkini devient « un élément de terreur » pour François Baroin

Mais c’est lorsque le sénateur-maire de Troyes est interrogé sur « l’identité heureuse », la marotte d’Alain Juppé, principal adversaire de Nicolas Sarkozy dans la course à l’Elysée, que le discours s’emballe.

Il n’y a pas d’identité heureuse aujourd’hui, c’est une grave erreur que de le penser, c’est une immense naïveté que de l’imaginer… Et la question du burkini, elle est une question d’ordre public. C’est-à-dire celles qui portent le burkini – l’addition du bikini et de la burka – c’est-à-dire au fond un signe ostensible d’une appartenance à une pratique religieuse inspiré malgré tout des salafistes que nous ne voulons pas sur le territoire [...] Alors j’entends bien les arguments sur les zones de frottement, de confrontation à l’égard du principe de laïcité, de l’application, de la différence entre l’espace privé et l’espace public… mais il s’agit surtout d’un élément de terreur qui peut créer des troubles à l’ordre public, nous devons donc agir collectivement, nous devons soutenir ces maires courageux, déclare le président de l’AMF.


Menace terroriste, laïcité, primaire de la…par Europe1fr

Une saillie, qui n’est évidemment pas passée inaperçue au sein des instances de l’AMF. Et ce d’autant plus que le soir même, Nicolas Sarkozy, candidat désormais déclaré à la primaire de la Droite, expliquait peu ou prou la même chose sur le plateau de TF1.

« La République recule et laisse des maires ou des chefs d’entreprise face à cette réalité… Pourquoi je souhaite une loi ? C’est justement pour que la règle soit claire… Sur le territoire de la République, les hommes et les femmes sont tenus à une égalité stricte. On n’enferme pas des femmes derrière des bouts de tissus. L’affaire du burkini ? Chacun voit bien que c’est une provocation, une provocation au service d’un islam politique, d’un islam radicalisé… La meilleure façon d’apaiser les tensions, c’est que soit proscrit tout signe extérieur d’appartenance à une religion » déclarait ainsi l’ex-Président de la République.

Au début du mois de juillet, André Laignel, le premier vice-président de l’AMF, plaidait ainsi dans nos colonnes pour que son association ne soit « ni mise en position de faiblesse, ni instrumentalisée » par le soutien affiché de François Baroin à l’égard du candidat Sarkozy.

François Baroin a un attachement réel aux communes et, si ses positions venaient à être incompatibles avec l’association, je sais qu’il se mettra en congé de la présidence. Mon rôle est que l’AMF ne soit pas mise en situation de faiblesse, ni instrumentalisée. Si nous continuons à défendre ce que nous avons toujours défendu, il ne pourra pas y avoir de suspicion (André Laignel, vice-président de l’AMF)

« François Baroin doit prendre ses responsabilités »

Interrogé ce matin par La Gazette sur la « sortie » médiatique de son président, André Laignel ne cache donc pas son agacement :

« Ces termes sont ‘border line’. Il y  a de plus en plus un mélange des genres qui risque de poser un problème assez rapidement pour l’AMF. Il faut que les propos de François Baroin, en tant que soutien à Nicolas Sarkozy et en tant que président de l’AMF, soient compatibles. Il y a actuellement un problème annexe de concurrence entre les candidats à la primaire de droite qui pousse à de tels propos. Je ne dirai pas encore qu’il y a rupture mais je me garde la possibilité d’employer ce terme dans les semaines à venir. Si François Baroin pense qu’il ne peut pas rester dans les limites de ce que nous nous sommes fixés, il doit prendre ses responsabilités. Je ne laisserai jamais ni instrumentaliser, ni affaiblir l’AMF. »

Quant aux arrêtés « anti-burkini » à proprement parlé, le vice-président de l’AMF s’étonne :  « Je conçois que l’on puisse prendre des arrêtés de la sorte pour prévenir les troubles à l’ordre public, mais encore faut-il qu’il y ait des burkinis sur les plages des maires qui les prennent ». André Laignel a ainsi confié à La Gazette son souhait de « rencontrer François Baroin dès la semaine prochaine ».

D’ici là, le Conseil d’Etat aura rendu un premier arrêt qui pourrait clarifier les frontières de l’ordre public et de la laïcité s’agissant du burkini. Sa décision sur l’ordonnance de référé du Tribunal administratif de Nice validant l’arrêté municipal de Villeneuve-Loubet devrait être rendue publique vendredi 26 août.

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  1. 1. caramendel 28/08/2016, 08h46

    Aujourd'hui sur tous les grands journaux TV ils nous l'annoncent ils reviennent en force les nouveaux "Gendarmes de ST Tropez" avec dans les rôles principaux Sarkosy et Baroin dans le rôle de Galabru. Ils sont partis à la chasse au Burkini et l'aventure promet d'être drôle car en France il vaut mieux se promener "la zezette à l'air que la tête couverte" Arretons un peu tout cela ; tous ces mecs ne sont pas choqués de voir des femmes nues dans les magazines et crient au scandale lorsque une femme se baigne habillée. Si nous avions eu pour les pays que nous avons colonisés plus de respect et d'égards nous n'en serions pas là ; la seule question qu'il faut se poser c'est Pourquoi.
    Le père adoptif de Mr Baroin doit se poser bien des questions quant à l'éducation de son fils.

  2. 2. Pad 27/08/2016, 14h29

    Tout à fait d'accord avec François Baroin tandis que respecte les musulmans et l'islam. Le burkini n'est pas lié à une coquetterie vestimentaire ou a un effet de mode dernier cri. Il est un signe religieux qu'on veut oublier alors que les politiques prônent la laïcité. Etablir un arrêté refusant le burkini n'est donc pas contraire au respect de la liberté fondamentale, comme il est avancé par le Conseil d'Etat, et je suis heureux qu'il soit aussi soulevé le problème de l'ordre public car le port de ce vêtement peut éveiller des comportements agressifs. Le principe de précaution est-il alors oublié ?

  3. 3. pov citoyen 26/08/2016, 08h07

    Déjà que notre bon chiraquien avait retourné sa veste pour notre Donald Trump à nous, c'est une chose, mais qu'en plus il se livre à des diatribes stupides, partisanes et inspirées de son nouveau mentor, là c'en est beaucoup trop.
    Il n'a aucune honte.
    Et utiliser les caisses de l'AMF pour la campagne présidentielle (comme le président des "républicains" le fait allègrement depuis des mois avec son parti), cela présage de bien sombres prochains mois.
    Le pauvre Jacques Chirac doit être bien déçu s'il se rend compte de tout cela.

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